La massification des BACS au service des bâtiments est en cours

Rédigé par
Philippe NUNES

DG

1753 Dernière modification le 29/03/2023 - 11:41
La massification des BACS au service des bâtiments est en cours

Les efforts menés par les industriels pour structurer leur offre sur la base de référentiels connus et reconnus ouvrent enfin la voie à une massification du déploiement des BACS dans tous les bâtiments. Les BACS s’imposent désormais comme un moyen incontournable pour atteindre les objectifs réglementaires de réduction de la consommation énergétique et du poids carbone des bâtiments tout en maintenant le confort.

Pour accompagner ce déploiement, l’industrie se mobilise aux côtés de ses partenaires de la filière pour entrer pleinement dans « l’ère des BACS ».

Que sont les BACS, Building Automation and Control Systems ? 

Les BACS (Building Automation and Control Systems) ou « systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments » (ou « régulation et GTB en langage courant ») regroupent l’ensemble des « produits, logiciels et services d'ingénierie à même de soutenir le fonctionnement efficace sur les plans énergétique et économique, et sûr, des systèmes techniques de bâtiment au moyen de commandes automatiques et en facilitant la gestion manuelle de ces systèmes techniques de bâtiment » selon la traduction officielle retenue par les pouvoirs publics (Décret BACS du 20 juillet 2020).

Le Syndicat ACR représente l’industrie BACS en France.

Régulation et Gestion Technique des Bâtiments : le marché français européen en 2022

Les évolutions du marché en 2022

Malgré les perturbations systémiques du secteur du bâtiment, les évolutions du marché 2022 confirment la nette progression des BACS. La crise du logement neuf, et la longue marche vers la massification des opérations de rénovations énergétique des bâtiments, freine le déploiement des BACS sur le marché français. Néanmoins, la stratégie de l’industrie BACS porte ses fruits et connait de nouveaux succès avec l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations en 2023 associée au renforcement des moyens de financement.

Le recours aux BACS s’impose dans tous les bâtiments comme le moyen le plus rapide et efficace pour atteindre la sobriété énergétique des bâtiments. Les référentiels techniques mis à jour en fonction des évolutions technologiques permettent de structurer le marché autour du cadre réglementaire. Les fondamentaux de l’industrie BACS doivent désormais être largement partagés, utilisés et maitrisés pour atteindre les objectifs fixés de réduction de la consommation énergétique et du poids carbone des bâtiments.

Les fondamentaux de l’industrie BACS reposent sur une approche physique de l’énergie au service de la performance, une standardisation des innovations technologiques permettant leur diffusion, et une vision industrielle du développement qui s’appuie sur le socle réglementaire français et européen.

Présentation des résultats 2022

1. La régulation : 

Le marché de la régulation progresse à hauteur de 3,3% en 2022 malgré les fortes perturbations du marché, renforcées par la crise dans le logement neuf, et aux effets continus de l’exclusion des solutions de régulation du chauffage dans Ma Prim Rénov.   

1.1 Chauffage à eau chaude

Le marché du chauffage est le plus impacté par la conjoncture économique. Son niveau est stable en 2022 (+0,5%) après une année record en 2021, et devrait revenir en forte croissance en 2023.

  • Les dispositifs de régulation du chauffage sont des prérequis de la performance énergétique des bâtiments neufs et subissent donc les évolutions de ce marché en baisse. Sur le marché de la rénovation, le Syndicat ACR constate à nouveau les effets désastreux de l’exclusion des dispositifs de régulation du chauffage au sein de « Ma Prim Rénov’ ».
     
  • Pour les thermostats d’ambiance, les technologies non programmables continuent leur chute        (-20%) et ne sont pas compensées pas la progression constante des technologies programmables, tirées en particulier par l’effet volume des solutions électroniques filaires (5%) répondant aux exigences réglementaires.
     
  • Les robinets thermostatiques simples qui restent la solution de régulation la plus utilisée ne progressent que de 3% en 2022 tandis que le marché des têtes électroniques bondit de manière remarquable en doublant de volume.
     
  • Pour faciliter le déploiement de ces solutions, le Syndicat ACR travaille avec l’ensemble des acteurs pour mettre à jour les référentiels de description des opérations standardisées de régulation donnant droit à des Certificats d’Economies d’Energie. Par ailleurs, le Décret Régulation et Calorifugeage en cours d’adoption devrait conduire à un fort développement de ce marché puisqu’il rend obligatoire l’installation de thermostats programmable avec robinets thermostatiques dans tous les bâtiments chauffés à l’eau d’ici 2025, et sans attendre le remplacement du générateur.
     
  • Un mot sur les générateurs standards que sont désormais les pompes à chaleur (PAC) sur le marché du neuf et de la rénovation qui doit également s’ouvrir à l’ensemble des systèmes thermodynamique notamment les solutions hybrides combinant une PAC avec relève chaudière, incluant une régulation « intelligente ».
     
  • Autre progression significative, les vannes de régulation modulantes (+30%) sur le marché de la rénovation qui démontre la pénétration des sujets hydrauliques dans ce secteur à fort potentiel. Là aussi, les industriels sont prêts à déployer les solutions avec des fonctions de régulation avancées via des fiches d’opérations CEE standardisées.
     
  • Enfin, les vannes d’équilibrage dynamique (PICV) poursuivent leur forte pénétration de marché à +6%. Le Syndicat ACR se mobilise actuellement pour que ces solutions deviennent la norme non plus seulement dans le marché du neuf mais aussi en rénovation en s’appuyant sur le cadre réglementaire français et européen, ainsi que les opérations standardisées CEE.

1.2 Ventilation et climatisation

Le marché de la ventilation et climatisation tire son épingle du jeu à (+7,8%) :

  • Les régulateurs pour terminaux communicants continuent leur progression grâce aux opérations de rénovation qui répondent aux enjeux réglementaires (décret Tertiaire, décret BACS). Les solutions mettant en œuvre les protocoles de communications standardisés ouverts (ex : BACnet, KNX, etc.) sont des incontournables pour massifier ces opérations de rénovation « par conception » et à coûts maîtrisés.  
     
  • De manière générale, on constate une tendance de fond sur le marché du refroidissement compte tenu de la hausse générale des températures avec épisodes de canicules. Il en va de même pour le marché de la ventilation qui progresse pour répondre aux exigences de qualité de l’air intérieur, suite à la prise de conscience de ce sujet avec la crise COVID 19.

2. La gestion techniques des bâtiments 

Le marché de la Gestion Technique du Bâtiment (GTB) poursuit sa progression à 2 chiffres (11,7%) dans un contexte de retard d’application des décrets BACS et Tertiaire.

Tirée par les opérations de rénovation énergétique « réglementaires », la dynamique de ce marché va s’amplifier et l’industrie est pleinement mobilisée pour accompagner ce déploiement sur la base de ses fondamentaux avec l’ensemble de la filière :

  • Ainsi, le Syndicat ACR annonce la création de l’ALLIANCE BACS pour fédérer l’ensemble des acteurs du marché sur la base de ses fondamentaux. Cette action est essentielle pour déployer efficacement et rapidement les exigences de moyens du Décret BACS avec son extension 2023 et atteindre les objectifs du Décret Tertiaire (voir communiqué de presse dédié).
     
  • Pour rappel, le marché peut s’appuyer sur les fiches CEE pour installer des BACS de classe A ou B selon la norme NF EN ISO 52120-1 conformes au décret BACS. Le financement de ces opérations fait également l’objet d’un « coop de boost » jusqu’au 31 décembre 2023 mis en place à l’occasion du Plan de Sobriété Energétique des Bâtiments.
     
  • A noter que de tels systèmes de GTB incluent par défaut une fonction de suivi et de mesure de la consommation énergétique (instruments de pilotage via des capteurs et une supervision) ainsi que des produits ou systèmes (régulateurs, actionneurs) capables d’agir sur les systèmes techniques pour assurer un confort maximum avec le minimum de consommation énergétique.
     
  • Ils permettent aussi le déploiement d’une offre à forte valeur ajoutée par la mise en œuvre de nouvelles fonctionnalités des logiciels de supervision notamment pour garantir l’interopérabilité des données dans les librairies, ainsi que la mise à niveau des standards de cybersécurité.
     
  • Plus généralement, la « rationalisation du SMART » reste un enjeu technique prioritaire. Il s’agit de s’appuyer sur les technologies numériques proposées par les industriels pour répondre à des buts précis associés à un « objectif de sobriété digitale » en donnant priorité à la gestion efficace du confort nécessaire à la vie humaine à travers une optimisation des systèmes énergétiques réglementaires (chaud, froid, ventilation, ECS et éclairage).
     
  • En 2022 et pour les années à venir, la décentralisation des solutions de gestion au niveau des couches d’automatisation se précise notamment grâce aux recours à l’EDGE et au FOG computing pour assurer le fonctionnement physique du bâtiment. Ainsi, les unités de traitement local avec des capacités de 30 points continuent à progresser (+60%) de même que pour les licences multipostes (+80%) et multi-techniques (+40%).

3. Les Services 

Les services sont en progression plus modeste à 4,1% en 2022 mais atteignent tout de même un niveau jamais égalé.

Sur ce marché, les opérations de commissioning et maintenance préventive ont repris, notamment pour répondre aux enjeux réglementaires du décret tertiaire et du plan de sobriété énergétique.

On rappelle que les prestations prises en compte dans les statistiques sont l’assistance technique, la formation, les matériels de rechange, les dépannages et les contrats de maintenance. Les constructeurs/ industriels (et ou réseaux d’intégrateurs partenaires) restent les mieux placés pour assurer ces opérations à haute valeur ajoutée.

C’est pourquoi, le Syndicat ACR se mobilise avec ses partenaires, en particulier la maitrise d’ouvrage et les exploitants, dans le cadre de la feuille de décarbonation du bâtiment pour réduire l’écart qui peut exister entre la conception, l’installation et l’exploitation des systèmes de GTB performants.

Dans ce domaine, l’obligation d’inspection des systèmes GTB introduit par l’extension 2023 du Décret BACS (publication en cours) devrait conduire à une prise de conscience générale de la nécessité d’actions communes basées sur les compétences des fabricants.

Résultats global 2022

La conjoncture économique (inflation, difficultés d’approvisionnement, crise énergétique) a freiné l’accélération de la massification des BACS en 2022.

Pour autant, l’alignement des planètes est là : nous entrons dans l’ère des BACS.

Plus que jamais, la stratégie d’alignement des référentiels techniques de normalisation avec les dispositifs réglementaires a porté ses fruits. En effet, c’est parce que l’industrie s’appuie sur des référentiels connus et reconnus qui qualifient et quantifient la contribution effective des BACS à la performance énergétique des bâtiments que les produits, systèmes et services offerts par les membres du Syndicat ACR ont pu répondre aux besoins du marché et des politiques publiques.

En 2022, des référentiels normatifs importants de notre domaine ont été mis à jour pour intégrer les innovations technologiques et refléter l’état de l’art (ex : optimisation du cycle de marche-arrêt du générateur pour la régulation du chauffage dans la série EN 12098 récemment révisée). En conséquence, un certain nombre de fiches d’opérations standardisées CEE qui utilisent ces normes comme références doivent être mise à jour, et d’autres sont en cours de publication (« Programmation horaire par pièce », ou encore « vannes de régulation avec servomoteurs ») ou en phase de projet.

Régulation et Gestion Technique des Bâtiments : les perspectives pour 2023

Les membres du Syndicat ACR sont confiants pour l’avenir et souhaitent accompagner leurs partenaires dans le déploiement massifs des BACS.  

Pour ce faire, le syndicat ACR s’élargit et crée l’ALLIANCE BACS. Cette structure élargie à d’autres acteurs que les constructeurs, est une plateforme d’analyse, de réflexion et d’actions qui a pour objectif de poursuivre le déploiement des documents de référence BACS mais aussi le développement d’outils pour l’information, la formation, l’aide à la mise en œuvre et qui puissent faciliter la mise en œuvre des réglementations en France.

En complément, le Syndicat ACR proposera des sessions formations sur les fondamentaux BACS et leur déploiement en réponses aux objectifs réglementaires, à partir de Ma 2023.

Ces actions doivent permettre d’accompagner le déploiement de solutions BACS avec des fonctionnalités de plus en plus performantes dans le neuf et surtout dans la rénovation. La publication imminente de l’extension du Décret BACS aux bâtiments équipés de CVC d’une puissance supérieure à 70kW, et du Décret Régulation et Calorifugeage qui oblige l’installation de thermostats programmables avec régulation terminale sans attendre le remplacement du générateur d’ici le 1er janvier 2025, constituent alors un socle réglementaire solide pour le déploiement de solutions BACS de référence. Les fiches CEE seront un outil puissant pour le financement de ces solutions, ainsi que pour le déploiement de solutions BACS encore plus avancées.

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