[Édito] Isolants biosourcés, l'heure de la révolution a sonné

1724 Dernière modification le 22/01/2024 - 12:37
[Édito] Isolants biosourcés, l'heure de la révolution a sonné

Dans vos résolutions de nouvelle année, vous avez décidé de dire STOP aux isolants énergivores et carbonés ? C’est décidé, vous ne voulez plus d’isolants chimiques et ultra-transformés ? Nous avons la solution pour vous : les isolants biosourcés.

Vous êtes un inconditionnel du bois ? Vous avez toujours eu une tendresse pour le chanvre ? Vous ne savez pas lequel choisir ? Ne vous inquiétez pas, ce ne sont pas les options qui manquent. Lin, coton, herbe, paille, papier, carton, etc. ; sous forme de panneaux, de rouleaux, de blocs, en vrac ou en projection in situ, etc. : tout le monde y trouvera son bonheur. Et si vous êtes un inconditionnel des filières locales, des labels seront là pour vous satisfaire.

À l’heure actuelle, les isolants biosourcés sont reconnus pour leur impact positif sur le confort thermique d’été des bâtiments. En effet, cette thématique est de plus en plus prégnante en raison du changement climatique qui entraîne une augmentation des fréquences et de l'intensité des vagues de chaleur.

Il est aujourd’hui clairement établi que les isolants biosourcés jouent un rôle plus important que les autres sur l’amortissement et le déphasage de l’onde de chaleur traversant les parois opaques, sans perdre de vue que le principal facteur d’amélioration du confort thermique d’été reste la limitation des apports solaires par les baies vitrées. Soulignons par exemple que dans le cas des régions tropicales ultramarines, les apports de chaleur par la toiture représentent 70% des apports internes d'un habitat, conférant aux isolants biosourcés un rôle primordial.

Par ailleurs, de par leur capacité à stocker le carbone biogénique pendant toute leur durée de vie, les isolants biosourcés contribuent à l’atteinte des objectifs de neutralité carbone du bâtiment à l’horizon 2050. Notons toutefois que si l’usage de l’ACV dynamique dans la RE2020 avantage les matériaux biosourcés, l’application du nouvel amendement A2 de la NF EN 15804 les pénalise fortement.

Si les isolants biosourcés apparaissent aujourd’hui inévitables pour répondre aux enjeux de la RE2020 et aux objectifs de neutralité carbone, de nombreuses transformations semblent nécessaires pour contribuer à la massification du secteur. Différentes pistes de travail émergent :

  • Repenser la conception des bâtiments en faisant évoluer les références mentales modelées par l’ère du béton ;
  • Améliorer la reconnaissance technico-réglementaire des isolants biosourcés – par exemple, dans le moteur de calcul RE2020, l’ensemble des caractéristiques de ces matériaux ne sont pas prises en compte ;
  • Résoudre les problématiques des coûts de construction et de la mise en œuvre en phase chantier – en s’intégrant dans les processus de préfabrication par exemple ;
  • Renforcer les actions de formation (initiale et continue).

Tous à notre niveau, nous avons la capacité de contribuer à la révolution des isolants biosourcés qui se profile. Bonne lecture et à vous de jouer !

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