Accélérer la transformation de la Construction pour répondre au « Pacte vert » et à la « Décennie numérique » de l'Europe


L’Union européenne s’empare du sujet du BIM avec la directive de 2014 puis avec la création de l’EU BIM Task group en 2016. C’est ainsi que sont identifiées les politiques nationales de déploiement du BIM (Handbook) et publié un guide méthodologique à destination de la maitrise d’ouvrage publique pour initier des projets en BIM (BIM Costs Benefits Analysis). « Nous travaillons actuellement avec la CE sur la collecte/analyse, à travers les pays de l’UE, des cas d’utilisation du BIM dans les projets publics incluant les bâtiments et les infrastructures. Une attention particulière est accordée à l’utilisation de l'openBIM ainsi qu'aux liens avec les performances énergétiques, l’impact environnemental et l'économie circulaire » précise Souheil Soubra, président de l’EU BIM Task Group.


Différentes politiques de soutien sont également développées par la Commission Européenne (CE) au travers de projets comme Horizon 2020 par exemple. En 2020, la CE adopte une nouvelle stratégie qui souligne la nécessité d'accélérer davantage les transitions verte et numérique conformément au Green Deal et au Digital Decade, d'accroître la résilience des écosystèmes industriels de l'UE et de faire progresser la compétitivité et la souveraineté de l'Europe. « Nous travaillons à l’élaboration concrète d’actions pour faire de ce « pont numérique » - entre les différentes échelles de l'environnement bâti, entre les différents professionnels et utilisateurs – un catalyseur de confiance, de transparence et d'une meilleure prise de décision dans les processus de construction (les marchés publics, les permis de construire) mais aussi un levier d’efficacité économique et environnementale » explique Ilektra Papadaki, chargée de mission pour la construction numérique et l'environnement bâti à la Commission européenne (DG-GROW).

En 2021 est initié un processus de co-création avec le High level construction forum (cf 3 rapports 2021 du HLCF en anglais) pour avancer sur les voies de transition, incluant tous les acteurs concernés, parmi lesquels les parties prenantes de l'industrie, les institutions de la CE et les États membres. En complément, la DG GROW* lance une consultation sur les Scenarios for the transition pathway for a resilient, greener and more digital construction ecosystem (europa.eu). En 2022, le forum HLCF ajuste ses actions autour de la mise en oeuvre d’une feuille de route vers un écosystème de la construction plus vert, numérique et résilient. « Et sur le projet d’étude "Numérisation de l'environnement bâti" qui débutera au début de 2023, nous sommes actuellement dans la phase d'évaluation : nous effectuons des recherches supplémentaires sur la numérisation des systèmes de permis, et sur l'état d'avancement de l'adoption du BIM dans les États membres de l'UE » détaille Pieter Staelens de la DG GROW.


Quels sont les axes de travail de la CE pour la digitalisation de la Construction ?

A partir de 2020, la priorité est donnée aux secteurs confrontés aux défis les plus importants – de digitalisation et de neutralité environnementale - comme la construction. Ces dernières années, les initiatives de l’UE ont soutenu la numérisation de l'écosystème de la construction dans l'UE selon différentes lignes directrices.  

  • Un axe central porte sur l’optimisation du partage et l'organisation des informations. Les référentiels communs pour toutes les données pertinentes sur les bâtiments sont en effet un des moyens pour les gouvernements d’aider à la numérisation du secteur. La disponibilité, le partage et l’utilisation des informations restent limités, sans compter que bon nombre de données sont perdues et doivent être recréées. Des carnets de chantier numériques et des bases de données sur la performance énergétique des constructions pourraient ainsi être mis en place afin d'accroître la disponibilité et le partage des informations.
  • Le secteur public, en tant qu'acheteur et administrateur de bâtiments et d'infrastructures, a un rôle d’initiateur. C’est tout l’objet des travaux de l’EU BIM Task group autour des maîtres d’ouvrage publics. 
  • Les plateformes numériques pour coordonner les initiatives des secteurs public et privé. Par exemple le projet Horizon 2020, DigiPLACE, rassemblant plus de 40 acteurs (autorités publiques, associations et chercheurs) a proposé un cadre d'architecture de référence et une feuille de route stratégique pour les plateformes devant servir au développement futur d'un espace de données pour la construction. Une approche qui croise les travaux menés dans le projet GAIA-X par exemple (en lien avec la DG Connect de l’UE). L’objectif serait de créer un cloud européen de données opérationnelles afin de regrouper les data relatives à la construction et de permettre de nouveaux modèles commerciaux.
  • Les services en ligne des pouvoirs publics. La lenteur des processus administratifs basés sur le papier entrave la productivité et la réutilisation des données. La numérisation des systèmes de permis de construire est donc essentielle : c’est pourquoi la Commission a déjà émis différentes recommandations sur ce sujet qui ne devrait plus tarder à se développer. 

 

Estonie et Finlande : précurseurs des permis de construire numériques 

En Estonie en 2015, est mise en place une déclaration d’intention encourage la modélisation et la gestion des informations du bâtiment pour tous les clients du service public et pour toutes les étapes du cycle de vie. Cela nous a permis de centraliser la façon de faire du BIM, les conditions et les prérequis préalables. Des recommandations, devenues aujourd’hui des standards du BIM en Estonie, alors qu’il n’y a aucune obligation législative. En 2021 « A long-term view on construction 2035“ Ehituse pikk vaade 2035 (eehitus.ee) est signé par toutes les parties prenantes, entre le gouvernement et l'industrie : une des bases porte sur le permis de construire. En savoir plus : https://eehitus.ee/long-term-view-on-construction/
Le contrôle commun des bâtiments de Järvenpää et Hyvinkää est l'une des autorités les plus avancées de Finlande dans le domaine du BIM. Elle a permis au promoteur de demander un permis de construire à l'aide d'un modèle de données, à condition que celui-ci contienne toutes les informations sur les types de structures, les matériaux et les locaux du bâtiment ainsi que les surfaces/volumes totaux. Toutes ces informations doivent être fournies au format IFC.  En 2022 a ainsi été créé, instruit et approuvé un permis de construire utilisant le modèle 3D en openBIM pour un site à Lepola, Järvenpää. En savoir plus : Maailman ensimmäinen 3D-mallilla hyväksytty rakennuslupa Järvenpäässä | Järvenpää (jarvenpaa.fi)


En savoir plus : 


Une note de cadrage signée par Guersendre Nagy de buildingSMART France


Article suivant : Comment optimiser IC construction et IC énergie de la RE2020 grâce au BIM


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