[Dossier santé] #22 - Conseiller Médical en Environnement Intérieur, Biodiv’airsanté France vous explique.

Depuis maintenant plusieurs années la préservation de lenvironnement et de la santé sont devenues des sujets de vifs débats sur le plan national. Quil soit question de la qualité de lair (intérieur et extérieur), de la préservation de la santé des personnes, les professionnels et grand public ne savent pas toujours vers qui se tourner pour répondre à leurs problématiques environnementales.
De l
audit à la proposition de solutions personnalisées, focus sur l’activité CMEI, avec lentreprise Biodivairsanté France, spécialiste de la qualité de lair intérieur.

CMEI, un métier entre médecins et patients.

Dites-nous où vous vivez, comment vous vivez, nous tenterons de détecter ce qui vous affecte.. L’expertise CMEI, ou comment faire le lien entre pathologies et environnement intérieur.

Le métier de CMEI (Conseiller Médical en Environnement Intérieur), fut amorcé avec la formation créée par le Pr de Blay à Strasbourg en 2001 via la création d’un diplôme inter-universitaire.

Ces spécialistes sont appelés CMEI (Conseiller Médical en Environnement Intérieur). Aujourd’hui,  ils interviennent soit sur demande, soit sur prescription médicale, par le médecin (pneumologue, allergologue ou pédiatre essentiellement). En effet, un financement de l’Agence Régionale de Santé est prévu pour réaliser ces visites à domicile. Cela représente une centaine de patients par an, ce qui ne permet pas encore de couvrir l’ensemble des besoins réels en terme de prise en charge ou de prévention.

Cette activité devient centrale dans la prévention et le suivi des risques d’affections respiratoires au sein de la population française. C’est dans ce sens qu’a été déposé le 29 Septembre 2020 la "Proposition de loi nº 3370 », visant à améliorer sensiblement les conditions dhabitation et de vie des patients asthmatiques et des patients souffrant de maladies respiratoires".

On observe depuis quelques années la création de plateformes régionales permettant de faciliter laccès à ce service, notamment dans le Grand-Est et les Hauts-de-France. Dautres sont en construction, cest par exemple le cas en Nouvelle-Aquitaine grâce à la collaboration entre Biodivairsanté, le CH dAngoulême, la Mutualité Française et le laboratoire Analyzair.

Le rôle du CMEI


Actuellement, pour réaliser un diagnostic médical, les médecins peuvent essentiellement se fonder sur les tests dits « cliniques » et sur une enquête auprès du patient. Ils n’ont pas l’occasion de pouvoir se déplacer au domicile des patients suivis.

Les questions posées lors d’une consultation ne sont pas suffisantes pour prendre en compte l’entièreté des facteurs sociaux-environnementaux pouvant déclencher ou aggraver les symptômes observés.

Le malade pourra, consciemment ou inconsciemment, occulter certaines spécificités de son logement ou de ses habitudes, ayant pourtant un impact sur sa santé. Les causes sont généralement multiples, mais il apparait que le public le plus affecté est souvent dans une situation de logements insalubres ou à risques.

Même si le diagnostic est posé et que les conseils d’éviction sont donnés par le médecin, il est malheureusement parfois plus compliqué qu’il n’y parait au patient dadapter ces conseils à son cas particulier. Sachant quune éviction globale bien menée et adaptée a un effet majeur sur l’efficacité des traitements, il est important daider le patient à mieux prendre en charge sa pathologie chronique dans sa globalité.

La visite dun conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) à son domicile, peut intervenir en complément des conseils donnés par son médecin prescripteur. Le médecin aura alors à sa disposition un rapport d’analyses et un compte-rendu de visite lui permettant de confirmer ou non un diagnostic.

En-dehors de la détection des polluants dans l’habitat (évalués ou mesurés), il est alors possible pour les CMEI de montrer aux personnes suivies quels éléments de leur logement (ou habitude de vie) sont à modifier pour diminuer l’exposition aux allergènes affectant le patient suivi et éventuellement sa famille. L’éviction se doit d’être la plus complète possible et adaptée à chaque cas de figure.

De plus, la venue dun CMEI peut être loccasion de rassurer le patient, qu’il puisse s’exprimer sur l’historique et le contexte de ses symptômes, voire même dexprimer ses craintes et appréhensions. Il existe un véritable aspect social dans l’approche des CMEI de France.

Une visite à domicile, ainsi prescrite par un médecin, durera en moyenne 1h30 et abordera en détail le risque d’exposition du patient. Il est à noter que les CMEI peuvent intervenir dans le cadre d’asthme allergique, mais aussi dautres pathologies liées à lenvironnement (rhinite, PHS, BPCO ou hypersensibilité chimique multiple par exemple). Cela peut s'étendre aux logements de patient immuno-déprimés suivant des traitements lourds pour prévenir chez eux notamment l'aspergillose (liée aux spores de moisissures Aspergillus), ou dans le cadre de greffes ou de mucoviscidose.

Les compétences du CMEI

  • A l'issue de la formation, ils sont capables de :
    • Recueillir de façon rigoureuse des informations au domicile des malades souffrant d’une pathologie respiratoire en rapport avec un polluant domestique pour effectuer un audit de leur environnement intérieur.
    • Réaliser des prélèvements d'air et de poussière selon les recommandations normalisées pour mesurer les principaux polluants chimiques et biologiques de l'environnement intérieur.
    • Proposer des méthodes d'éviction des polluants chimiques et biologiques de l'environnement intérieur pour limiter l'exposition allergénique du malade.
    • Connaître les bases de réglementations concernant la qualité de l'air intérieur.
    • Connaître les différents partenaires techniques et institutionnels ainsi que leur fonctions respectives qui interviennent dans le domaine de l'habitat et la santé.


Les CMEI interviennent au domicile du patient et réalise un diagnostic relatif aux polluants et principalement au risque fongique de l’habitat expertisé.

La visite à domicile est étayée d'un questionnaire harmonisé sur l’ensemble du territoire, et complété si besoin par des analyses biologiques portant sur les acariens les moisissures et les composés organiques volatiles dans l’air ambiant. Mais aussi toute autre source potentielle de pollution.

Le diagnostic est transmis par compte-rendu au médecin et au patient. Le patient est aussi recontacté par l’intervenant afin de lui conseiller un ensemble de recommandations et de préconisations, qui peuvent aller du conseil de ventilation au traitement anti-acariens à l'éviction de plantes, animaux, matériaux, voire à des interventions plus structurelles sur l'habitat pour supprimer les ponts thermiques ou les remontées capillaires, responsables des moisissures, jusqu'à la demande de déménagement ou relogement.

Pour toute information complémentaire concernant la qualité de l’air intérieur ainsi que ses enjeux : Biodivairsanté France, Cabinet de conseils en santé environnementale

 

Article signé Bruno Tudal, Co-gérant Biodiv'AirSanté France

 

 

 Consulter l'article précédent :  #21 - La qualité de l’air dans les bâtiments construit avec des matériaux issus du réemploi

 


           

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