[Dossier Formation] #12 - La formation vue par un industriel : le témoignage de Parexlanko

En tant qu’industriel, Parexlanko se positionne sur la formation des acteurs de terrain. Une démarche qui vise à assurer une bonne mise en œuvre des matériaux et à promouvoir notamment l’utilisation des biosourcés. Explication avec Cyril Lemoing, chef de marché façade à Parexlanko.

Pourquoi Parexlanko se positionne sur la formation ?

Cyril Lemoing : Nos produits sont mis en œuvre au quotidien par les artisans. Il est donc très important pour nous que les chantiers se déroulent dans de bonnes conditions, que les artisans soient à l’aise avec les différentes normes et produits. Comme certains de nos concurrents, nous avons ainsi un centre de formation. Celui-ci se trouve sur notre site de R&D à Saint-Quentin-Fallavier en Isère. Notre positionnement sur la formation relève autant de l’intérêt général (avoir des bâtiments bien construits) que de l’intérêt de Parexlanko (faire en sorte que la mise en œuvre de nos produits se passent bien).

En parallèle de ces formations, nous proposons aussi des actions sur le terrain autour de notre gamme biosourcée. La formation est indispensable pour que ce type de matériaux trouvent leur marché. A l’opposé de ce qui se fait dans notre centre de formation, ces prestations sont gratuites afin de favoriser leur diffusion. Elles sont toutes aussi sérieuses, avec une partie règles professionnelles et une autre de mise en œuvre sur le terrain.

 

Qui formez-vous ?

Cyril Lemoing : Nous formons principalement nos revendeurs, au travers de leur force de vente. Cela leur permet de monter en compétence en tant que techniciens conseils, donc de mieux conseiller et accompagner les artisans dans leurs choix. Mais nous formons également les entreprises et les artisans, touchant ainsi directement notre cible finale.

Il faut bien distinguer deux types de formation dans le panel que nous proposons :

  • D’un côté, nous avons la formation via notre centre de formation certifié Qualiopi. Ces formations sont payantes et peuvent être en partie financées par les OPCO (Opérateurs de Compétences). Ce sont des sessions qui comportent à la fois une partie théorique sur les DUT et une mise en pratique des apprentissages.
  • De l’autre, nous proposons des formations sur le terrain, autour de notre gamme biosourcés, pour en favoriser la mise en œuvre. Celles-ci sont gratuites pour en favoriser la diffusion et passent par nos techniciens régionaux.

 

Pourquoi disposer d’un centre de formation certifié ?

Cyril Lemoing : Du fait de nos liens constants avec les revendeurs et les artisans, nous sommes un interlocuteur « naturel » lorsqu’un professionnel souhaite se former. Proposer une formation en partie financée via un OPCO permet de motiver les professionnels à se former, à dégager du temps pour cela, tout en ne pesant pas ou peu sur les finances de l’entreprise. De plus, les artisans et entreprises qui souhaitent obtenir le label RGE doivent avoir suivi une formation pour compléter leur dossier, en plus de réaliser un audit de chantier. Les centres comme le nôtre leur sont donc nécessaires. 

Notre offre de formation est diversifiée avec des modules sur la pose du carrelage, sur les façades, sur les mortiers spéciaux, et notre cursus phare, celui de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE), qui est très lié aux demandes RGE.

 

Pourquoi proposer des formations gratuites sur les biosourcés ?

Cyril Lemoing : Notre choix de proposer ces formations part d’un double constat : il y a d’une part une demande de plus en plus forte du côté client et, d’autre part des biosourcés qui font un peu « peur » aux professionnels. Il est donc essentiel de « désacraliser » leur utilisation, en expliquant notamment que leur mise en œuvre n’est pas plus compliquée que celle d’un autre matériau, mais différente.

Bien que gratuites, ces formations sont d’une grande qualité, puisque nous sommes délégataire de Construire en Chanvre pour former aux règles professionnelles du chanvre. Les réaliser directement sur chantier permet aussi de favoriser leur diffusion, de les rendre très pratiques qui est le premier écueil de la formation chez les profils de professionnels que l’on vise. Ce type de formation donne aux entreprises la certification « Construire en Chanvre ». Ce détail a toute son importance, il leur permet ensuite de proposer l’assurance décennale sans aucun surcoût sur les chantiers.

L’an passé en raison du contexte, nous n’avons pu réaliser que 30 formations. Cette année, nous visons un déploiement beaucoup plus fort de cette offre grâce à nos techniciens conseils, qui sont entre trois et cinq par région.

 

Existe-t-il un vrai besoin de former les artisans en particulier aux biosourcés ?

Cyril Lemoing : Oui, il existe un vrai besoin. Comme je le disais, il est essentiel de désacraliser le terme de « biosourcé » afin de rendre les produits plus accessibles et de favoriser leur diffusion. Former un artisan, c’est lui donner la possibilité d’argumenter ses choix techniques auprès de ses clients, de justifier un devis. Cela lui permet aussi de valoriser son travail. Former un artisan, c’est en effet lui rappeler les contraintes et les opportunités d’un matériau, en l’occurrence pour nous notre offre biosourcée Parnatur Corps d’enduit chanvre, tant au niveau des performances énergétiques qu’au niveau de l’organisation du chantier (temporalité, machines nécessaires, etc.).

Ce type de formation sur deux jours à la fois théorique et pratique est un vrai enjeu pédagogique pour nous. Ces formations sont sanctionnées par un QCM qui valide les compétences acquises. C’est un vrai challenge ! Néanmoins cela est nécessaire pour valider l’obtention de la certification et tout se passe généralement très bien.

 

Un mot de la fin ?

Cyril Lemoing : Si je pouvais faire une petite conclusion générale sur notre rôle dans la formation, je dirais que nous proposons des interventions qui permettent que tout se passe bien dans la mise en œuvre des produits. Il en va de l’intérêt de tout le monde, depuis notre position de fournisseur, jusqu’à celle de l’assureur qui couvre les chantiers. Par ailleurs, la formation est aussi un point de rencontre, d’échange privilégié entre différents acteurs qui partagent ainsi leurs expériences.

 

Entretien avec Cyril Lemoing, Chef de marché façade chez PAREXLANKO

 

Propos reccueillis par Manon Salé, Construction21 - La Rédaction

 


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Auteur de la page

  • Christine BAYEUL

    Responsable Communication Groupe & France

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