Les éditions : L'eau de pluie, une amie qui refait surface

617 Dernière modification le 11/05/2023 - 10:45
Les éditions : L'eau de pluie, une amie qui refait surface

Le Cerema publie l'Essentiel "L'eau de pluie, une amie qui refait surface", qui aborde la question de l'infiltration des eaux pluviales dans le cadre d'une gestion à la parcelle et les leviers d'action pour les acteurs des territoires. Cyril Pajot, Chargé d'études Gestion de l'eau et des Milieux Aquatiques et co-rédacteur du document, répond à 3 questions sur la gestion des eaux pluviales afin de favoriser son infiltration au plus près de là où elle tombe.

L'Essentiel "L'eau de pluie, une amie qui refait surface" présente la démarche de gestion des eaux pluviales dans les zones urbanisées. L'un des auteurs du document, Cyril Pajot, chargé d'études Gestion de l'eau et des Milieux Aquatiques, a répondu à 3 questions sur les enjeux et les actions à mettre en œuvre.

Pour une collectivité, quelles sont les difficultés dans la mise en place d’une ville perméable ?

Une collectivité est souvent organisée par domaine de compétence avec, par exemple, un service "espace vert", un service "voirie", un service "eau", etc. Dans le cas de la gestion des eaux pluviales urbaines, l’ensemble de ces services est mis à contribution car l’eau doit être prise en compte dans chacun de ces domaines. 

En effet, un ouvrage captant les eaux de ruissellement d’une route est considéré comme un accessoire de voirie et sera donc créé dans le cadre de travaux d’aménagement de l’espace public. Toutefois, si cet ouvrage a un rôle hydraulique, il devra être conçu et géré par le service "eau", mais également, si c’est un espace naturel, pourra être entretenu par le service "espace vert". On voit que si aucune synergie entre les services n’existe, la gestion qui va en découler ne sera pas pérenne. C’est pourquoi, une gouvernance avec la désignation d’un pilote doit permettre une organisation de l’espace public propice à une ville plus agréable à vivre.

De plus, les compétences strictement liées à l’eau peuvent être réparties à différentes échelles du territoire vers plusieurs collectivités. Il est alors utile d’avoir un pilote, ou une structure qui puisse avoir une vision globale de la gestion de l’eau. Même si les pratiques évoluent, il y a un travail de sensibilisation à mener auprès des services de la collectivité et des acteurs du territoire pour expliquer l’objectif des démarches de désimperméabilisation et de gestion des eaux pluviales.

Comment le Cerema apporte-il un appui aux territoires dans le domaine la désimperméabilisation ?

Le Cerema a développé une méthode pour intégrer la gestion des eaux pluviales dans les stratégies de territoire, que nous mettons en œuvre avec plusieurs collectivités : Angoulême, Libourne, Toulouse, Narbonne. Des stratégies sont menées à l’échelle de la collectivité pour favoriser l’infiltration de l’eau de pluie et limiter les rejets vers les réseaux d’assainissement. Dans ces territoires, nous partageons les connaissances avec les équipes, nous expliquons la démarche.

C’est un champ de connaissances qui est en train de s’ouvrir, la méthode doit maintenant être diffusée, c’est ce que nous faisons à travers cet Essentiel qui présente de manière synthétique les enjeux et la méthode, mais également avec des journées thématiques comme celle organisée le 15 novembre 2022 à Bordeaux sur la désimperméabilisation, une formation sur le zonage pluvial les 20 et 21 juin à Paris.

Nous travaillons aussi sur des outils comme Oasis pour la conception des dispositifs d’infiltration des pluies courantes, ou le laboratoire vivant des solutions fondées sur la nature à Trappes, qui est partenarial et permettra d’expérimenter sur différents types de sols des procédés de désimperméabilisation et d’infiltration.

Le Cerema accompagne cette démarche dans plusieurs villes, peut-on identifier des bénéfices à court terme ?

Nous n’avons pas encore de méthodologie précise pour l’évaluation quantitative de ces systèmes, c’est un des axes de travail actuellement. Mais à court terme, les bénéfices sont visibles quand les projets sont menés en consultant les acteurs. Par exemple dans le cadre du partenariat avec la ville de Libourne, le Cerema Sud-Ouest cartographie des zones potentielles à l’infiltration. La ville s’est lancée dans un projet pilote de désimperméabilisation de cours d’école élémentaire en 2020 et fait état de retours positifs de la part des équipes pédagogiques, des élèves et des parents qui ont participé à la conception du projet. 

Lorsqu’ils sont préparés avec la participation de tous les acteurs, ces projets sont bien acceptés. Les effets constatés sont divers dans le cas de cette cour d’école : retour d’une faune appréciée, notamment des oiseaux, apaisement des enfants durant les temps de récréation bénéfique pour leur concentration durant les temps en classe.

 

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