#13 - Mettre la construction neuve au cœur du mix énergétique bas carbone

Rédigé par

Ludovic GUTIERREZ

Responsable Grands comptes

2271 Dernière modification le 30/06/2022 - 09:55

Au gré des réglementations successives (RT2005, RT2012…), la filière gaz a toujours été présente au côté de la maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre de la construction neuve. Elle a su démontrer sa capacité à se mobiliser pour s’adapter rapidement aux enjeux du bâtiment collectif neuf : l’efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables (avec le label BBC) et aujourd’hui, la décarbonation. Les solutions gaz ont permis de répondre aux attentes du marché : faible encombrement, économies d’énergie, coût de construction et satisfaction des clients. Avec la RE2020, cette capacité d’adaptation est de nouveau à l’œuvre.

La décarbonation du logement neuf passe par l’hybridation des énergies et l’open innovation.

Sur le volet énergie, la RE2020 a fixé des seuils ambitieux en termes de consommations d’énergie primaire et d’émissions de gaz à effet de serre. Les solutions hybrides permettent de répondre à ces nouvelles exigences.

Ainsi la PAC hybride, association d’une PAC électrique de puissance optimisée et d’une chaudière gaz THPE, apparait comme une solution pertinente : le chauffage et l’ECS sont produits par la PAC et la chaudière en assure le complément. Le dimensionnement de la PAC et sa durée de fonctionnement sont ainsi optimisés. De son côté la chaudière est capable de répondre rapidement aux besoins de confort. La décarbonation exigée par la RE2020 est atteinte avec un coût d’investissement maitrisé.

D’autres formes d’hybridations en termes d’énergie sont aussi possibles : couplage de la chaudière THPE avec un chauffe-eau thermodynamique associés à un bâti très performant, appoint gaz d’une chaudière biomasse… Quelle que soit la forme qu’elle prend, l’hybridation avec le gaz constitue la garantie d’un équipement bien dimensionné, conforme aux seuils 2025 de la RE2020 et fiable dans la durée.

Un facteur clé de succès pour répondre à l’accélération de la décarbonation du bâtiment est l’open innovation. Il s’agit de travailler à plusieurs, maitres d’ouvrage, fabricants, maitrises d’œuvre, afin de rendre la proposition de valeur encore plus pertinente. C’est l’objet de l’appel à projets lancé en avril 2022 par la FPI, l’USH et le Pôle Habitat FFB en partenariat avec GRDF : « réussir la transition énergétique dans le bâtiment collectif neuf et valoriser la complémentarité des énergies. » ouvert à tous les maîtres d’ouvrage et fabricants et qui désignera ses lauréats en septembre.



 

L’hybridation apporte une nouvelle valeur au logement et au système énergétique : la flexibilité énergétique.

Au-delà de l’optimisation technico économique, le couplage des énergies, par les solutions de chauffage dans le neuf, permet de bénéficier du meilleur des deux mondes, au bénéfice des habitants et de l’environnement et est à privilégier pour optimiser le système énergétique dans son ensemble.

En effet, tout développement à grande échelle de systèmes de chauffage fonctionnant à l’électricité en période de pointe hivernale (PAC A/E, radiateurs élec, ...) nécessitera des investissements lourds dans des moyens de production, stockage, flexibilité pour fournir la demande en pointe hivernale.

A titre d’illustration, le fort développement du chauffage électrique dans les logements neufs avant 2012 a généré en l’espace d’une décennie une hausse de 50% de la pointe électrique hivernale (source RTE). Or, cette pointe électrique s’avère très carbonée à cause du recours aux centrales thermiques, qu’elles soient installées en France ou à l’étranger  (cf. le déplafonnement des seuils pour les centrales cet hiver).

A moyen-terme (horizon 2030/2035), le déploiement en masse de la technologie hybride permettrait de contrecarrer la croissance de la pointe électrique. Comme le relève RTE dans son étude sur la décarbonation du chauffage dans le secteur du bâtiment à l’horizon 2035, « le déploiement de chaudières hybrides à la place de pompes à chaleur classiques conduirait à diminuer la pointe de 1,4 GW par million d’installations ». A cet horizon de temps, les émissions de CO2 évitées par les PAC hybrides seraient du même ordre de grandeur que celles permises par les PAC électriques seules. Le chauffage est donc un besoin essentiel difficile à décarboner, qui génère des besoins de pointe rares mais cruciaux, pouvant durer plusieurs jours ou semaines. La décarbonation sera plus rapide, moins coûteuse et moins risquée si elle laisse au gaz un rôle dans la couverture des besoins de chauffage.
 

En synthèse

L’introduction de la dimension carbone au sein du bâtiment est une avancée. Elle ne doit cependant pas occulter les impacts indirects des choix énergétiques effectués sur les usages, sur le système d’approvisionnement énergétique. Ainsi, se priver des atouts du gaz là où cette énergie est particulièrement pertinente, pour en consommer autant voire davantage en amont du bâtiment (dans des centrales thermiques de production d’électricité) n’aurait aucun sens sur le plan environnemental et sur le plan économique.

Soutenues par les pouvoirs publics en Allemagne, Pays-Bas et Italie, les solutions hybrides sont inscrites dans les scénarios prospectifs de l’ADEME et de RTE : en 2050, le nombre de logements chauffés par une PAC hybride gaz est compris entre 2,5 millions à plus de 5 millions. Elles sont appelées à se développer en rénovation mais également dans le bâtiment tertiaire

Compatibles avec le gaz vert qui pèsera 20% dans les réseaux en 2030, les solutions hybrides gaz offrent une nouvelle occasion au logement neuf de démontrer son caractère novateur pour la ville.

 

Un article signé Antoine Sellier, Responsable national Promotion Privée chez GRDF

 


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