Préserver l'eau et les milieux récepteurs et accélérer la réhabilitation des réseaux

L'eau est une ressource stratégique consommée par notre société tout au long de la journée. Mais le changement climatique, la démographie croissante et les besoins associés la rendent plus rare et creusent les inégalités pour y avoir accès. Sa collecte, sa distribution, sa récupération, son traitement et son utilisation doivent donc plus que jamais faire l'objet d'une gestion globale optimisée et durable en France.

Cette raréfaction est d'ores et déjà sensible, notamment lors des épisodes de sécheresse, plus nombreux et intenses depuis une vingtaine d'années. Ils sont à l'origine d'une diminution des débits moyens des cours d'eau qui pourraient être réduits de 10 à 40 % d'ici un demi-siècle, et d'un renouvellement des eaux souterraines plus long.

Face à cette inéluctable diminution de la ressource, le premier objectif consiste à protéger les aires de captage contre les pollutions, pour disposer d'une eau de qualité à la source, et suffisante pour le fonctionnement de notre société et ses usages.

Un deuxième objectif est d'économiser la ressource par la diminution des prélèvements et l'optimisation de la gestion des réseaux. Les décideurs publics en France ont à ce titre fixé une ambition de baisse des prélèvements de 10 % en 5 ans et de 25 % en 15 ans. Dans cette optique, il est essentiel de faire évoluer les pratiques à toutes les échelles, et pour cela, mettre en place des actions de sensibilisation et des mesures incitatives d'économie d'eau.

Dans ce souci d'économie de la ressource, il faut inclure la diminution des pertes. Si la France est dotée d'un remarquable système de gestion de l'eau qui permet de protéger les populations face aux risques sanitaires et aux inondations, 20 % de l'eau potable véhiculée dans les réseaux publics est perdue. Ces pertes d'origines diverses sont néanmoins souvent liées à la vétusté du réseau français, implanté dans les années 50 et qui présente un nombre considérable de fuites.

Cette problématique est connexe au taux moyen de renouvellement actuel des réseaux d'eau potable, qui est de 0,6 % par an. A ce rythme, 172 ans seraient nécessaires pour le renouveler entièrement, lorsque la durée de vie en service théorique d'une canalisation est de 50 ans. De même, il faudrait compter 233 ans pour renouveler le réseau d'assainissement collectif (renouvellement actuel de 0,43 % par an). Il parait donc clé d'accélérer la réhabilitation des réseaux et de renforcer leur durée de vie.

Grâce à son expertise scientifique couplée à ses moyens expérimentaux et à ses capacités de simulation, le CSTB évalue et certifie la performance des produits au-delà des exigences normatives. Ses travaux portent actuellement sur la durabilité des produits au-delà des 50 ans normatifs, mais aussi sur la compatibilité des solutions de réhabilitation et des matériaux neufs avec le patrimoine existant et les usages qui en découlent, pour permettre aux collectivités de choisir les meilleures actions à mener sur leurs réseaux.

Plateforme Aquasim dédiée à la gestion durable de l'eau - CSTB Nantes

 

Crédit photo: Laboratoire Réseaux - CSTB Nantes

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