Le logement et les salles de classe : des enjeux majeurs pour la santé des enfants ?

Rédigé par
Héloïse Bonnal

Chargée de missions d'Affaires publiques

2347 Dernière modification le 19/12/2019 - 12:01
Le logement et les salles de classe : des enjeux majeurs pour la santé des enfants ?

Avec des données compilées à l’échelle européenne, Le Baromètre de l’Habitat Sain apporte chaque année un éclairage complet sur la relation entre habitat et santé. Cette année, il s’intéresse à l’une des populations les plus vulnérables : les enfants. L’étude s’est penchée sur la qualité des environnements qui font partie de leur quotidien : les logements et les écoles.

Le constat interpelle, alors qu’un adulte européen sur six vit dans un logement qui peut avoir un impact négatif sur sa santé, les résultats 2019 montrent que ce chiffre passe à un enfant sur trois, soit 26 millions d’enfants à l’échelle de l’Europe. Un constat préoccupant dans la mesure où les pathologies et allergies contractées dans la jeunesse conditionnent la santé du futur adulte. Le Baromètre de l’Habitat Sain est aussi l’opportunité d’aller au-delà des idées reçues. Si la Finlande caracole en tête du classement par pays, avec moins de 20% des enfants vivants dans des habitats à la qualité de l’air intérieur insuffisante, elle est talonnée par la Croatie, l’Estonie, la Slovaquie et la République Tchèque, alors que la France ou l’Allemagne sont dans la moyenne européenne.

 

 La maison individuelle pointée du doigt

Alors que l’on pointe du doigt la pollution des villes et leur influence sur la santé de l’enfant, le baromètre montre qu’une personne vivant en zone périurbaine a plus de probabilité de souffrir d’un environnement de vie médiocre. En cause, la maison individuelle et ses nombreux échanges avec l’extérieur, notamment thermiques, ainsi que le manque de lumière naturelle. Les zones périurbaines sont aussi plus sujettes à la pauvreté économique, un facteur aggravant selon l’étude.

Des décès prématurés et une scolarité affectée

10 à 15% des nouveaux cas d’asthme diagnostiqués en Europe chez les enfants seraient la conséquence de moisissures et d’humidité dans les intérieurs qu’ils fréquentent. A l’échelle européenne, les enfants perdent ainsi plus de 37 000 années de vie sans maladie ou en bonne santé.

« Les enfants sont plus fragiles que les adultes vis-à-vis des agressions environnementales et notamment face à la pollution de l’air. En effet, en comparaison avec les adultes, les enfants inhalent plus à parité de poids, ils s’agitent plus et sont plus près des sources de pollution » Pr Isabella Annesi-Maesano, Directrice de l’équipe EPAR : Épidémiologie des maladies Allergiques et Respiratoires à l’INSERM.

Le premier impact de ces épisodes de maladie ou de mal-être est l’assiduité à l’école. Ce sont ainsi 1,7 million de journées de classe qui sont affectées (250 000 en France). Une situation d’autant plus préoccupante que ces chiffres sont majoritairement le fait d’une population déjà fragilisée sur le plan social et plus encline à rencontrer des difficultés scolaires et d’insertion. Le corollaire de ces absences est aussi l’impact sur la vie professionnelle des parents, qui doivent alors trouver des moyens de garde pour leurs enfants ou, en France, faire valoir leur droit à rester à la maison.

La qualité de l’environnement des écoles : un facteur aggravant

Alors que les enfants partagent leur quotidien en majorité entre leur logement et les bancs de l’école, la qualité des salles de classe est également à surveiller. Une étude du Fraunhofer-Institut für Bauphysik IBP (“Impact de l'environnement intérieur sur les capacités d'apprentissage à l'école, en Europe”) montre qu’un environnement éducatif sain n’est pas seulement bénéfique pour la santé des enfants, mais améliore aussi les performances des élèves. Ainsi, une salle de classe devrait être  un lieu où l’acoustique est bonne et dépourvue de bruit parasite, la qualité de l’air intérieur est optimale, le niveau d’hygrométrie et la température sont suffisants, tout comme l’optimisation de la lumière naturelle.

 Une incidence sur le PIB européen

On estime que qu’à l’horizon 2060, le bénéfice de la réduction des moisissures et l’amélioration de la qualité de l’air intérieur dans les logements et les écoles pourraient se chiffrer à près de 53 milliards d’euros. Un chiffre qui prend en compte la réduction des dépenses de santé, mais aussi une hausse de la productivité liée à une meilleure éducation et une moindre influence des maladies sur la vie quotidienne des futurs adultes.

«  L’amélioration de l’habitat sous toutes ses formes est donc une réponse qui est à la fois économique, sociale et environnementale, au cœur des enjeux du développement durable » Marjolaine Meynier-Millefert Députée de l’Isère et co-animatrice du plan de rénovation énergétique.

 

Télécharger le Baromètre de l'Habitat Sain 2019

 

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Propos recueillis par Clément Gaillard - Construction21, la rédaction

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