COP27 : les bâtiments ont émis +5% de CO2 en 2021

COP27 : les bâtiments ont émis +5% de CO2 en 2021

Mercredi 9 novembre 2022, un rapport de l’Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction (GlobalABC) a pointé du doigt une tendance inquiétante post-Covid pour le BTP : les émissions de CO2 du secteur ont augmenté l’an passé, pour surpasser leur niveau d’avant la pandémie. Zoom.  

 

Le rapport sur la situation mondiale des bâtiments et de la construction en 2022 — Global Buildings Climate Tracker — a été publié au quatrième jour de la COP27 à Charm-el-Cheikh en Egypte, mercredi 9 novembre. Il s’agit d’un document fourni annuellement par l'Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction (entité créée en 2015 à l’occasion de la COP21 à Paris, sous l’égide du Programme des Nations unies pour l'environnement – UNEP), faisant un état des lieux détaillé du BTP dans le monde au regard des objectifs de réduction des émissions de GES prévues dans les Accords de Paris, pour délivrer ensuite une feuille de route de décarbonation du secteur en conséquence.  

 

En 2021, le BTP pollue plus et consomme davantage 

 

Force est de constater que la version 2022 du rapport ne prête pas à rire. À l’heure où l’urgence climatique est soulignée de toutes parts, les bâtiments ne font pas figure de bons élèves. En effet, l’une des principales données que l’on peut trouver dans le document de la GlobalABC est la suivante : en 2021, les émissions de CO2 du BTP ont augmenté de 5% par rapport à 2020… Et de 2% par rapport à 2019. Quant à la demande énergétique du secteur, elle a pour sa part connu une hausse de 4% par rapport à 2020, et 3% par rapport à 2019. La trêve pandémique n’aura donc été que de courte durée, et semblerait même avoir laissé place à un effet rebond inquiétant.  

Nombre d’autres indicateurs fournis par le document suivent la même tendance, que l’on peut ainsi résumer : en 2021, les bâtiments polluent plus et consomment davantage.  
 

De l’importance des matériaux 

Le document de la GlobalABC nous apprend que les matières utilisées pour la construction des infrastructures représentent environ 9 % des émissions globales de CO2 liées à l'énergie. D’autre part, le rapport prévoit que l’emploi de matières premières telles que l’acier ou le béton, fortement émettrices de GES, devrait doubler d’ici à 2060. Il semble donc essentiel d’intensifier le recours à des ressources moins polluantes telles que les matériaux biosourcés.   
 

Bilan ? L’an passé, le secteur des bâtiments et de la construction représentait environ 37% des émissions de CO2, plus de 34% de la demande énergétique mondiale, et 40% de la demande énergétique en Europe.  

 

Que préconise le rapport ?  

 

Logiquement, dans sa publication, l’Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction plaide pour une intensification des efforts pour aller vers la décarbonation du secteur, en passant par des « actions politiques, réglementaires » et des « investissements continus ». L’entité pointe notamment le fait que seuls 26% des pays du monde disposent à ce jour de codes et d’obligations pour l’ensemble du secteur du bâtiment. Une donnée encourageante cependant, les investissements dans l'efficacité énergétique du BTP ont augmenté de 16 % en 2021 pour atteindre un total inégalé d'environ 237 milliards de dollars.  

Un chiffre positif toutefois à nuancer, car les dépenses en question sont inégales à travers le globe, et principalement effectuées par les pays les plus développés (Union européenne, États-Unis, Canada et Japon). En effet, un défi principal demeure pour tendre vers le zéro émissions pour le secteur du BTP, et représente l’une des discussions clés de la COP27 actuellement en Egypte : le rôle des pays du Sud, et plus précisément les moyens qui leurs sont donnés ou non pour participer à l’effort collectif.  

Pourtant, l’enjeu est de taille : on apprend dans le document de l’Alliance mondiale pour les bâtiments que 70% du parc immobilier africain doit encore être construit d’ici 2040, et que le secteur devrait croître à un taux annuel de 6,4 % sur le continent d'ici 2024. Notons enfin que nombre de territoires en Afrique regorgent de ressources énergétiques renouvelables : près de la moitié du potentiel technologique total des énergies renouvelables s’y trouverait selon le rapport.  

C’est une évidence, donc : l’avenir des bâtiments et l’évolution de leur impact sur le climat dépendront de chaque nation et non pas uniquement de certaines d’entre elles. Reste à attendre les conclusions de la Conférence de Charm el-Cheikh de 2022 sur les changements climatiques, qui s’achèvera le 18 novembre prochain… Avec de nouvelles solutions à la clé ?  

Pour plus de détails, retrouvez l'intégralité du rapport sur la situation mondiale des bâtiments et de la construction en 2022.

Article rédigé par Amandine Martinet pour Construction21

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  • Dernière modification de l'auteur le 16/11/2022 - 11:30

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