[Publication] Baromètre de l’habitat sain 2022 : quels enseignements ?

Rédigé par

Catherine Juillard

Direction Bâtiments Durables et Relations Institutionnelles

1842 Dernière modification le 04/07/2022 - 09:16

Le baromètre de l’habitat sain a été lancé par le groupe VELUX en 2015 pour contribuer à l'amélioration de la connaissance collective sur l’état de la qualité du cadre intérieur du parc de logement en France et en Europe. L’édition 2022, réalisée en partenariat avec l’institut Rand Europe, a été publiée récemment.

Le bâtiment sain est un enjeu essentiel de la transition du secteur. En effet, « les bâtiments, s’ils veulent être durables, doivent être sains. Ils doivent pouvoir accueillir des occupants dans un bon cadre sur le long terme, » explique Catherine Juillard, Directrice Relations Institutionnelles et Bâtiments Durables chez VELUX, C’est pourquoi le groupe réalise chaque année depuis 2015 un baromètre de l’Habitat Sain.

L’édition 2022 du baromètre rappelle les 7 caractéristiques indispensables pour avoir un bâtiment sain :

  • Clarté et luminosité
  • Fraîcheur et calme
  • Température
  • Air frais et ventilation
  • Hygrométrie adaptée
  • Niveau sonore
  • Nature


Pour Catherine Juillard, Directrice Relations Institutionnelles et Bâtiments Durables chez VELUX, « c’est LE message le plus important à retenir du baromètre » : 1 Européen sur 3 est exposé à un risque lié à l’environnement intérieur de son logement.

« Il peut s’agir de risques comme l’humidité, la moisissure, le manque de lumière naturelle, les bruits excessifs, etc. », précise Catherine Juillard. Ainsi, 5% des Européens considèrent leur maison trop sombre (soit 29 millions de personnes), 7% ne sont pas en mesure de chauffer suffisamment leur logement (34 millions), 13% vivent dans des logements soumis à de l'humidité ou de la moisissure (69 millions) et 18% relèvent un bruit excessif provenant de la rue ou du voisinage (soit 92 millions). Les pays d’Europe du Sud et de l’Ouest semblent être les plus touchés par ces constats. Par exemple, jusqu’à 21% des Européens de l’Ouest déclarent être sujets au bruit, pour 13% en Europe centrale et orientale. En France, à l’instar de la moyenne européenne, 1 personne sur 3 déclare être soumise à ces risques.
Le bâtiment sain apparaît alors comme un enjeu central dont les pays européens doivent se saisir pour garantir des conditions de vie convenable à leurs habitants.

Bâtiment insalubre : des impacts assez méconnus

Le baromètre s’est penché sur les impacts des bâtiments insalubres sur leurs occupants. Le constat est sans appel : ces derniers n’ont pas forcément conscience des conséquences de l’insalubrité de leur habitat, alors même qu’elles peuvent être élevées. Ainsi, les personnes qui vivent dans un logement combinant froid, bruit, manque de lumière et humidité sont 5 fois plus susceptibles de se sentir malheureuses que celles vivant dans un bâtiment sain. De plus, les personnes qui vivent en situation de précarité énergétique sont 2 fois plus nombreuses à avoir une santé fragile.

Or, le baromètre révèle un manque de sensibilisation des usagers des bâtiments à ces enjeux. Par exemple, alors que la pollution extérieure est aujourd’hui reconnue par le grand public, 78% des personnes interrogées déclarent ne pas savoir que l’air intérieur est plus pollué que l’air extérieur et 8 Européens sur 10 ne sont pas conscients de la pollution intérieure de leur logement.

Il est donc indispensable de continuer à sensibiliser les citoyens aux bienfaits des bâtiments sains (lutte contre la diffusion de maladies grâce à un bon renouvellement de l’air, amélioration du bien-être physique et psychologique des occupants, etc.) et aux impacts de l’insalubrité sur la santé.

La rénovation, un levier central pour le bâtiment sain

Si du côté de la construction neuve, la RE 2020 a permis de franchir une étape dans la prise en compte de la notion de bâtiment sain, du côté de la rénovation, il reste encore certains progrès à faire. Le groupe VELUX, à travers son baromètre, insiste ainsi sur la nécessité de développer une approche de rénovation globale, qui intègre aussi bien les enjeux énergétiques que ceux de confort et santé. « Pour être performants dans la durée, les projets doivent intégrer les aspects de santé » explique Catherine Juillard. « Prenez un bâtiment particulièrement bien isolé : si aucun système de ventilation n’est mis en place, le renouvellement de l’air ne sera pas assuré, avec des conséquences sur la santé des occupants et l’efficacité durable de la rénovation. »

L’intégration des 7 caractéristiques du bâtiment sain doit ainsi devenir un réflexe automatique lors des projets de rénovation. Pour cela, il est nécessaire de former les acteurs du secteur, de sensibiliser les occupants mais également les décideurs politiques, qui ont le pouvoir d'investir dans des stratégies de rénovation durable. « Il faut continuer à faire preuve de pédagogie ! » résume Catherine Juillard.

Téléchargez le baromètre

 

Propos recueillis par Manon Salé, Construction21 - La Rédaction

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