Bâtiments connectés et confort : quel équilibre rechercher entre le « tout piloté » et contrôle par l'occupant ?

Le pilotage et la gestion active des équipements sont de plus en plus présents dans les bâtiments et plébiscités par les occupants. Permettant de réaliser un certain nombre d’opérations automatiquement (allumage des lumières, variation de l’intensité lumineuse, ouverture automatique des fenêtres, fermeture des stores en cas de fortes chaleur etc.), sans ou avec peu d’intervention manuelle, avoir un logement connecté vise à faciliter le confort de l’occupant et à le libérer de ces tâches quotidiennes.

Et au-delà du confort, automatiser ses équipements vise à optimiser leur consommation en apportant à l’occupant davantage de visibilité et un suivi en temps réel de sa consommation énergétique. On pourrait alors penser que la technique prend le pas sur nos actions. 

Or, qu’en est-il du rôle de l’occupant ici ? Comment combiner efficacement gestion automatique des équipements et une recherche optimisée du confort ?

Pourquoi combiner gestion automatique des équipement et contrôle par l'occupant ? 

Il est en effet nécessaire de prendre en compte les particularités individuelles et les usages de chacun : faire un bon diagnostic « comportemental » des occupants (selon le taux d’occupation des pièces, leurs rythmes de vie, leurs attentes en matière de confort et leur appétence au pilotage ou non des appareils) sera fortement utile.

Car l’occupant est en recherche constante du meilleur confort possible, et cherche à atteindre ce niveau de confort auquel il aspire, en établissant parfois des « stratégies de contournement » s’il ne peut avoir une emprise directe sur la gestion du climat intérieur. Paradoxalement, il est donc important de pouvoir aussi donner la possibilité à l’occupant de reprendre la main sur les équipements.


Exemple d’instrumentation de radiateurs connectés reliés à une application permettant leur pilotage :

  • 85% des utilisateurs se disent satisfaits du pilotage par l’application
  • Plus de 30% disent interagir plusieurs fois par semaine pour régler la température

La connectivité est perçue par les utilisateurs comme une avancée pour optimiser le confort : pouvoir gérer la température de manière très réactive et à distance, et gérer les imprévus grâce à un pilotage intuitif et guidant.

L’occupant tiendra, avant tout, compte de ses habitudes, même si cela implique de contrecarrer la technique (en déconnectant des capteurs et systèmes de pilotages qui déclencheraient des actions à contresens de ses attentes par exemple). Pourtant, ce dernier a également un fort désir de ne s’occuper de rien, de laisser les équipements gérer le confort intérieur.

L’équilibre doit être recherché entre confort et pilotage de l’énergie.

Le « tout automatique » n’est pas réaliste, et la possibilité, comme le prévoit les systèmes, de pouvoir gérer manuellement certaines fonctions est indispensable.

Il sera donc essentiel d’assurer à l’occupant une prise en main la plus simple et pédagogique possible de ces équipements de gestion automatique (fournir des notices simplifiées, proposer des applications faciles d’usage/ergonomiques permettant un coaching sur les consommations etc.). L’implication des utilisateurs sera d’autant plus importante que ces systèmes nécessitent une maintenance régulière et attentive.

L’avis du sociologue :

Opter pour une construction participative : « On écoute les besoins des occupants, puis les concepteurs cheminent avec eux. En clair, au lieu d’expliquer le fonctionnement des équipements en aval des projets, les professionnels retiennent les choix techniques en amont en se basant sur les besoins, l’objectif étant que les occupants s’approprient les moyens mis à leur disposition », G. Brisepierre, Livret blanc, « La gestion énergétique naturelle », Adexsi.

Yankel Fijalkow fait la distinction être le confort hédonique (abri, santé et sécurité), le confort qui conforme (équipements pour respecter les normes d’habitat) et le confort qui conforte (affranchissement des contraintes) : l’occupant souhaite « pouvoir maitriser [son] environnement ». Y. Fijalkow, « Le confort dans l’habitat en pratique », Interview par Cercle Promodul/INEF4.

 

Assurer un meilleur suivi de la consommation énergétique et combler le manque de prise en main

Donner à l’occupant une meilleure visibilité de sa consommation d’énergie, via un suivi en temps réel, lui permettra d’assurer un certain contrôle sur sa consommation énergétique, et in fine, d’optimiser son confort.

Ainsi, dans le but de réaliser des économies d’énergie et de faciliter l’accessibilité, l’allumage automatique de la lumière selon la présence et de la luminosité extérieure est possible, tout comme la gestion de la température pièce par pièce, permettant de s’adapter aux besoins de chacun. La programmation d’un équipement de chauffage par exemple, peut permettre de réaliser un gain de 13% par rapport à une installation pilotée de manière binaire (à température constante).

Tout comme le taux de CO2 dans l’habitat, qui est une variable très tributaire du comportement des habitants selon les habitudes d’aération des pièces : la gestion automatisée des ouvertures garantira un certain confort thermique et permettra de garder une maison tempérée, et surtout aérée (préservant alors la qualité de l’air intérieur du logement).


D’où proviennent ces données ?

Ces enseignements factuels sont tirés d’initiatives concrètes et réussies dont l’objectif était d’intégrer le confort dans l’habitat et le tertiaire.

Pour en savoir plus sur ces différentes expérimentations en question, consultez le guide « Améliorer la qualité de vie et le confort des occupants : 5 enseignements à retenir » et découvrez l’ensemble des enseignements retirés et permettant de mieux définir et caractériser les éléments favorisant le confort.

 

Bibliographie : 

 

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Crédit photo : Visual Generation // Adobe Stock

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  • Dernière modification de l'auteur le 29/01/2021 - 11:39

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