[Dossier Mobilités] #4 - Le BioGNV, une solution incontournable pour la décarbonation des transports

En France, plus d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre sont émises par le secteur des transports. La réduction des émissions de ce secteur est donc primordiale pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 que se sont fixés les États européens dans le cadre de l’ambitieux Green deal. Si les mobilités hydrogène et électrique largement soutenues par les plans de relance répondent aux nouvelles exigences politiques en matière de mobilité durable, d’autres énergies alternatives - davantage matures - permettent d’agir dès aujourd’hui. C’est le cas notamment du BioGNV, qui présente toutes les qualités nécessaires à l’atteinte de ces enjeux climatiques, un carburant par ailleurs immédiatement disponible.

Une solution immédiate pour améliorer la qualité de l’air

Le GNV (Gaz Naturel pour Véhicules) c’est l’utilisation du gaz naturel comme carburant. Sa version renouvelable, le BioGNV, correspond à l’usage du biométhane ou gaz renouvelable comme carburant.

 

Le biométhane : un gaz renouvelable 100% made in France

L’énergie gaz, choisie par 11 millions de français, se verdit et peut à présent être produite localement : c’est le biométhane.

Le biométhane est produit à partir de déchets organiques (déchets agricoles, effluents d’élevage, déchets alimentaires de la restauration collective, des supermarchés… des boues d’épuration…). Ils fermentent dans un méthaniseur et fabriquent deux produits : 

- un engrais organique 100% bio, le digestat, qui est épandu sur nos sols, évitant l’utilisation d’engrais chimiques et permettant ainsi d’éviter la pollution des eaux et des sols ;
- du biogaz qui est épuré et odorisé pour être injecté dans les réseaux de gaz et ainsi être utilisé selon tous les usages classiques du gaz : cuisson, chauffage, mobilité…

Quand il est utilisé au service de la mobilité, ce biométhane est appelé BioGNV.

80% des sites de méthanisation français sont des sites agricoles, constituant ainsi des sources complémentaires de revenu pour nos agriculteurs.

Utilisée depuis plus de 20 ans, cette technologie simple, robuste, et éprouvée, dispose d’une rentabilité intéressante. Près de 28 millions de véhicules dans le monde roulent au gaz carburant. Le BioGNV comme le GNV, présente une solution immédiatement disponible pour améliorer la qualité de l’air. Rouler au gaz carburant permet de réduire considérablement les polluants locaux dont les particules fines (-95 % par rapport à la norme Euro VI) et les NOx (-50 % par rapport au seuil de la norme). S’y ajoute une réduction du bruit de 50 % par rapport à un moteur diesel. Tous les véhicules qui roulent au gaz, quelle que soit leur génération, bénéficient de la vignette Crit’Air 1, un certificat qualité de l’air qui les autorise à circuler lors des pics de pollution et dans les Zones à Faible Émission (ZFE). 

Le BioGNV émet 80 % de CO2 en moins par rapport à un véhicule diesel de même génération. 

Les mobilités hydrogène et électrique sont souvent présentées comme les meilleures alternatives au diesel. Pourtant les choses ne sont pas si évidentes quand on prend en compte l’intégralité du cycle de vie d’un véhicule. On parle alors d’une analyse en cycle de vie, intégrant la production du véhicule, son recyclage (et donc l’impact éventuel de la batterie) et la production du carburant. En outre, ce type d’analyse permet d’intégrer la réalité des émissions d’un véhicule. 

Pour un véhicule électrique, l’analyse prend en compte la quantité importante de CO2 émise lors de la fabrication des batteries, provenant en grande partie de l’extraction et du raffinage des métaux utilisés (lithium, cobalt, nickel…), et par les procédés énergivores mis en œuvre pour la fabrication et l’assemblage des cellules des batteries. Le recyclage complexe des batteries est également un élément pénalisant pour la mobilité électrique. 

En France, une récente étude menée par l’IFP Énergie nouvelles démontre qu’en tenant compte du mix énergétique français, peu carboné grâce au nucléaire, et de l’intégralité du cycle de vie d’un véhicule, le BioGNV permet des réductions de gaz à effet de serre tout à fait comparables à celles de l’électrique, voire meilleures. Sur l’ensemble de sa vie, un véhicule léger de moyenne gamme, un petit utilitaire ou un camion de livraison consommant du BioGNV impacte moins le climat qu’un véhicule électrique. Le graphique ci-dessous illustre le cas d’un camion.

 

Source : étude IFPEN - Étude ACV de véhicules roulant au GNV et BioGNV, septembre 2019

Le BioGNV a l’avantage d’être un carburant renouvelable issu de déchets. En analyse du cycle de vie, le bilan carbone du BioGNV est quasiment neutre : le CO2 libéré à l’échappement est équivalent au CO2 consommé par les végétaux méthanisés lors de la fabrication du biocarburant. 

Les transporteurs plébiscitent la mobilité gaz.

Tout cela explique que le GNV et le BioGNV soient particulièrement plébiscités par les transporteurs, que ce soit pour le transport de personnes ou de marchandises. Ainsi, un bus sur quatre immatriculé en 2019 était un véhicule GNV/BioGNV et tout indique que le bilan de l’année 2020 sera identique. A titre d’exemple, la RATP, dans son projet Bus 2025, prévoit d’intégrer entre 60 et 65% de bus au BioGNV dans sa flotte. Côté marchandises, les transporteurs y voient un outil permettant de réussir leur transition écologique à un coût maîtrisé. La STAF, société leader dans le transport frigorifique, affirme que, même si le véhicule coûte plus cher à l’achat, le faible prix du carburant permet de réduire le coût complet du véhicule sur l’ensemble de sa durée de vie. La STAF continue de faire croître sa flotte au BioGNV qui compte déjà 180 camions roulant au gaz, sur 600.

L’atteinte de la neutralité carbone dans la mobilité nécessite la mise en place d’une démarche de transition énergétique pour chaque gestionnaire de flotte. Cette transition ne peut reposer sur une solution unique, comme nous avons pu le faire lors des dernières décennies mais passe par un mix énergétique diversifié et complémentaire. À chaque usage correspond une énergie. Ainsi les mobilités électrique, hydrogène et BioGNV cohabiteront et contribueront à répondre aux enjeux de décarbonation des transports de demain. 

Le BioGNV accentue sa part dans la mobilité gaz.

Près de 20% du GNV consommé est déjà du BioGNV. 

La filière biométhane a connu en moins de 10 ans un essor remarquable. Le premier site de méthanisation a injecté du gaz vert dans le réseau en 2011. Début 2020, la capacité d’injection de biométhane dans les réseaux gaziers atteint 3,7 TWh, soit l’équivalent de la consommation de près de 15 000 bus roulant au BioGNV. Malgré la crise sanitaire, en 2020, 78 nouveaux sites de méthanisation ont été raccordés aux réseaux gaziers portant leur nombre à 201 sites à fin décembre. Près de 1 150 projets sont à l’étude illustrant la croissance rapide de la filière. La Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) fixe un objectif de 10 % de gaz renouvelable dans les réseaux avant 2030. 

 

Article signé Caroline Maleplate, Déléguée mobilité propre chez GRDF

 

Article suivant : #5 - Comment évaluer l'impact environnemental des infrastructures de recharge des véhicules électriques (IRVE) ?

 


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