Le Cerema anime un atelier sur la sobriété foncière des entreprises

La gestion économe de l’espace se développe dans les territoires pour atteindre l’objectif de "Zéro Artificialisation Nette" (ZAN). Le développement économique des entreprises se traduit généralement par des besoins fonciers, et l’atteinte de l’objectif ZAN pourrait se faire au détriment des dynamiques économiques des territoires. Comment concilier la sobriété foncière et le développement économique des territoires ?

Un atelier pour penser autrement le foncier d’entreprises

Pour le compte de la DREAL Normandie et dans le cadre du colloque "La gestion économe de l'espace. Quelles solutions d’aménagement pour une nouvelle attractivité de la Normandie ?", le Cerema a conduit un atelier sur la consommation foncière des entreprises avec la participation de la Chambre de commerce et de l’industrie de l’Eure.

Les objectifs de cet atelier étaient :

  • dans un premier temps de connaître et comprendre les besoins de l’entreprise étudiée en fonction de son type d’activité, les facteurs de localisation de l’activité, la dynamique sur ce type d'activité et le parcours résidentiel de l'entreprise par rapport à son cycle de vie,
  • dans un second temps, d’identifier le territoire pertinent et l'offre adéquate sans consommer du foncier pour ce type d'activité,
  • et enfin, de partager la nécessité d’élaborer une stratégie foncière pour préserver le dynamisme économique local tout en limitant la consommation de foncier.

Quatre études de cas ont ainsi été réalisées afin de questionner et partager les expériences des participants sur l'implantation des activités de l'économie présentielle (commerce de détail, services mixtes, CHR, services aux particuliers) et de l’économie productive (logistique et commerce de gros, services à l'industrie, entreprises et artisanat du bâtiment).

Pour chaque étude de cas, les participants devaient répondre à trois questions :

  • Quelles sont les fonctionnalités recherchées par l'entreprise en termes d'implantation, agrandissement, déménagement ?
  • Quelles solutions proposées aux entreprises sans recourir à la consommation foncière ?
  • Comment la collectivité peut-elle mettre en œuvre ses solutions ?

 

Moins d’artificialisation pour une Normandie plus attractive

Suite à un constat présenté par le Cerema et la Chambre de commerce et de l’industrie de l’Eure sur les différentes façons d’habiter des entreprises selon leur cycle de vie (création, 1er développement, croissance, adaptation, transmission), il a été mis en évidence que, selon les activités, les localisations préférentielles n'étaient que rarement les ZAE (zone d'activité économique).

Par exemple, dans le département de l'Eure :

  • Toutes les activités commerciales ou de services aux personnes ont en effet une localisation préférentielle dans le tissus urbain (jusqu'à 90% des entreprises localisées en dehors des ZAE).
  • Seules les activités incompatibles avec l'habitat (risque, nuisance de trafic, nuisances sonores, poussières) cherchaient majoritairement à se loger en ZAE.

La ZAE n'est qu'une forme "d'habiter" des entreprises, qui ne correspond pas nécessairement à leur besoin, leur souhait où même leur logique de localisation. Alors que cette offre foncière pour les entreprises est développée par les territoires depuis plusieurs décennies, on constate que les ZAE :

  • Ont pour effet de déplacer les entreprises à l'écart des tissus urbains, d'être moins accessibles pour chacun et de dégrader les entrées de villes.
  • Sont privilégiées par les entreprises pour éviter les contraintes du centre-ville : la logistique urbaine, normes accessibilité, espaces parfois contraints pour les grands espaces en locaux.
  • Émergent par opportunité foncière car les collectivités n'ont pas établi préalablement une stratégie foncière.
  • Hébergent une diversité d'activités économiques qui trouverait leur place dans le tissu urbain car elles ne produisent pas de nuisances.

Ainsi, une première condition est la connaissance par les collectivités du "patrimoine" de zones d’activités sur leur territoire, pour définir le potentiel foncier disponible et optimiser les surfaces par densification ou par le renouvellement urbain. L’identification de ce potentiel effectif est essentiel pour la réalisation d’une stratégie foncière afin de préserver le dynamisme économique des territoires.

 

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