Bilan 2019 Climate Chance - "Orchestrer les acteurs du bâtiment pour accélérer la baisse des émissions"

L'Observatoire Climate Chance met à disposition des universités et des étudiants son Bilan 2019 de l’action climat non-étatique.Synthèse de plus de 1000 sources et thématiques parmi les plus récents rapports, études académiques, articles de presses, travaux d’ONG et initiatives d’acteurs, ce Bilan mis à jour chaque année dresse un très large panorama de la diversité des actions climat mises en oeuvre par tous les types d’acteurs (collectivités, entreprises, ONG, etc.) à travers le monde.

Orchestrer les acteurs du bâtiment pour accélérer la baisse des émissions

Le Bilan 2019 est disponible en français et en anglais en 4 cahiers. Dans le cahier sectoriel, la section dédiée aux bâtiments revient sur les stratégies des pays, des entreprises et des collectivités pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments en France et partout dans le monde. Nous soulignons ici 5 grands enseignements :

  • Les bâtiments contribuent à quasiment 39 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) et à 36 % de la consommation énergétique finale en 2017 (GRS, 2018). Alors que leurs émissions diminuent depuis 2016 grâce à la décarbonation du secteur énergétique, les émissions GES directes issues des zones résidentielles et du secteur tertiaire ont augmenté respectivement de 4 et 3 % entre 2017 et 2018 ;

  • La consommation énergétique continue d’augmenter (5 % entre 2010 et 2017) due notamment à la demande en électricité (appareils et refroidissement des locaux). Les progrès accomplis sur l’efficacité des enveloppes ne suffisent pas pour compenser la croissance démographique (9 %) et celle de la surface utile (17 %) (Global Status Report, 2018) ;

  • Du côté des politiques nationales, seuls 69 pays disposent d’un code d’énergie des bâtiment, qui ne couvre pas toujours le secteur entier, et 85 pays disposent de programmes de certification des bâtiments. La plupart d’entre eux s’appuient sur le volontariat mais dépendent de plus en plus de politiques réglementaires ;

  • Collectivités, entreprises, et chercheurs répondent à la fragmentation du secteur pour permettre la mise en œuvre des réglementations : consortiums publics-privés, solutions réplicables (ex. passeport énergie). Ils animent ensembles de nombreuses plateformes : CLASP, Building Efficiency Accelerator (BEA), BuildUpon, GABC etc. Les villes jouent un rôle majeur dans la coordination des filières locales, proche d'un service public, en informant, en certifiant l'expertise privée locale et en cofinançant les projets des particuliers. Cette coordination est parfois permise par les associations d'entreprises comme en Nouvelle-Zélande ou au Danemark ;

  • Des initiatives telles que EP100 ou le Clean Energy Ministerial (CEM) donnent un aperçu des efforts des entreprises et industries pour réduire les émissions de leurs bâtiments. Les Green Buildings Councils, des organisations indépendantes composées de professionnels du secteur, les accompagnent dans 70 pays et à travers 50 outils d'évaluation recensés.

La section fait égalemet la synthèse d'une multitude d'expériences et présente lorsque cela est possible leurs résultats tangibles : consortium multi-acteurs à Bogota, guichets uniques dans un grand nombre de villes en Europe, des initiatives internationales publiques-privées (CLASP, Global Alliance for Buildings and Construction, Energy Efficiency Financial Institutions Group), mais également le retour d'expérience de Tokyo, de Honk-Kong.

 

L'émergence de services publics locaux pour la rénovation des bâtiments.

LeCahier Territoire quant à lui, rassemble les principaux résultats affichés par les initiatives climat de villes et régions en 2019 ; 13 cas d’étude territoriaux analysant la mises en cohérence des politiques publiques de villes et régions; ainsi qu’un “Tour du monde en 80 initiatives” des actions mises en oeuvre par les territoires dans 10 thématiques de politiques publiques dont l'habitat.

Les solutions mises en oeuvre par les collectivités permettent d'adresser la fragmentation du secteur du bâtiment, et beaucoup tendent à devenir un véritable service public dans certaines villes, où les collectivités certifient les entreprises privées locales et leurs services, cofinancent des projets, et favorisent la circulation des informations.

Leur rôle leur permet d'aller au-delà de la performance énergétique des bâtiments et d'accélérer la lutte contre la pauvreté énergétique, en canalisant ces services et financements vers les ménages les plus pauvres et les logements sociaux comme à Grenoble, Heidelberg (Allemagne) ou Milton Keynes (Royaume-Uni).

 

 

Auteur de la page

  • Amaury Parelle

    Coordinateur Observatoire

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