[Dossier Quartiers Bas Carbone] #17 - Les énergéticiens : des acteurs dans les projets bas carbone

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Communication EDF

2497 Dernière modification le 29/01/2020 - 11:30
[Dossier Quartiers Bas Carbone] #17 - Les énergéticiens : des acteurs dans les projets bas carbone

L’offre énergétique est aujourd’hui au cœur des projets d’aménagement et de construction, particulièrement pour des projets bas-carbone. Parce qu’énergéticien est un métier à part entière dans le développement territorial, EDF propose aux acteurs de tous les territoires une panoplie de solutions adaptées en rappelant l’importance de faire vivre l’intelligence collective pour définir la ville de demain. Entretien avec Jean-Pierre FrémontDélégué à l’Action Régionale du groupe EDF.

Quel est le regard d’un énergéticien, comme EDF, dès lors que l’on évoque transition écologique, énergie et territoires ?

Jean-Pierre Frémont – Vous posez ici la question de la résilience des territoires… cette capacité de rebond face à des catastrophes mais aussi face à cette mutation lente qu’est le changement climatique.

Le constat est connu et partagé : nous avons une augmentation tendancielle de la température qu’il  faut combattre mais aussi prendre en compte dans notre approche de l’aménagement et de la construction.

Agir sur l’aménagement dans toutes ses dimensions – du bâtiment à la rue, de l’îlot au quartier –   doit permettre de relever ce défi climatique. Rappelons qu’en France, le bâtiment est la première source de gaz à effets de serre avec près de 27 % des émissions devant le transport (25 %).

Dès lors que nous associons aménagement, énergie et résilience, les acteurs locaux disposent de grandes marges de manœuvre.

Il faut que nous travaillions sur des architectures qui nous permettent d’absorber les chocs que nous allons subir dans les années à venir.

Nous devons nous interroger sur la manière de construire pour avoir un bâti susceptible de s’adapter soit à l’augmentation de la température, soit aux crises – inondation, tempête, canicule. Il ne devrait pas y avoir construction qui se réalise sans cette approche.

Cela renvoie également à la création d’îlots de fraîcheur ou encore à la gestion de la perméabilité des sols.  Il existe des réponses curatives, parfois techniques, parfois plus simples, et des réponses préventives lors de la conception ou de l’aménagement. Parfois c’est du simple bon sens, parfois il faut innover.

Il faut enfin s’intégrer aux contraintes économiques de la construction. Il faut pouvoir commercialiser les bâtis construits, que les charges soient maîtrisées dans la durée, et l’exploitation facile et robuste.

S’il y a la résilience climatique, permettez-moi de ne pas oublier la résilience d’usage : il est important que les constructions que l’on réalise aujourd’hui soient durable. Elles doivent être capables d’héberger des activités humaines dans la durée. Il faut penser les évolutions futures de nos aménagements. L’exemple du futur village des athlètes de Paris 2024, pour lequel le Groupe EDF apporte son expertise en matière d’énergie, est de ce point de vue exemplaire : nous allons participer à la construction d’un nouveau quartier, écologiquement responsable, qui se projette autant dans l’accueil des athlètes en 2024 que des futurs audoniens pour les décennies suivantes.

 

 Jean-Pierre Frémont, Délégué à l’Action Régionale du groupe EDF

Concrètement, comment cela se passe-t-il lors de la réalisation d’un projet ? Comment faire travailler ensemble énergéticiens et acteurs des territoires ?

Jean-Pierre Frémont – Cela passe d’abord par la compréhension des besoins de ces acteurs. Il faut entendre les volontés des collectivités locales et comprendre l’histoire territoriale qu’elles écrivent.

Prenons l’exemple d’un bâtiment. Les décideurs locaux ne veulent plus simplement « une » construction… ils demandent « la » construction. Ils attendent d’un bâtiment qu’il prenne place dans un récit territorial, qu’il raconte quelque-chose le plus souvent en matière d’innovation.

Vous connaissez cela mieux que moi : en règle générale, nous construisons pour 100 ans.

Par le bâtiment, nous interrogeons quelque-part nos choix de société. Voulons-nous un bâtiment qui se muséifie ? Ou souhaitons-nous un bâtiment moins cher dont la durée de vie sera plus courte ?

En France, on a tendance à construire sous forme de filière humide : en béton. Les ossatures bois arrivent progressivement. Elles permettent d’avoir une souplesse d’implantation, et d’alterner des phases de déconstruction/reconstruction. Elles ont des avantages évidents en termes d’émissions de carbone, tout comme en matière de recyclage des matériaux ou de circuit court. D’un point de vue énergétique, cette filière permet de proposer de nouvelles implémentations de solutions.

Au-delà de la structure du bâtiment, nous devons également interroger les productions de CO2 sur les questions de chauffage et de transports.

Quand nous construisons une solution énergétique « bas carbone » pour un projet, nous prenons en charge l’ensemble de ces points.

Cette approche passe par des équipes pluridisciplinaires : le promoteur mais aussi l’architecte, l’urbaniste, le bureau d’étude, des énergéticiens ensembliers…

Notre approche a radicalement changé avec trois « drivers » importants : les émissions de carbone, le coût d’investissement et le coût à l’usage.

Ce nouveau regard sur l’énergéticien – acteur d’un projet, catalyseur de réussite et vecteur de responsabilités – doit interpeller tous ceux qui pensent et font l’aménagement.    

En un mot, il en est fini du projet qui considérait l’aspect énergétique comme une simple question de raccordement. L’énergie fait, quelque-part, partie des matières premières à savoir modeler pour imaginer un projet.

 

 

 

Vous avez utilisé à plusieurs reprises la notion de bâtiment « bas carbone »… Qu’entendez-vous par là ? Avez-vous des exemples ?

Jean-Pierre Frémont – Pour nous, l’aménagement de demain doit être « bas carbone ». Il doit veiller aux émissions de CO2 qu’il produit… qu’il s’agisse de constructions, de rénovation ou d’usages au quotidien.

Construire « bas carbone », signifie d’abord savoir « décarboner » les projets…. Cela peut prendre le chemin de l’optimisation de la dimension énergétique d’un projet, de la modélisation des conditions de conception d’un bâtiment performant ou encore du développement de projets d’autoconsommation permettant de coupler ENR et usages électriques, sans oublier les réseaux de chaleur qui peuvent être des solutions à très haute performance carbone.

Et parce que « logement bas carbone » et « mobilité propre » ont un destin commun, nous devons anticiper dès à présent, dans tous les projets de construction, le juste dimensionnement des bornes de recharge de véhicules électriques.

Rénover « bas carbone », signifie ensuite d’enclencher tous les leviers visant à améliorer le patrimoine bâti existant. Nous savons que les trois quarts du patrimoine de 2050 existent déjà. Il s’agit là d’un enjeu essentiel : les technologies et méthodes de rénovation doivent être améliorées et rendues moins coûteuses. L’efficacité énergétique ne suffira pas à assurer la neutralité carbone, il faudra obtenir la neutralité de l’énergie consommée : pompes à chaleur adossées à une électricité décarbonée, chaleur renouvelable notamment dans les réseaux de chaleur, bois-énergie, géothermie, biogaz... autant de sujets qui font notre quotidien au sein du groupe EDF.

Ancrer le « bas carbone » au quotidien, c’est enfin trouver une gestion énergétique du patrimoine et offrir aux habitants des services nouveaux et innovants pour une performance énergétique de tous les jours. N’oublions jamais que dans chaque construction résideront, au quotidien, des femmes et des hommes !

Faciliter la gestion administrative des charges énergétiques, conclure des contrats modulables sur des durées adaptées, garantir la consommation de la juste quantité d’énergie avec un approvisionnement sécurisé, simplifier l’ouverture du contrat d’énergie pour un nouvel occupant avec des outils de suivi et de pilotage de la consommation, et bien sûr, apporter des solutions aux occupants en situation de précarité... en voici des réponses à apporter.

Parmi les projets qui s’inscrivent dans cette logique « bas carbone », je pourrais citer le programme Ydeal Confluence à Lyon, pour lequel les équipes du groupe EDF ont été mobilisées.

D’ici la fin de l’année, cinq bâtiments totalisant 12 000 m2 accueilleront une centaine de logements, une résidence étudiante, des bureaux, des commerces et une crèche… et intégreront une installation photovoltaïque en autoconsommation collective. Là où le taux de couverture plafonne généralement autour de 20%, l’ambition est de satisfaire jusqu’à 50% des besoins avec l’énergie solaire.

Quel serait pour vous le mot clé des prochaines années en matière d’aménagement ? Le « bas carbone » ?

Jean-Pierre Frémont – Oui, pour nous, le « bas carbone » doit entrer dans le vocabulaire de l’aménagement, de la construction, de la ville… Mais ce n’est pas qu’une affaire de mot, c’est aussi une question de responsabilité : nous avons la responsabilité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre pour préparer un avenir soutenable.

Au-delà du « bas carbone », j’aimerais insister sur la notion « d’adaptabilité » qui résume le mieux ma pensée.

Nous devons nous adapter au changement climatique. Nous devons adapter nos projets à ce nouveau paradigme. Nous devons aussi adapter nos projets à la réalité des territoires : le « prêt à aménager » est passé de mode ! C’est désormais une approche « sur-mesure » que nous appliquons.  

Pour cela, nous portons la conviction qu’il faut comprendre et connaitre un territoire pour savoir en tirer le meilleur. 

 

C’est fort de cette conviction qu’EDF a conçu un module en ligne gratuit qui permet de générer un premier bilan énergétique d’un territoire et d’identifier son potentiel « bas carbone ».

En un clic, les décideurs locaux peuvent découvrir la consommation énergétique de leur territoire, calculer ses émissions de CO2 qu’elles relèvent par exemple de la mobilité ou de la présence d’industries mais aussi d’analyser le potentiel en Énergies Renouvelables. Cela peut sembler du bon sens mais, nos solutions – notamment en matière d’ENR – ne sont pas les mêmes au Sud-Ouest ou dans l’Est de la France.

Avec ce premier bilan en ligne, nous parvenons ainsi à lier « aménagement », « bas carbone » et « adaptabilité ».

Additionnons nos compétences, notre expérience et nos capacités à innover. Nous avons tous à y gagner. L’époque n’est pas à la tergiversation mais bien à la lutte contre le réchauffement climatique et à la résilience active et volontariste

 

Entretien avec Jean-Pierre Frémont, Délégué à l’Action Régionale du groupe EDF

 

En savoir plus : https://www.edf.fr/collectivites/transition-energetique/bilan-energetique-de-votre-territoire

 

Consulter l'article précédent : [Dossier Quartiers Bas Carbone] #16 - Plus de ville = moins de carbone : l’exemple du projet urbain Lyon-Confluence


           

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