[DossierFormation] #7 - Le monde du BTP est en première ligne du combat contre le changement climatique

La performance environnementale du bâti est un domaine en constante évolution, qui nécessite une mise à niveau permanente des connaissances de l’ensemble des opérateurs du secteur. Les jeunes diplômés, ou personnes en reconversion professionnelle doivent pouvoir accéder à une formation leur permettant de monter en compétences et aux seniors de rester dans l’emploi.

Le potentiel d’économies d’énergie sur le parc existant est colossal et représente le premier gisement de négawatts en France. Dans le logement, des maîtrises d’œuvre de réhabilitation énergétiques aboutissant à des diminutions de consommation supérieures à 50% sont courantes, et ce depuis les années 80.  Les réglementations et les stimulations se font de plus en plus pressantes, avec des objectifs de résultat désormais incontournables. Sur le tertiaire le dispositif éco énergie impose la réalisation de 60% d’économies d’énergie réelles en 2050.

Le marché ne dispose pas à ce jour de professionnels compétents en nombre suffisant pour répondre aux sollicitations des maîtres d’ouvrages.

L’association Qualibat a constaté en 2018 une baisse de 9 % du nombre d’entreprises qualifiées RGE, qui est passé de 62 000 à 56 000. En nombre, mais aussi en qualité, avec un déficit avéré de professionnels « éco-énergéticiens », disposant d’une vue globale des enjeux de rénovation énergétique. 

Le sujet est éminemment vaste. Au-delà des compétences techniques en énergétique et thermique, réussir une bonne rénovation globale nécessite de maîtriser tous les corps d’état du bâtiment, mais aussi des disciplines non techniques comme le droit de l’urbanisme, le montage financier de projet, ou encore le contrat de performance énergétique.Car réussir la transition énergétique, ce n’est pas seulement concevoir la façade la mieux isolée ou le moyen de chauffage le plus efficace, c’est maîtriser l’ensemble des compétences qui concourent à une performance énergétique durable.

Comprendre, décider, concevoir, réaliser, exploiter, voilà les étapes auxquelles sont confrontées les entreprises du secteur, quelle que soit leur position sur la chaîne de valeur. A chacune de ses étapes correspondent des savoir-faire et des compétences différents. Face à cette réalité, les acteurs de la formation sont appelés à innover.

Quel rôle pour la formation professionnelle ?

Lorsqu’on entre en formation, on accède à de nouvelles notions. Plus on interagit mentalement avec le contenu, mieux on comprend. Il s’agit d’un travail d’aller-retour permanent entre les informations auxquelles  on accède et les connaissances, les représentations, stockées dans la mémoire à long terme. Cette création de liens est indispensable à la compréhension. Elle se forge dans la mémoire de travail, qui est limitée et de court terme. Il est donc crucial de ne pas la surcharger, et de respecter son rythme.

Les nouveaux entrants, jeunes diplômés ou reconvertis, sont en demande d’innovation pédagogique. De la même manière qu’ils veulent changer le monde en devenant acteurs de la transition écologique, ils attendent des réponses différentes en matière d’offre de formation. Il faut alors choisir la méthode pédagogique adaptée.

Revenons sur les pratiques pédagogiques classiques.

La présentation magistrale :

Elle permet de transmettre un maximum d'informations en un temps court. Elle est scénarisée et offre une gestion du temps facile. Le public est d'effectif illimité car elle est reproductible à l'infini.

L'acquisition des connaissances en se basant sur les connaissances déjà acquises par les apprenants :

Souvent articulée autour d'un système de questions/réponses ou le jeu implique fortement les apprenants, cela développe leur curiosité et les incite à poser beaucoup de questions à leur tour. Le questionnement est préparé d'avance, ce qui garantit une progression pédagogique adaptée.

Les réponses apportées par les apprenants permettent d'évaluer au fur et à mesure leur niveau de compréhension. Le retour est immédiat à la fois pour le formateur et pour les stagiaires. Le formateur doit maîtriser l'écoute et le questionnement, il doit veiller à motiver tout le groupe. Pour cela, il faut être capable de proposer du contenu en fonction du profil de l’apprenant. Il en existe quatre grands types :

 

 

La motivation au départ extrinsèque doit ensuite devenir intrinsèque au fil de la formation pour faciliter les apprentissages. Des contextes de travail comme les émotions positives, la qualité de l'accueil, la bienveillance, la coopération, l'écoute, et le sentiment de sécurité permettront de développer ce type de motivation.

Mais par-dessus tout, les apprenants ont besoin de concret. Ils n’attendent souvent pas de réponse technique miraculeuse mais plutôt un savoir qui pourra les aider à la mise en œuvre mais une exigence sur l’empreinte environnementale. Ils veulent des cas pratiques basés sur l’expérience de professionnels du métier avec une pédagogie classique centrée sur leur métier mais aussi capable d’utiliser les nouveaux outils digitaux comme l’indique l’ingénieur Hippolyte OUDIN que nous avons interviewé à la fin de sa formation : 

« La formation Chaufferie Ventilation répond en tout point aux attentes que peut avoir un ingénieur junior œuvrant pour des missions de maîtrise d’œuvre en rénovation énergétique. Les formateurs transmettent un contenu concret tout au long de la formation. Après une brève partie de présentation comportant du vocabulaire et de la nomenclature, nous sommes très vite plongés dans des études de cas, ce qui rend la formation interactive et très instructive. L’expérience des instructeurs nous permet d’acquérir des automatismes selon les cas et les types de projets, dans un but d’optimisation et de diminution des consommations énergétiques. »

Une image contenant personne, homme, mur, debout

Description générée automatiquement

Les formations dans le domaine de la transition énergétique devraient systématiquement respecter quelques prérequis :

  • S’inscrire dans un contexte global, en rappelant l’écosystème de la transition énergétique
  • Viser la durabilité, en privilégiant des approches éprouvées, fiables et pérennes
  • Démontrer la faisabilité, en s’appuyant sur des cas concrets vécus par les formateurs.

Les acteurs et les financeurs sont aujourd’hui conscients de l’importance de la mise en place de dispositifs de formation « sur mesure » et centrés sur les besoins en compétences des personnes à former. Dans ce contexte, pour optimiser le volet économique et opérationnel d’une formation, le choix de la généralisation de l’Action de Formation En Situation de Travail (AFEST) pourrait permettre d’encore mieux cibler les savoirs et savoir-faire à transmettre et faire gagner un temps précieux aux opérateurs cherchant à monter en compétences.

Un article signé Alexandre Sevenet, Président de NEPSEN. 

 



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