Le tertiaire au défi de la rénovation énergétique

Rédigé par
Xavier Faure

2866 Dernière modification le 06/03/2020 - 09:30
Le tertiaire au défi de la rénovation énergétique

Avec le décret du 23 juillet 2019, les bâtiments à usage tertiaire font l’objet de nouveaux objectifs ambitieux : réduire leur consommation d'énergie finale d'au moins 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, par rapport à 2010. Hôtels, bureaux, magasins… Tous sont concernés dès lors que la surface de plancher dépasse 1 000 m2.

Après le fiasco du premier décret Tertiaire en 2017, les pouvoirs publics reviennent à la charge avec un nouveau texte visant à améliorer la performance énergétique du parc immobilier tertiaire. Ce nouveau texte, qui attend début 2020 des arrêtés d’application complémentaires, précise les actions à mettre en œuvre afin d'atteindre les objectifs édictés dans le cadre de la loi Elan du 23 novembre 2018, c'est-à-dire une réduction de la consommation d'énergie finale d'au moins 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, en prenant pour base les consommations de 2010.

Une obligation visant propriétaires comme locataires

Cet objectif vise tous les bâtiments existants qui hébergent exclusivement des activités tertiaires sur une surface de plancher supérieure ou égale à 1 000 m2, et non plus 2 000 m2 de surface utile comme le prévoyait l'ancien décret. L’obligation de réduire les consommations d’énergie s’impose aussi bien aux propriétaires qu’à leurs éventuels locataires, le périmètre de responsabilité de chacun étant renvoyé à la rédaction du bail. Toutefois, le décret exclut les constructions provisoires, les bâtiments destinés au culte et les bâtiments affectés à une activité liée à la défense du territoire.

Name & shame pour les mauvais élèves

Une phase d’étude et de mise en place d’un suivi des consommations des bâtiments concernés s’impose dans un premier temps. Dès 2021, les propriétaires devront transmettre tous les ans les informations collectées à une plateforme informatique gérée par l’ADEME. Les obligés ne respectant pas cette obligation risqueront une amende de 7 500 euros et verront leur nom inscrit sur un site de l’Etat pointant du doigt les mauvais élèves, selon le principe du “Name & shame”.

Piloter la performance énergétique

Les actions destinées à atteindre les objectifs sont quant à elles très variées. Le moins onéreux consiste à modifier les habitudes des usagers, voire à adapter les locaux en ce sens. L’installation d’équipements de pilotage des installations de chauffage, climatisation, ventilation ou encore de l’éclairage est une autre solution, de même que la rénovation de ces systèmes. Enfin, la performance énergétique peut être améliorée par des travaux sur l’enveloppe du bâtiment, via de l’isolation thermique par l’intérieur ou par l’extérieur notamment.

Un effort important nécessaire

Les objectifs étant ambitieux, agir à tous les niveaux est indispensable dans la majorité des cas. C’est ce qu’affirme notamment Vinci Énergies*, par la voix de son responsable Innovations Building Solutions, Pierre Blanchet. L’entreprise a réalisé une estimation à partir d’un parc tertiaire moyen se situant autour de 250 KWh d’énergie finale par m2 et par an. 

Pierre Blanchet estime ainsi « qu’un effort très important sur le pilotage et le changement des habitudes permettrait de se rapprocher de l’objectif de 40 % ». 

*Citation tirée de l'interview de Pierre Blanchet pour le Mag du Grand Circuit 

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