[Dossier Hors-Site] #2 - Par leur nature même, les constructions industrialisées et modulaires sont durables - L'édito de Eric Aurenche

Quel que soit l’horizon de temps considéré, le bâtiment modulaire peut être vu comme une réponse universelle, souple et flexible, une sorte de « couteau suisse de la construction »,  adaptée à tous les usages et tous les besoins explicites ou implicites.

On peut louer pour une courte ou une longue durée, avec ou sans options d’achat, on peut acheter du neuf ou de l’occasion, une surface, grande ou petite, adaptée à ses besoins ou ses usages : bureaux, commerce, hébergement, enseignement, restauration… 

Dans le contexte actuel d’incertitude sur le court-terme, lié à la pandémie actuelle, mais aussi à moyen terme avec  l’évolution des réglementations énergétiques et à long terme avec l’épuisement des ressources naturelles, une des grandes qualités du bâtiment industrialisé et modulaire est sa capacité à être démonté après usage.

Même après plus de dix ans, il peut être réutilisé ailleurs pour un usage identique, adapté à un nouveau besoin ou une nouvelle réglementation thermique. La consommation de ressources pour la deuxième utilisation devient alors marginale et le bilan carbone correspondant très favorable. 

Il s’inscrit parfaitement dans une stratégie d’économie circulaire sans sacrifier ni la performance technique ou énergétique : un bâtiment RT2012 sous assurance décennale avec un bardage peut parfaitement avoir plusieurs vies successives. De plus en plus d’opérateurs publics ou privés prévoient d’ores et déjà des clauses de rachat et de réemploi au bout de plusieurs années voire des bâtiments d’occasion.    

La redéfinition de la chaîne de valeur entre une préfabrication en usine et une finition sur chantier améliore significativement l'écosystème de la construction. 

La fabrication en usine de modules industrialisés, en 2D, 3D, en bois, en métal… permet la livraison du clos-couvert en une seule fois, un assemblage en quelques jours, et une finition en fonction du degré de préfabrication choisi avec le maître d’ouvrage.

On obtient : 

  • Un délai garanti avec moins de retards liés aux intempéries…

  • Une qualité maîtrisée avec les opérations clés réalisées en usine dans des conditions de travail optimisées.

  • Moins de livraisons, moins de bruit, moins de vibrations, moins de poussière… un délai et une qualité garantis : un rêve pour les riverains, pour les clients et aussi les assureurs…

L’ACIM soutient et accompagne le mouvement actuel auprès des institutionnels, des inquiets, des curieux, des sceptiques… qui instinctivement sentent bien l’aspect ‘économie circulaire’ et ‘développement durable’ des solutions proposées par la filière :  

Les différents acteurs du monde de la construction ont besoin de banaliser, au bon sens du terme, leur rapport à la construction industrialisée et modulaire, en faire un système constructif complémentaire avec ses nombreuses qualités :

Les architectes qui peuvent utiliser, sans renier le geste architectural qui leur est cher, un mode constructif ‘alternatif’, comme ils utilisent et combinent différents matériaux de construction.

Les bureaux de contrôle : l’industrialisation et la préfabrication permettent de limiter les risques de malfaçon et de non-conformité.

Les assureurs, au-delà du risque sériel, maîtrisable à faible coût, peuvent compter sur la performance offerte par l’amélioration continue et l’industrialisation de procédés de construction.

Le CSTB, avec un projet de certification QB de la filière, assume pleinement son rôle d’accompagnateur de l’innovation dans le secteur de la construction et reconnaît à la construction industrialisée et modulaire la capacité à être utilisée de façon sûre et efficace. 

Les maîtres d’ouvrage qui peuvent se concentrer sur l’usage ‘initial’ du bâtiment mais également anticiper sur l’usage secondaire et la vie d’après du même bâtiment. Comment prévoir à plus de dix ou vingt ans dans les contraintes actuelles ?

Les pouvoirs publics qui y voient aussi une piste de ‘non-délocalisation’ ou de ‘ré-industrialisation’ des territoires : le rapport au ministre Julien Denormandie à Batimat en novembre 2019 sur ‘la ré-industrialisation de la France par la construction’ montre que le champ des possibles est illimité !  

L’AMI de la Préfecture d’Ile de France est à ce titre un cas d’école et permet de combiner toutes ces qualités ! Il permettra la possibilité de structurer le paysage en associant l’Etat, les collectivités locales avec les bailleurs sociaux et les industriels pour répondre de façon pertinente, économique et écologique aux besoins de logements pérennes déplaçables et réutilisables.

 

Edito signé Eric Aurenche, président de l'ACIM et directeur général de ProContain

http://www.acim.pro/

Consulter l'article précédent :  #1 - Edito de Pascal Chazal


           

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