COP27 : l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C préservé

COP27 : l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C préservé

Après des négociations difficiles, la COP27 a pris fin dimanche 20 novembre 2022 avec plus d’un jour de retard. Cette conférence de Charm el-Cheikh s’achève sur un bilan contrasté avec quelques avancées majeures, mais un manque d’ambition pour la baisse des émissions de gaz à effet de serre.

France et Union européenne : une position exigeante et volontariste


Organisée à Charm el-Cheikh (Égypte), la 27e Conférence des Parties a réuni plus de 110 dirigeants mondiaux et 30 000 représentants de gouvernement, collectivités et d’acteurs non étatiques (ONG, entreprises…). Les longues négociations ont abouti à un accord peu ambitieux mais qui préserve l’essentiel : il réaffirme l’objectif de limiter le réchauffement climatique à +1,5° C par rapport aux températures de l’ère pré-industrielle et appelle les pays à des efforts supplémentaires dès 2023.

Conserver cet objectif dans un contexte mondial de crise climatique et énergétique était essentiel pour la France et l’Union européenne, dont la position exigeante et volontariste a permis d’enregistrer plusieurs avancées majeures.

De nouveaux outils de financement sur les pertes et préjudices


À la demande de la France et de l’Union européenne, l’accord obtenu à la COP27 répond aux attentes des pays les plus vulnérables au changement climatique, avec une décision forte : la création de nouveaux outils de financement sur les pertes et préjudices, qui ne se réduisent pas à un fonds. L’accord, qui prévoit la mobilisation de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et des banques de développement, recommande la mise en œuvre de financements innovants auxquels tous les pays peuvent contribuer. Plus largement, la France promeut la refonte en profondeur du système financier international sur cet enjeu des pertes et dommages.

« Pertes et préjudices »

Les pertes correspondent aux « impacts négatifs dont la réparation ou la restauration sont impossibles » et les préjudices aux « incidences négatives par rapport auxquelles la réparation ou la restauration sont possibles ».

Les discussions ont été conclusives sur le « réseau de Santiago », l’une des priorités de la France et de l’Union européenne pour cette COP27. Le texte agréé a permis d’opérationnaliser ce réseau, créé en 2019 lors de la COP25 à Madrid afin de mobiliser l’assistance technique pour éviter et réduire les pertes et préjudices.

Le G7 et le V20 (club des pays vulnérables) ont lancé un bouclier global contre les risques climatiques pour améliorer la protection financière des pays les plus touchés.

20 millions d’euros, c’est le montant de la contribution de la France au bouclier global en 2023, aux côtés de l’Allemagne et d’autres contributeurs membres du G7 et de l’Union européenne.

 

Une contribution financière supplémentaire au fonds d’adaptation


Plusieurs pays, dont la France, ont annoncé une contribution financière supplémentaire au fonds d’adaptation. La France versera 10 millions d’euros à ce Fonds pour 2022-2023. Sa contribution totale aux financements pour l’adaptation s’élève à 2,2 milliards d’euros en 2021, soit 10 % des financements mondiaux sur l’adaptation.

Lancé en 2007 pour aider les pays en développement les plus vulnérables aux changements climatiques, le fonds d’adaptation présente l’avantage d’une gouvernance plus favorable aux pays en développement et leur permet un accès simplifié aux ressources financières.

Atténuation des émissions


Un groupe de pays en développement et développés, dont la France et l’UE, ont marqué leur volonté d’inscrire dans la décision de couverture de la COP l’appel à réduire la consommation de combustibles fossiles. Cette proposition n’a pu faire l’objet d’un consensus. De la même manière, l’appel à atteindre le pic des émissions globales avant 2025, conformément aux recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), n’a pas obtenu l’adhésion de tous les pays.

En revanche, les Parties (c’est-à-dire les États signataires de Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques – CCNUCC) ont établi un programme de travail sur l’atténuation pour maintenir atteignable l’objectif de 1,5° C de réchauffement climatique par rapport à l’ère pré-industrielle.

 

Coalitions


La France s’est également engagée dans plusieurs coalitions pour accélérer la lutte contre le changement climatique :

Réserves vitales de carbone et de biodiversité

À l’initiative du Président de la République, et en coopération avec les États-Unis et la Chine, un événement One Planet consacré aux réserves vitales de carbone et de biodiversité s’est tenu le 7 novembre à la COP27. Ces espaces, comme les forêts anciennes, les tourbières ou les mangroves, sont à la fois des stocks naturels de carbone et des espaces riches en biodiversité. Pour les préserver, les dirigeants internationaux ont annoncé leur volonté de travailler ensemble à la constitution de Partenariats pour la conservation positive (Positive Conservation Partnerships – PCP). La tenue d’un sommet One Planet sur les forêts tropicales à Libreville (Gabon) en mars 2023 a également été annoncée.

Fonds marins

Le 7 novembre, le Président de la République a annoncé que la France soutenait l’interdiction de toute exploitation des grands fonds marins et qu’elle entendait porter cette position dans les enceintes internationales. La France rejoint ainsi les pays (Allemagne, Espagne, Nouvelle-Zélande, Panama, Costa Rica, Chili, États insulaires du Pacifique…) souhaitant un moratoire de précaution sur l’exploitation des fonds océaniques.

Énergies fossiles

La France, qui accompagne, déjà les pays émergents dans une « transition climatique juste », a rappelé le 7 novembre qu’elle mobilisera 1 milliard d’euros pour aider l’Afrique du Sud à sortir du charbon. Un partenariat avec l’Indonésie et les membres du G7 a été finalisé à Charm el-Cheikh et signé au G20 à Bali. D’autres partenariats ont en préparation, avec le Vietnam, le Sénégal et l’Inde.

Bâtiments

Lors de la COP26 à Glasgow, le Royaume-Uni a lancé le « Breakthrough Agenda », initiative soutenue par la France et visant à décarboner les principaux secteurs émetteurs : acier, électricité, hydrogène, transport routier et agriculture. Le secteur du bâtiment (37 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre) ne figurait pas dans cet agenda. C’est pourquoi la France et le Maroc ont lancé, le 17 novembre 2022, un appel à la création d’un « Buildings Breakthrough » fixant l’objectif de zéro émission d’ici 2030 pour le secteur du bâtiment.

 

Par ailleurs, la France a rejoint quatre des initiatives lancées par la présidence égyptienne de la COP27 :

  • Food and Agriculture for Sustainable Transformation Initiative (FAST),
  • Sustainable Urban Resilience for the next Generation (SURGe),
  • Climate Responses for Sustaining Peace (CRSP),
  • Enhancing Nature-based Solutions for Climate Transformation (ENACT).

 

Actualité publiée sur MTES - Ministère écologie
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