La QAI dans le bâtiment durable pour tous. Positionnement au regard des autres dispositifs et référentiels à l’international.

La QAI dans le bâtiment durable pour tous. Positionnement au regard des autres dispositifs et référentiels à l’international.

L’Alliance HQE-GBC a publié tout récemment un protocole HQE Performance pour l’évaluation de la qualité de l’air intérieur des bâtiments en exploitation. Cette nouvelle publication vient s’ajouter aux documents déjà élaborés par le Groupe de travail Santé et mis à disposition du plus grand nombre pour favoriser une meilleure prise en compte de cette thématique dans le secteur du bâtiment. Mais qu’en est-il de ces recommandations et de leur niveau d’exigence au regard des référentiels et autres dispositifs existants à l’international ?

La QAI un thème incontournable dans le cadre de référence du bâtiment durable pour tous et dans les référentiels de certification HQE

Depuis son origine, la démarche HQE prend en compte la qualité de l’air intérieur. Ancienne cible, elle est désormais un des thèmes de l’engagement qualité de vie et fait pleinement parti du bâtiment durable.

Les référentiels de certification HQEÔ, développés par les partenaires de l’Alliance HQE-GBC, intègrent donc tous logiquement des exigences sur la qualité de l’air intérieur, notamment les dispositions constructives pour limiter les sources de pollution internes ou externes, les contrôles de bon fonctionnement et d’entretien de la ventilation, ainsi que la mesure de la qualité de l’air intérieur. Ils concernent la maison individuelle (CEQUAMI), les logements collectifs, maisons groupées, résidences services, établissements médico-sociaux (CERQUAL Qualitel), les bâtiments non résidentiels, tels que les bâtiments tertiaires, les équipements sportifs ou les établissements de santé (CERTIVEA) et tous les bâtiments hors France (CERWAY).

Le protocole HQE Performance au regard des autres référentiels dédiés aux bâtiments neufs

En septembre 2013, l’Alliance HQE-GBC publiait, dans le cadre de HQE Performance, des règles d’application pour l’évaluation de la qualité de l’air intérieur à la réception d’un bâtiment neuf ou rénové, c’est-à-dire au moment du transfert de propriété au maître d’ouvrage. L’objectif de ce protocole de mesure est de déterminer une qualité de l’air intérieur en se fondant sur des valeurs de référence sanitaires, avant que les occupants n’intègrent le bâtiment. Les polluants choisis sont pour certains d’origine extérieure et pour d’autres d’origine intérieure pour lesquels le protocole définit les méthodes de prélèvement et d’analyse, les stratégies d’échantillonnage et les valeurs de référence sanitaires. Ce protocole de base pouvant être complété par d’autres paramètres, si l’enquête préalable aux prélèvements révèle d’autres sources potentielles de pollution, il se veut le plus simple possible pour être opérationnel, reproductible, admissible économiquement et être une aide à la décision.

Le guide pratique de l’Alliance HQE-GBC, publié en juin 2017, présente les 5 étapes clés pour intégrer, réaliser et valoriser des mesures de qualité de l’air intérieur à réception : programme, conception, dossier de consultation des entreprises, réalisation et livraison.

L’examen d’une cinquantaine de référentiels internationaux qui définissent pour les bâtiments neufs des objectifs de performances de qualité d’air intérieur révèle que ces cahiers des charges mettent plutôt l’accent sur la réduction des sources de pollution dès la conception, la faible émission des produits de construction et le renouvellement et la filtration de l’air des bâtiments. Un petit nombre d’entre eux (treize recensés) recommandent la réalisation de mesures de la qualité d’air intérieur à la réception des bâtiments.

Ces treize référentiels de différents pays (Allemagne, Autriche, Suisse, Etats-Unis, Canada, Emirats Arabes Unis, Malaisie, Indonésie, Hong-Kong) sont comparés au protocole HQE Performance pour les bâtiments à réception. Cette comparaison montre que les paramètres les plus souvent mesurés sont les composés organiques volatils et le formaldéhyde, suivis des particules, du dioxyde de carbone et du monoxyde de carbone alors que le dioxyde d’azote, le benzène ou le radon sont moins souvent mesurés. Les valeurs de référence sont globalement plus basses dans le protocole HQE Performance.

 

Figure 2 Les valeurs de référence dans les principaux référentiels internationaux et européens pour les bâtiments neufs ou rénovés

Le protocole HQE Performance au regard des autres référentiels dédiés aux bâtiments en exploitation

L’alliance HQE-GBC France propose également des règles d’application pour l’évaluation de la qualité de l’air intérieur d’un bâtiment en exploitation, dans le contexte particulier d’une surveillance régulière des bâtiments de toutes typologies durant leur phase de vie. Ce document méthodologique s’inscrit dans l’engagement pour la qualité de vie du cadre de référence du bâtiment durable de l’Alliance. Les paramètres prioritaires choisis correspondent à des émissions de sources de pollution intérieure et au renouvellement d’air des locaux : monoxyde de carbone (si source de combustion), indice COV, composés organiques volatils majoritaires et formaldéhyde, courbe de dioxyde de carbone, indice de contamination particulaire, dénombrement des flores bactériennes et fongiques. Ils sont associés à des valeurs de référence permettant de détecter d’éventuels dysfonctionnements techniques du bâtiment en exploitation. D’autres paramètres optionnels, d’origine extérieure au bâtiment et associés à des valeurs de référence sanitaire, sont uniquement requis si la situation environnementale du bâtiment a évolué : dioxyde d’azote, benzène, particules fines PM2,5.

Ce protocole HQE Performance de mesure de la qualité de l’air intérieur d’un bâtiment en exploitation a lui aussi été comparé à d’autres référentiels utilisant également plusieurs paramètres pour la surveillance de la qualité de l’air intérieur (Portugal, Corée du Sud, Taiwan). Les mêmes paramètres, comme le dioxyde de carbone, le monoxyde de carbone, les particules fines, les bactéries et champignons, les composés organiques volatils, le formaldéhyde, sont retrouvés dans ces différents référentiels. Il faut noter la recherche d’ozone dans les référentiels de Corée du Sud et de Taiwan, et le dosage de radon au Portugal, en Corée du Sud, dans plusieurs états aux Etats-Unis (Connecticut, New Jersey, Hampshire, Illinois, Colorado) ou en Europe. Les critères de la qualité de l’air intérieur sont globalement plus performants pour le protocole HQE-GBC France.

Figure 3 : Les valeurs de référence  dans les référentiels pour les bâtiments en exploitation 

En conclusion, les règles d’application proposées par l’Alliance HQE-GBC pour l’évaluation de la qualité de l’air intérieur de bâtiments de toutes typologies, au moment de leur réception et en exploitation, affichent un niveau d’ambition plutôt élevé au regard de ce qui se fait dans d’autres pays. Elles s’adressent à tous les acteurs qui souhaitent, de manière volontaire, évaluer les performances de leurs bâtiments, avec l’objectif de lieux de vie plus sûrs et qui favorisent la santé des occupants.

 

Références

  • ADEME - Baecher C., Pianu B, Ungerer A., Brenguier, A. Allard F, Blondeau P., Séraphin G. 2017. Benchmark international des politiques publiques de la qualité de l’air, 243 pages.
  • Coeudevez C.S. et Déoux S. 2011. Bâtiments, Santé, le tour des labels, Médieco Editions, Andorra, 173 pages
  • Association HQE. Protocole HQE PERFORMANCE : Règles d’application pour l’évaluation de la qualité de l’air intérieur d’un bâtiment neuf ou rénové à réception, 25 pages. Version de Juin 2015.
  • Alliance HQE-GBC France. Guide pratique « Mesurer la qualité de l’air intérieur des bâtiments neufs ou rénovés : 5 étapes clés pour intégrer, réaliser et valoriser des mesures à réception, 36 pages. Juin 2017
  • Alliance HQE-GBC France. Le bâtiment durable pour tous. Règles d’application pour l’évaluation de la qualité de l’air intérieur d’un bâtiment en exploitation, 29 pages. Version Mars 2018

 

Rédacteur :

Fabien SQUINAZI

Médecin biologiste, Ancien Directeur du Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris

[email protected]

D’après la communication  « Les différents référentiels de la qualité de l’air intérieur » présentée à la journée thématique FIMEA du 15 mars 2018 – Paris « La gestion de la qualité de l’air intérieur dans les établissements recevant du public : comment accompagner les collectivités ? »

 Figure 1 Cadre de référence du bâtiment durable pour tous

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