[Dossier Quartiers Bas Carbone] #21 - Castelnouvel : trois leviers pour un éco-quartier économe et bas-carbone

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La rédaction C21

7265 Dernière modification le 04/02/2020 - 12:33
[Dossier Quartiers Bas Carbone] #21 - Castelnouvel : trois leviers pour un éco-quartier économe et bas-carbone

Grâce à la planification et à des techniques d’aménagement, l’aménageur souhaite contribuer à des réponses effectives aux questions sociétales. Le projet Castelnouvel à Leguevin (31), développé par ARP Foncier et Sater pour accueillir une population en attente de confort et de services, se veut être un quartier démonstrateur de solutions innovantes pour répondre aux nouveaux enjeux de l’aménagement durable. Notamment les émissions carbone évitées sont évaluées et reposent sur trois principaux leviers.

La commune se situe en deuxième couronne du bassin d’emploi aéronautique toulousain. La croissance moyenne y oscille entre 3 et 5% par an depuis 25 ans. La demande de maisons avec jardins fait notamment partie des critères de localisation des cadres européens salariés d’AIRBUS. La commune développe aussi un projet d’accueil d’entreprises à proximité.

Le projet prévoit d’accueillir 3000 habitants en 10 ans, il est conçu comme un projet d’ensemble réalisable par tranches successives. Le quartier est bâti autour d’un axe principal où les TC passeront, avec doubles plantations, mais les voies des sous-ensembles sont hiérarchisées et permettent à chaque nouveau résident d’habiter une rue personnalisée, avec un paysage urbain et végétal propre à sa rue, ses arbres, ses haies, son architecture.

Présentation du projet

 

Le quartier dans sa conception économisera plus d’1 tonne de CO² par logement et par an : (1300t/an) grâce aux plantations 450 t./an, aux économies de mobilités 600 t/an économies d’énergies bâtiment 250 t (option géothermie), à la qualité du bâti (éviter les polluants chimiques..).

 

La réduction de la place de la voiture

La situation a été choisie pour sa relation avec le bassin d’emploi et la desserte routière RN 224, sa connexion avec la prévision de l’axe SCOT qui fera la liaison à la gare SNCF de Colomiers, la commune ayant aussi une gare à 2km desservie par des navettes communales.

Entre le collège et l’école. Cette situation économise 15% des trajets quotidiens qui sont scolaires, pour que ces trajets se fassent à pieds, la proximité est une condition au déplacement piéton. Cela évite de passer par le cœur de ville. Le développement de trajets à pieds est l’une des conditions principales de la bonne santé des enfants et de toute la population (cf programme de l’ARS contre les maladies cardio…). D’une façon générale la conception de l’espace public avec ses voies vertes piétons et cycles mailleront d’est en ouest et du nord au sud l’ensemble des secteurs pour favoriser les mobilités actives.

Des services, commerces de proximité, une médiathèque, une maison médicale, le syndic des mobilités, et une restauration légère…sur 1200 m² de SP sont prévus près de l’école. En outre sur l’espace vert central, la ferme d’aquaponie (avec AMAP) sera implantée avec la maison de la nature et du projet. Il est visé un échange de services et relations dans les deux sens, du quartier vers la ville, et de la ville vers le quartier.

Pour réduire la place de la voiture, le projet met en place plusieurs systèmes d’écomobilités qui visent à éviter la deuxième voiture. Dès le début du projet, les nouveaux habitants profiteront de voitures électriques en autopartage, de plateforme de covoiturage, le quartier permet le développement des navettes vers la gare SNCF, il entame sur ~1km la réalisation de l’axe vers Colomiers, un syndic des mobilités permettra d’informer, former les habitants et fluidifier ces usages nouveaux. Ces solutions pourront être étendues au centre de la commune.

Les services d’écomobilité sont répartis dans l’ensemble du quartier sur des pôles de proximité, dans des cours dédiées à l’autopartage électrique et au stationnement des visiteurs.

Ils sont également concentrés sur le pôle de centralité à proximité de l’école, du gymnase, des commerces et des services, avec en plus 3 emplacements de covoiturage, et une station de recharge. Deux arrêts de la navette réaménagée complètent le dispositif dans l’écoquartier.

Ecomobilité une offre alternative – les moyens de substitution à la 2ème voiture

 

La place du végétal

L’un des axes voulus par la commune est d’inclure une forte présence de la nature, une régénération de la biodiversité dans ce quartier résidentiel avec plus de 3000 arbres plantés et à terme 10 km de haies de jardins (sans compter les arbres du bois conservé), soit 2,5 arbres par logement, soit près de 1 arbre par habitant, une forêt urbaine en pleine terre, non sur dalles, avec 65% de l’espace de plaine terre.

Les éléments naturels ont été étudiés sur 4 saisons et sont sauvegardés dans le bois, les fossés et les deux mares et la prairie en cœur d’opération qui constituent plus de 12% de l’opération.

L’espace est libéré par les voitures en rez-de-chaussée des immeubles sous le 1er niveau, pour éviter les nappes de voitures, permettre de planter plus et d’imperméabiliser moins, sans sous-sol couteux et difficile à gérer. Le PLU autorise des immeubles en R+ 3 en attique si parking en RdC.

L’impact sur la santé et le confort des habitants de la nature en ville est visé par plusieurs mesures : 

- l’éloignement de la pollution pour les habitants.

- pour les enfants la proximité de la pollution est significative : ici on évite les 40% d’enfants asthmatiques à proximité des voies de circulation de 15 000 véhicules jours,

- 450 t carbone/an seront captées par la végétation plantée,

- la présence végétale en ville permet une meilleure santé psychologique,

- les particules fines sont filtrées (à hauteur du quart des particules dans un rayon de 100m autour de l'arbre).

- la quantité de microbes diminue dans l'air à proximité des arbres (il en faut donc beaucoup)

- En été, la température par l'ombrage, diminue de 4 à 8 °C par rapport à de la simple densité.

- Les arbres permettent l’infiltration et la rétention des eaux, ils participent au cycle évaporation-précipitations, l’infiltration est de 50% en sol naturel, 38% en périurbain et 15% en zone urbaine.

Les plantations se feront en bio selon le cahier des charges des plantations dans l’opération.

La compensation agricole étudiée permet de produire dans une ferme d’aquaponie (en cours de finalisation) ~10 t de poisson, et 50 t de légumes / an sur le site (4000m²), en qualité bio (sans le label car hors sol). Elle se fera avec circuit court de distribution de type AMAP.

Une maison de la nature de Léguevin trouvera sa place dans le quartier en proximité de la ferme d’aquaponie et du bois. Il y aura une possibilité de pédagogie entre étude de la nature sous forme de réserve dans le bois, en culture dans la ferme, en loisir pour les jardins particuliers.  Une relation entre générations (retraités jardiniers et enfants des écoles…) est visée, là aussi avec un effet santé pour les personnes plus âgées.

Une conception adaptée au site et une biodiversité valorisée

 

Les choix énergétiques

Une orientation majoritairement nord-sud comme les anciennes maisons du centre bourg, cette implantation favorisera l’apport énergétique solaire. Les choix réalisés seront également en faveur de la réduction de la facture énergétique, avec notamment à l’étude :

-          Autoproduction photovoltaïque sur l’ensemble du quartier

-          Système géothermique avec boucle d’eau tempérée sur l’ensemble des collectifs.

Un modèle économiquement viable

Le modèle économique du projet est équilibré, le projet d’ensemble permet donc de prévoir les équipements communaux.

Le parcours résidentiel et la sociologie sont inscrits dans la diversité du programme : 27% de locatifs sociaux, plutôt en petits logements collectifs R+3 pour les jeunes en démarrage de vie professionnelle, les familles mono-parentales, les personnes retraitées. Les constructions en copropriété R+2/ R+3 ont un jardin commun privatif à la résidence. La part de locatifs libres représentera un tiers environ, le dernier tiers est en accession de maisons et de constructions libres avec jardins privatifs. L’accession à la propriété représentera entre le tiers et la moitié des logements, dont des maisons en construction libre et en promotion, des collectifs en appartements.

Les jardins permettent éventuellement une baisse des charges de copropriété. Quant à l’ensemble des nouvelles mobilités, sans la deuxième voiture, elles visent une économie de 1500€ à 2000€ par an par ménage dans le quartier.

Projet de réalisation d'un ensemble de logements ARP Foncier

 

*****

En résumé : Nous avons souhaité des solutions techniques abordables et réalistes aux questions sociétales que pose le dérèglement climatique et environnemental. Nous le faisons en respectant la demande des habitants qui est aussi d’avoir de la nature accessible pour tous et partout, des maisons, des jardins, de la proximité de services et de commerces, une taille de quartier à dimension humaine…

Nos options environnementales visent le respect des demandes individuelles et économiques : baisser l’impact écologique, favoriser la biodiversité et l’agriculture urbaine pour la santé des habitants, permettre d’économiser les trajets en voiture par la proximité des équipements pour favoriser la santé, économiser les énergies pour faire baisser les charges de logement, répondre aux divers besoins de logements au bon prix, créer un quartier d’habitat avec un maximum de services, relier le  quartier et ses habitants au centre.

 

Article rédigé par François Rieussec, ARP-Foncier

 

Consulter l'article précédent :  #20 - Le bas carbone au défi du péri-urbain


           

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