[Dossier Hors-site] # 23 - Garantir la performance énergétique afin de massifier les rénovations « zéro énergie » : le défi ultime des rénovations « hors site »

La réalisation « hors site » des réhabilitations thermiques et énergétiques des bâtiments présente de nombreux avantages à la fois pour les maîtres d’ouvrage et des occupants : réduction des nuisances, de chantier, intervention en site occupé, … Pour autant, malgré les bénéfices liés à l’industrialisation des procédés, le coût des travaux en constitue inévitablement un frein majeur. La garantie de performance énergétique, ainsi que le concept de Split Incentive, constituent des leviers importants pour faciliter le passage à l’acte et contribuer à résoudre l’équation économique des réhabilitations performantes.

Le syndrome des thermiciens

La plupart des thermiciens spécialisés dans la conduite d’audits énergétiques pourront en témoigner : quelle frustration, après avoir réalisé et présenté les conclusions d’un audit énergétique, de trop rarement voir la solution la plus ambitieuse retenue par les maîtres d’ouvrages. Or ces solutions (facteur 4 ou plus, soit une consommation énergétique divisée par 4) sont souvent celles qui offrent le meilleur temps de retour. En cause, essentiellement le raisonnement en coût des travaux, et non en coût global (intégrant le temps de retour). 

Un second facteur joue indéniablement : le crédit apporté aux résultats de l’audit en termes de projection. En effet, si les outils utilisés aujourd’hui par les thermiciens deviennent, notamment avec l’utilisation des simulations thermiques dynamiques, assez précis et fiables, les mauvais retours d’expériences, liés essentiellement à la qualité de mise en œuvre, ont contribué à faire douter les maîtres d’ouvrages sur tout possible retour d’investissement lié aux économies d’énergie.

Deux outils pour faciliter les rénovations ambitieuses

La garantie réelle de performance énergétique, établie contractuellement lors de la mise en œuvre d’un contrat d’exploitation maintenance, voire, idéalement de conception-réalisation-exploitation-maintenance (ou Marchés Globaux de Performance pour les marchés publics), va permettre la sécurisation du maître d’ouvrage sur la consommation ultérieure du bâtiment. Elle implique nécessairement des coûts supplémentaires, à deux niveaux : d’une part le titulaire du marché va devoir rechercher une garantie auprès d’une assurance afin de supporter le risque de non atteinte des performances. D’autre part, le suivi de cette performance implique la mise en œuvre de capteur et d’outils de mémorisation des données enregistrées. 

Couramment mis en œuvre aux Etats Unis et au Canada, le concept du Split Incentive s’appuie sur le constat que les économies d’énergie importantes qui peuvent être générées par les travaux de réhabilitation bénéficient in fine aux occupants. Le Split Incentive a été imaginé afin de faire participer les occupants à la part énergétique de l’investissement. Il s’agit donc de partager l’investissement entre, d’une part, la rénovation thermique et esthétique (l’enveloppe), qui rafraîchit et pérennise le bien immobilier, et, d’autre part, les investissements contribuant à l’efficacité énergétique, et donc à la réduction des charges des occupants.

Lorsque les économies d’énergie sont conséquentes, le concept de Split Incentive va ainsi permettre la prise en charge par les occupants de 30 à 40% des travaux de réhabilitation

Les atouts de la construction hors site afin de garantir la performance réelle

Les retours d’expérience sur les rénovations lourdes montrent que la performance énergétique des bâtiments rénovés reste globalement en deçà des objectifs souhaités . Selon l’étude CEREMA réalisée dans le cadre du PREBAT, une partie significative de ces écarts provient de la performance réelle des composants, mais aussi des conditions de mise en œuvre et enfin de la gestion des équipements.

La construction hors site est en capacité de répondre, par nature, à la plupart de ces problématiques grâce à l’industrialisation des méthodes, au contrôle qualité effectué en usine avec plus de facilité. 

La solution MIREIO, une réponse globale

MIREIO est un groupement d’entreprises regroupant un bureau d’études thermique et environnemental, NETALLIA, une entreprise générale de construction modulaire bois, SELVEA, et une filiale commune, la SAS MIREIO. La SAS MIREIO est une Société d’Economie d’Energie qui assure le pilotage des projets de réhabilitations, puis leur exploitation pour en assurer la garantie réelle de performance énergétique.

Spécialement conçue pour permettre une réhabilitation de bâtiments occupés, la solution MIREIO permet de donner une nouvelle jeunesse aux bâtiments d’enseignement, à ceux d’habitat sociaux ainsi qu’aux immeubles tertiaires grâce à une peau extérieure intégrant les moyens de chauffage, de ventilation et de rafraîchissement. Le système énergétique utilisé et son dispositif de supervision intégré confèrent au bâtiment des performances inégalées (division par 8 à 10 des consommations énergétiques). 

INSPIRE : Une première référence pour MIREIO

La réhabilitation de l’immeuble INSPIRE a permis au groupement MIREIO d’expérimenter concrètement sa solution, tant sur le plan technique que sur le plan de son financement. 

Ce bâtiment de 1300m² sur 3 niveaux, abritera un restaurant, une micro crèche, un espace de coworking et des bureaux. Devenu une friche industrielle après 8 ans d’arrêt de construction, ce bâtiment a été livré en septembre 2020 par le consortium MIREIO. Le projet, à énergie positive, a été reconnu au niveau OR dans la démarche Bâtiment Durable Occitanie (BDO).  

Le concept de Split Incentive est expérimenté auprès des différents locataires du bâtiment, au travers d’un Contrat de Service Energétique. Par ce contrat, les occupants disposent d’un niveau de service à prix garanti pour le chauffage, rafraîchissement, ventilation et éclairage. Le contrat stipule les incidences financières éventuelles des écarts de chauffage ou de rafraîchissement par rapport à des conditions « standard » d’usage (exemple 21°C en hiver, 26°C en été). Le montant de la redevance énergétique forfaitaire demandée aux occupants est comparable aux charges habituellement constatées, mais leur coût de revient effectif, du fait de la performance du bâtiment, est considérablement réduit. Ajoutée à la production photovoltaïque en partie autoconsommée et en partie revendue, ces ressources, garanties par MIREIO, ont pu contribuer au financement du projet à hauteur de 400€HT/m² environ.

 

Article signé Philippe Guigon, président de MIREIO

https://www.mireio.fr/

 

Consulter l'article précédent :  # 22 - Une maîtrise des transferts d’air et d’humidité au bénéfice de la performance

 


           

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Crédits photos : MIREIO

 

 

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