Ecoles primaires et maternelles : devenez champions des économies d’énergie avec ACTEE CUBE.Ecoles !

Ecoles primaires et maternelles : devenez champions des économies d’énergie avec ACTEE CUBE.Ecoles !

 

Le concours d’économies d’énergie CUBE pour les scolaires s’étoffe à la rentrée 2022. Avec son nouveau programme CUBE.Ecoles, les écoles primaires peuvent dorénavant participer au grand concours national des économies d’énergies. Educatif et ludique, le concours porté par l’Ifpeb et le Cerema et financé par le programme ACTEE de la FNCCR, fédère les élèves, la communauté éducative, ses personnels techniques et les familles pour viser des économies d’énergies faciles à mettre en place et peu coûteuses. Qui sera le prochain champion ? Véronique Richalet, Directrice du projet CUBE.Ecoles au Cerema nous en dit plus sur le programme.
 

En quoi consiste le projet ACTEE CUBE.Ecoles ? 


Nous avons lancé officiellement le programme en novembre 2021 lors du Salon des Maires. C’est une déclinaison du programme CUBE.S (sur les collèges et lycées) adapté aux écoles. Du fait du plus jeune âge des élèves (maternelles et primaires), il a fallu adapter le programme de mise en œuvre des actions d’économies d’énergie. De plus, contrairement à CUBE.S, CUBE.Ecoles comprend un accompagnement des services techniques.


Concrètement, des équipes projets sont constituées au sein des écoles. Idéalement, elles incluent un technicien en charge du suivi de l’école, un représentant du personnel de l’éducation nationale et un personnel de mairie (gardien, ATSEM, animateur du périscolaire…). Tous les occupants du bâtiment et tous ceux qui contribuent aux réglages de ses équipements peuvent intervenir dans le cadre des économies d’énergie et du concours.


Le concours d’économies d’énergie se déroule pendant un an et le suivi perdure au-delà de l’année du concours pendant 4 ans. 

 

Sur quels leviers les écoles peuvent-elles agir pour engendrer des économies d’énergie ? 

Que ce soit sur une école ou pour tout autre bâtiment, pour réaliser des économies d’énergie, il faut souvent agir sur différents leviers. On pense tout de suite à des travaux de rénovation et d’isolation, au remplacement de la chaudière, mais ces actions sont souvent onéreuses et pas forcément les premières à mettre en place lorsqu’on a un vaste patrimoine, ou lorsqu’on est une petite collectivité et qu’on n’a pas tous les moyens. 


Le deuxième levier, c’est lorsqu’on agit sur l’exploitation-maintenance, en premier lieu les réglages des installations techniques. Le dernier levier consiste à travailler avec les occupants sur les meilleurs usages. C’est sur ces actions à faible investissement, que le programme Cube est dédié. Nous travaillons sur les usages, l’accompagnement au changement, l’optimisation du réglage des installations et une meilleure collaboration entre équipe technique et occupants. Un meilleur dialogue entre les parties favorise cette optimisation, et souvent il est inexistant.


Suivant l’expérience du programme CUBE dans le tertiaire et CUBE.S dans les collèges et lycées, on sait que grâce à cela, on peut facilement atteindre des économies d’énergie de 10%. Celles-ci peuvent atteindre 20 à 30% lorsque les bâtiments sont mal utilisés ou mal réglés à l’origine. 


Quelles sont les réticences habituelles que vous rencontrez sur le terrain ? 


La technique n’est pas toujours comprise. On a par exemple des dispositifs de réglage qui ne sont pas adaptés aux personnes qui les gèrent et pas suffisamment intuitifs. Il faut aussi faire prendre conscience de comportements parfois irrationnels. Cela conduit à de l’éclairage qui reste allumé alors qu’il fait grand jour, ou durant une période d’inoccupation, par manque de prise de conscience, par habitude, ou simplement parce que l’interrupteur est trop loin. Il y a tout un tas de biais qui fait que l’être humain n’adopte pas toujours le bon comportement et cela même s’il est investi dans une démarche écocitoyenne. C’est en faisant connaître toutes ces réticences au changement que nous formons l’équipe projet dans le cadre du concours. C’est ce qui permet d’avoir de bons résultats. 


Sur les résultats justement, quelles sont vos attentes sur la capacité à mobiliser au sein d’un établissement ?


Si je me réfère à l’expérience de CUBE.S, qui vient de publier un petit essentiel sur deux saisons menées en collèges et lycées, illustré par des actions intéressantes, on comprend bien que la réussite de la démarche repose en partie sur la créativité qu’il peut y avoir chez les élèves lorsqu’ils sont entraînés dans une démarche ludique et écocitoyenne. 


On se rend compte du fort intérêt des enfants pour le diagnostic afin d’identifier où peuvent être faites les économies d’énergie. Ils sont capables en déambulant de mettre en évidence les défauts de fonctionnement. On a été assez époustouflés de ce côté. Leur créativité va aussi permettre de mobiliser et d’attirer les occupants vers les écogestes grâce à des supports originaux qu’ils conçoivent eux-mêmes : affichettes, escape game, journaux télévisés pour les autres élèves…


Le projet est aussi très fédérateur au sein des établissements. Il créé du lien entre des gens qui ne se parlent pas habituellement, et ça met en valeur le travail des personnels techniques. C’est l’agent technique lui-même qui va expliquer ce qu’on trouve en chaufferie par exemple, c’est très intéressant pour lui de faire comprendre son métier. Cela va générer une discussion, une première étape qui va ensuite pouvoir entraîner un changement de pratique plus global.  


Il s’agit d’une véritable démarche pédagogique menée auprès des élèves ? 


Nous cherchons à les rendre plus conscients de l’énergie qui les entoure. Cela s’intègre dans les programmes d’enseignement au développement durable (EDD) de l’Education Nationale. Cependant, s’il est facile de travailler sur les déchets ou sur l’alimentation, ça l’est beaucoup moins de travailler sur l’énergie, c’est moins palpable, surtout pour les plus petits. Grâce à Cube.Ecoles on peut leur faire comprendre ce qu’il se passe dans le bâtiment, découvrir ce que c’est que la chaleur. Avec une caméra thermique, on montre l’exemple du vêtement, plus ou moins isolant selon les cas, et ainsi on fait mieux comprendre son fonctionnement et son utilité. A l’aide d’un petit guide illustré, on les associe au repérage des installations consommant de l’énergie à l’école et à la maison en leur expliquant les bons gestes.


Nous rendons également les actions visibles au sein du territoire. Les écoles peuvent organiser des événements et les élèves rentrent chez eux avec des petits kits comprenant un thermomètre et le guide de l’éco-enquêteur pour qu’ils importent la démarche à la maison. Ils ont également un jeu quizz à partager avec leurs frères et sœurs et leurs parents pour travailler sur ce que c’est l’énergie et le développement durable. L’idée, c’est de montrer qu’on entre dans une démarche d’action.  


Sur cette première édition, combien d’établissements comptez-vous mobiliser ? 


Cette première édition du concours va débuter en septembre 2022 et s’étendra jusqu’en août 2023. Actuellement une vingtaine d’écoles sont en lice, et nous attendons encore des établissements car un nombre important de collectivités ont fait part de leur intérêt. Le programme est initié par l’Institut Français pour la Performance du Bâtiment (Ifpeb) mais est piloté par la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR) qui est financeur via un programme de certificats d’économie d’énergie Action des Collectivités Territoriales pour l'Efficacité Energétique (ACTEE). Nous visons au total 200 écoles inscrites. La remise des prix aura certainement lieu en décembre 2023. 


Comment est organisé le programme ?

 
Le ministère de l’Éducation Nationale est attentif à ce que les intervenants auprès des élèves les plus petits soient vraiment des enseignants. Le Cerema va donc plutôt accompagner les adultes de l’école avec les équipes techniques de la Mairie pour mettre en place la démarche et établir un plan d’économies d’énergie. Il y a une réunion de montage avec la collectivité pour identifier les acteurs à mobiliser et comprendre le contexte et l’organisation de la collectivité. Après une réunion de cadrage pour s’organiser avec les équipes projets des écoles, ont lieu deux ateliers : un atelier avec les équipes techniques sur les installations techniques mais aussi sur les aspects « humains » d’une telle démarche, et un autre avec les équipes éducatives sur les notions d’énergie et de confort et sur des idées d’actions à réaliser avec les enfants. Nous proposons également une formation-action au pré-diagnostic de l’école et mettons à disposition des équipes projets des ressources techniques et pédagogiques (jeux, expériences, guides de l’éco-enquêteur à l’école et à la maison...).


Une fois que le plan d’action est élaboré conjointement sur les aspects techniques, usages et pédagogiques lors d’une première réunion de réseau, nous accompagnons l’ensemble des acteurs au cours de deux autres réunions. Ces réunions visent à suivre les actions mise en place, encourager les équipes, favoriser les échanges et les retours d’expérience… pour en fin d’année réaliser le bilan du plan d’action, avec le calcul des économies d’énergie qui est réalisé par l’Ifpeb sur la plateforme de saisie des données de consommations.  


Candidater et plus d’informations : www.cube-ecoles.org

 

Propos recueillis par Grégoire Brethomé - Construction21

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