C21 sur le terrain : découverte du chantier de la nouvelle Cité administrative à Lille

Rédigé par

Amandine Martinet - Construction21

Journaliste

2585 Dernière modification le 14/12/2022 - 16:57
C21 sur le terrain : découverte du chantier de la nouvelle Cité administrative à Lille

Retour d’expérience de notre venue dans le Nord jeudi 1er décembre pour visiter le chantier de la nouvelle Cité administrative de Lille, dirigé par Bouygues Bâtiment Nord-Est. Ce projet titanesque débuté en janvier 2022 est l’un des plus importants menés en France actuellement, et présente de nombreuses caractéristiques durables sur lesquelles nous nous sommes arrêtés. 

 

La nouvelle Cité administrative : fiche d’identité du projet

 

  • Début du chantier : janvier 2022
  • Livraison prévue : 29 décembre 2023
  • Durée du chantier : 2 ans 
  • Constructeur : Bouygues Bâtiment Nord-Est
  • Agences d’architecture associées : Valode & Pistre et Coldefy
  • Surface : 38 400 m²
  • Budget total : 150 millions d’euros
  • Nombre de collaborateurs mobilisés sur le chantier : 400
  • Public à accueillir à terme : plus de 2 000 fonctionnaires

Voici posés les contours d’un chantier que nous pouvons qualifier d’hors-norme, tant par son ampleur que par sa rapidité d’exécution. Dans la forme, la nouvelle Cité administrative, implantée au sud de la ville de Lille et enclavée entre deux axes routiers importants, se présentera comme une sorte de cité village comprenant de 5 bâtiments parallèles indépendants mais connectés entre eux par une rue intérieure. 


Mais c’est une autre particularité qui a attiré notre attention ce jour-là : la volonté d’en faire un projet exemple en termes de décarbonation et de biodiversité. 

 

Le choix d’une construction écoresponsable

 

Un bâtiment sobre et résilient

Comme nous l’a indiqué Raphaël Vasseur, Responsable service prévention santé sécurité de Bouygues Bâtiment Nord-Est, la nouvelle Cité administrative de Lille se veut sobre en énergie, mais aussi « dans l’image ». Les projections de plans du bâti fini montrent des espaces épurés, simples, vastes et lumineux. Les façades des 5 bâtiments du projet ont toutes été pensées en amont pour minimiser les apports énergétiques superflus : une exposition optimisée, de larges fenêtres triple vitrage, mais aussi une isolation thermique renforcée avec jusqu’à 26 centimètres de matière isolante sur les parois.

Résultat ? Le bâtiment ne nécessitera que très peu d’apport de chauffage, via un raccordement au réseau de chaleur urbain, et n’aura pas besoin de système de climatisation. Par ailleurs, il sera en partie autonome dans son approvisionnement en eau, grâce à 4 cuves installées en sous-sol permettant de récupérer 100% des eaux de pluie : un système qui assure la double fonction de rafraîchir le bâti et de fournir l’eau pour des usages tels que les toilettes des bureaux, par exemple. Pour ce qui est de l’électricité, elle sera largement accessible grâce à la pose de 2 700 m² de panneaux photovoltaïques sur le toit de la cité – la plus importante production sur toiture dans les Hauts-de-France. 


Le choix de matériaux naturels

Dans cette réflexion écoresponsable, les matériaux ont bien évidemment toute leur importance, et l’accent a fortement été mis sur ce sujet au cours de notre journée de visite. Les mots d’ordres sont simples : privilégier le biosourcé et le local. Au total, ce sont 700 tonnes de ressources d’origine biosourcée qui seront utilisées pour la construction de la nouvelle Cité administrative de Lille. Parmi les matières employées, nous avons relevé en premier lieu le bois, très présent notamment à travers les passerelles reliant chacun des 5 bâtiments, mais aussi un isolant Biofib fait d’un mélange de lin et de chanvre – le lin étant d’ailleurs une ressource très présente dans la région – ou encore l’utilisation d’un béton à l’impact carbone 2 fois moindre que celui traditionnellement utilisé sur les chantiers. 


La part belle à la nature

Nous l’avons évoqué, la nouvelle Cité administrative s’insère dans un environnement qui n’est au départ pas forcément des plus accueillants : une langue de terre coincée entre des axes routiers bruyants, délimitant deux quartiers de Lille. Il était donc essentiel d’une part de préserver une partie de la nature déjà présente sur les lieux, avec un espace arboré délimité auquel le chantier s’est astreint à ne pas toucher, mais aussi créer des zones florales supplémentaires. 

 


Aussi, 6 biotopes seront plantés dans la cité, avec comme l’indique Raphaël Vasseur « un univers différent dans chaque jardin », l’ensemble étant censé refléter les paysages de la région des Hauts-de-France. Au total, le chantier prévoit la plantation de 216 arbres et la conception de 10 000 m² d’espaces verts. 


Cet ensemble d’initiatives s’insère dans une nouvelle politique globale de Bouygues Bâtiment Nord-Est évoquée ainsi par son président José Liotet : « nous avons la profonde conviction qu’il faut transformer notre métier », et la Cité administrative est un « laboratoire extraordinaire » pour le faire. Le but ? Aller vers plus de construction durable et réduire toujours plus les émissions de gaz à effet de serre du secteur. Pour cela, des efforts restent encore à fournir : « on peut aller plus loin », affirme José Liotet. 

 

Article rédigé par Amandine Martinet pour Construction21

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