Chaleur et froid en réseau ne sont pas réservés aux grandes villes !

Alors que les prix de l’énergie atteignent des sommets, les collectivités de taille modeste sont encouragées à étudier la possibilité de créer des réseaux de chauffage et de froid. Un appel à projets qui court jusqu’à octobre leur propose des études de faisabilité financées à 90 %. Les aides à l’investissement ont aussi augmenté en 2022.

Cela fait plusieurs années que la demande était sur la table. L’Ademe a lancé mi-mai un appel à projets « une ville, un réseau » pour accélérer la réalisation des installations collectives de chauffage et de froid renouvelables dans les collectivités de moins de 50 000 habitants. Une nécessité si la France veut atteindre l’objectif de sa feuille de route énergétique : multiplier par cinq la production entre 2012 et 2030. Une nécessité aussi pour aider les acteurs publics comme les entreprises et les ménages de leur territoire à se prémunir contre la hausse et la volatilité des prix de l’énergie en s’appuyant sur des ressources locales comme la biomasse, la géothermie, le solaire thermique ou la chaleur de récupération. Cet argument des réseaux de chauffage est martelé depuis des années par les promoteurs de réseaux de chauffage. Les fourmis l’ont écouté. Les cigales commencent à se dire qu’elles auraient dû faire de même. Cet appel à projets veut les aider à se rattraper.

Petites intercos et métropoles

Depuis trois ans, Amorce et le Cerema proposent des visites gratuites aux communes de plus de 10 000 habitants pour les sensibiliser et les aider à définir un plan d’action. Cette nouvelle offre va plus loin avec de véritables études de faisabilité prises en charge à 90 %. « Les petites villes ont souvent l’impression que les réseaux ne sont pas pour elles », regrette Pierre de Montlivault, président de la Fédération des services énergie environnement (Fedene). Une erreur puisque la présence de bâtiments municipaux, de logements sociaux ou d’activités économiques (un industriel, un hôpital…) doit à minima pousser à se poser quelques questions. Au passage, les métropoles qui ont un ou deux réseaux de centre-villes sont aussi concernées par cet appel à projets pour accompagner les communes en marge de leur territoire à évaluer la possibilité de concevoir des infrastructures plus modestes.

De meilleures aides à l’investissement

Sans même parler de la crise de l’énergie qui va alourdir la facture de ceux qui ne font rien, « le timing est très favorable pour se lancer, estime Bénédicte Genthon, directrice adjointe de l’Ademe. Le plan de résilience a permis d’augmenter le fonds chaleur de 40 %. Son budget annuel est désormais de 520 millions d’euros ». Du jamais vu depuis sa création en 2009. Cette manne permet de mieux financer le volet étude, mais aussi les investissements. En particulier pour les petits réseaux grâce à une réévaluation des aides forfaitaires réservées aux installations qui produisent moins de 20 GWh. Ce seuil au-delà duquel il faut constituer un dossier et justifier chacun de ses coûts afin que l’Ademe calcule le montant d’aides le plus adapté a par ailleurs été rehaussé pour faciliter la vie des porteurs de projets. Bien que non abouti (voir notre article), le décret « classement » publié en avril permettra par ailleurs plus facilement d’imposer les raccordements de bâtiment aux réseaux créés.

Un gisement de 1 300 réseaux

« Nous avons rendez-vous avec l’histoire. Le réseau de chaleur ne doit plus être l’exception. Ce doit être la règle partout où il est rentable. Un élément central du service public de l’énergie », conclut Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce. La Fedene a identifié 1300 réseaux potentiels à créer d’ici la fin de la décennie… avec des atouts qui vont au-delà des questions financières en protégeant les ménages précaires, en réduisant l’empreinte carbone et en améliorant la résilience du territoire ou en contribuant à développer son économie lorsqu’on s’appuie sur des gisements locaux. Si la proposition de l’Ademe court jusqu’en octobre, Nicolas Garnier conçoit que « le temps de cet appel à projets n’est pas forcément celui des collectivités ». Bénédicte Genthon ne fait pas mystère d’ailleurs du fait qu’il devrait être reconduit pour celles qui ne sont pas prêtes… ce qui ne veut pas dire qu’il faut une fois de plus chanter avec les cigales.


Cet article a été publié sur le Club Techni.Cités, le magazine des cadres techniques de la fonction publique.

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