La certification WELL: peut-on certifier le bien-être au travail ?

10916 Dernière modification le 04/10/2017 - 09:51
La certification WELL: peut-on certifier le bien-être au travail ?

Le WELL Building Standard est une certification américaine, créée par le WBI (Well Building Institute), un groupe de travail rassemblant des experts du bâtiment et du monde médical. Elle certifie la qualité de conception et d’exploitation des bâtiments au regard de la santé et du bien-être des utilisateurs. De plus en plus recherchée et valorisée par les opérateurs de la promotion immobilière tertiaire, permet-elle effectivement de répondre à ces ambitions ?

Les grandes lignes de la certification WELL

La certification WELL évalue la performance d’un projet immobilier suivant 7 thématiques, regroupant 102 critères. Le niveau final de certification (Argent – Or – Platine) dépend des critères retenus. Elle est compatible avec LEED et se base sur des normes et des standards américains, des références équivalentes étant à trouver en France.  Voici quelques-uns  des enjeux abordés par le référentiel :

Le bien-être au travail, un sujet maîtrisable par les opérateurs du bâtiment ?

La certification WELL a été développée pour des bâtiments livrés clés-en-main à un preneur. C’est dans ce cadre que la majeure partie des critères sont applicables et prennent leur sens, puisqu’un certain nombre d’entre eux touchent à l’aménagement intérieur, et aux politiques RH et RSE de l’entreprise.

Or, dans la plupart de nos projets de bureaux, les preneurs ne sont pas connus au stade de la conception. Par conséquent, les préconisations de la certification sont simplement retranscrites dans le « cahier des charges preneurs », non contractuel, et influent finalement peu sur la conception du bâti… ce qui est bien dommage au regard des coûts associés  très élevés, qui contribuent assurément au bien-être du Well Building Institute !

D’autres leviers pour agir sur le bien-être au travail ?

Appliqué à la construction de nouveaux espaces de travail livrés en blanc, ce sujet est complexe, et nécessite une approche globale, non réductible à une somme d’indicateurs :

  • Depuis la programmation des ouvrages :
-avec la remise en question de l’optimisation continue du ratio SU/SP, peu favorable à la création d’espaces de circulations généreux, éclairés naturellement et propices aux interactions et à la convivialité ;
-en anticipant l’installation d’espaces spécifiques, dédiés au sport, au repos, au contact avec la nature…
-en autorisant la création d’espaces de travail moins uniformes, mais tout aussi flexibles, capables d’accueillir de nouvelles façons de travailler.
  • Jusqu’à la conception architecturale, en intégrant des solutions jusqu’ici régulièrement écartées, comme des revêtements de sol en parquet, ou la suppression des faux plafonds pour laisser place à des systèmes techniques apparents et qualitatifs.

Quant à la façon de travailler dans ces espaces ainsi créés :  si la programmation et la conception peuvent être profitables au bien-être des futurs occupants, c’est à condition que soit opérationnelle une politique RH garantissant notamment la prise en compte des aspirations personnelles de chacun, et la co-construction du projet d’entreprise ! C’est à ce défi interne qu’ETAMINE, forte de son organisation en SCOP, essaie  justement de répondre au quotidien…

 

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