COP28, J-20 : quelles priorités pour la France ?

Rédigé par
Amandine Martinet - Construction21

Journaliste

1098 Dernière modification le 13/11/2023 - 12:28
COP28, J-20 : quelles priorités pour la France ?


Auditionnée au Sénat le 8 novembre dernier, la ministre de la Transition énergétique a donné les grandes orientations et idées que le pays défendra lors de la prochaine COP, dont le début est fixé au 30 novembre 2023. On fait le point. 

Un échange préparatoire en vue de la Conférence de Dubaï de 2023 sur les changements climatiques a eu lieu au Sénat entre Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, et Jean Jouzel, paléoclimatologue et vice-président du GIEC. La thématique ? La sortie des énergies fossiles.

Vaste programme, donc, qui aura sans nul doute toute sa place dans les débats internationaux lors de la COP. Qu’en dit donc la ministre de la Transition énergétique à une vingtaine de jours de cette réunion au sommet ? 

Agnès Pannier-Runacher l’assure, elle portera des « propositions concrètes » lors de la COP de Dubaï, dans un contexte climatique énergétique mondial qu’elle juge « difficile ». Concédant que la France n’est actuellement pas sur la bonne voie pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris, la ministre affirme que le bilan mondial d’émissions de GES négocié à la Conférence devra permettre de se remettre dans une trajectoire « compatible » avec ces derniers. Il s’agit ainsi de défendre une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 43 % d’ici à 2030 – par rapport à 2019 – pour l’ensemble de la planète, de 60 % d’ici 2035, avec un pic d’émissions nécessaire fixé à 2025. 

Par ailleurs, à la COP, la France va plaider pour « l’inscription de la sortie de toutes les énergies fossiles dans l’accord final », accompagné d’un triplement de la production de renouvelables au niveau mondial et de doublement de l’efficacité énergétique d’ici 2030. En parallèle, la position du pays est de défendre la place des autres ressources décarbonées dans le mix énergétique mondial : pour la France, c’est le développement du nucléaire qui est visé ici. Enfin, la ministre souhaite mettre les efforts de sobriété énergétique et de réduction de notre consommation d’énergie sur le devant de la scène, indissociables selon elle d’une stratégie décarbonée. 

En fait, quatre sujets spécifiques seront défendus à Dubaï par la France au sein de différentes coalitions : le nucléaire comme solution indispensable à la décarbonation, la sortie du charbon – avec trois objectifs : élargir le nombre de pays s’engageant à ne pas construire de nouvelles centrales à charbon, lancer un plan d’action pour assécher la finance privée du charbon, décarboner le secteur maritime et mettre fin aux fuites de méthane.  

Agnès Pannier-Runacher l’affirme, « les prochains mois vont être décisifs ». Le but lors de la Conférence de Dubaï sera pour elle de « cranter diplomatiquement le langage le plus ambitieux possible » et remettre les consommateurs et producteurs de fossiles face à leurs responsabilités. Enfin, « atténuation, adaptation et finance climat » seront « les trois piliers absolument indispensables d’un accord ambitieux lors de la COP28 ». 
Ces différentes volontés seront soumises à partir du 30 novembre prochain à l’avis des 195 autres nations présentes… Pour aboutir enfin à de véritables avancées ?
 

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