À découvrir : le film Unisson(s) pour une architecture bas carbone et du vivant

À découvrir : le film Unisson(s) pour une architecture bas carbone et du vivant

 

Le mouvement Unisson(s) rassemble de nombreux acteurs – architectes, maîtres d'ouvrage, bureaux d'étude… – autour de la nécessité d’échanger entre eux pour ouvrir les pratiques de conception des bâtiments vers un objectif de décarbonation et de prise en compte du vivant. Le 16 novembre dernier, le mouvement organisait un événement à la Maison de l'Architecture Ile-de-France. L’occasion de diffuser un court-métrage documentaire introduisant les problématiques soulevées par Unisson(s). L’architecte Maud Caubet a participé à sa réalisation. Entretien.  

 

 

Construction21 : Vous êtes aux commandes d’un film de 26 minutes accompagnant le mouvement Unisson(s). Quelle est sa raison d’être ? 


Maud Caubet : Le mouvement Unisson(s) a pour ambition de repenser le rôle de l’architecte dans l’acte de construire et dans la façon dont nous fabriquons la ville. Je suis moi-même architecte et possède une agence qui est très engagée sur l’aspect environnemental ainsi que sur la fonction sociale de notre métier. C’est dans ce cadre-là que Laetitia George, fondatrice de Contrast-e, m’a proposé de réaliser ce film. Une superbe opportunité pour être la porte-parole – dans tous les sens du terme, puisque je prête ma voix au documentaire – de ces différents sujets. Je co-réalise le film avec Annabelle Ledoux, fondatrice de l’agence Les Grandes idées, qui en a écrit le scénario.

L’idée est de vulgariser et rendre le plus populaire possible ce rôle de l’architecte dans la société, et notamment son investissement sur l’aspect durable et écologique des projets. Comment un architecte peut-il s’inscrire dans cette démarche positive de renouveau de son métier et de ses pratiques ? Comment pouvons-nous nous réapproprier la problématique environnementale en créant une nouvelle démarche ? Ce sont les questions auxquelles nous avons souhaité répondre. 

On parle souvent d’architecture, mais peu d’architectes se prononcent réellement sur leur fonction : le film que nous avons réalisé permet d’être plus engageant. 


Lire aussi : inventer une architecture qui incarne la transition écologique avec le mouvement Unisson(s)


Était-ce naturel pour vous d’accepter ce projet ?

Avant de me proposer la réalisation du film, Laetitia George m’avait demandé quel serait mon rêve professionnel. Je lui avais répondu que mon seul regret serait peut-être de ne pas avoir exploré davantage mon côté artistique. Nous les architectes sommes parfois des artistes un peu frustrés : nous créons des lieux de vie et avons donc une responsabilité très importante. Il n’en demeure pas moins que nous avons une approche sensible des choses, car le beau et la poésie sont indissociables de nos fonctions. En ce qui me concerne, j’aime beaucoup la danse, le mouvement et la photographie, et j’ai toujours eu l’envie de réaliser un film. Et nous y voilà ! J’ai adoré l’exercice et j’aimerais d’ailleurs réitérer l’expérience. 


Comment s’est déroulée la mise en œuvre du projet avec le reste de l’équipe ? 

La réalisation d’un film fonctionne comme un orchestre : on ne produit pas de bonne musique sans bons musiciens. Nous n’aurions jamais pu faire un documentaire de cette qualité sans tous ceux qui y ont participé ! Le projet a été mené de façon très naturelle, sans crispation, en deux mois et demi de temps seulement. Chacun s’est approprié le sujet en comprenant ses ambitions. Comme si cette problématique de l’environnement dépassait les individualités. Je pense que ce côté fluide et simple se ressent dans le rendu final. 
 


Y-a-t-il eu un exercice particulièrement intéressant pour vous ? 

J’ai beaucoup aimé travailler avec la personne en charge de la prise de son. Quand vous portez un texte, la tonalité des mots employés est primordiale. Une même phrase peut être comprise totalement différemment en fonction de la façon dont elle est prononcée. Tour à tour, il a fallu transmettre de la gravité, de l’optimisme, mais aussi montrer à travers le souffle que certains mots sont engagés. Comme avec l’architecture, cela se joue parfois à très peu ! Cela permet de se rendre compte à quel point la précision et le sens du détail sont essentiels au quotidien. 


A quel public se destine cette vidéo ? Comment comptez-vous la diffuser ?  

Lorsque l’on m’a dit que le projet allait être relayé dans les Maisons de l’architecture en France, j’ai été très séduite par l’idée. Un film, c’est un média qui se transmet et se consomme facilement dans nos vies actuelles où nous avons de moins en moins de temps. A terme, nous aimerions toucher le grand public et pourquoi pas le diffuser dans des écoles ou dans les médias, par exemple. Au départ, le contenu a été créé à destination des architectes, mais l’objectif final est qu’il soit vu et entendu par le plus grand nombre ! C’est un sujet qui concerne tout le monde. 

Il existe également une version en anglais, le film sortira donc également dans une Maison de l’architecture à New-York. L’un des sujets qui y est traité est le Bahaus européen(*), il était donc important que l’on puisse le diffuser au-delà des frontières. 


Quel message aimeriez-vous porter avec le documentaire ?

Sur les réseaux sociaux, j’ai lu ce commentaire de la part d’une personne que je ne connaissais pas : « enfin des ondes positives ! » C’est ça, le message. Nous sommes accablés de nouvelles négatives,certes, importantes, mais il est nécessaire d’y apporter des solutions avec un discours plus souriant et optimiste. Parce que cela fait du bien et parce que cela peut encourager les gens à adopter les bonnes démarches plutôt que de les culpabiliser. C’est comme cela que nous enclencherons un changement, notamment auprès des jeunes générations. 

J’ai aussi pu entendre un « J’ai tout compris » de la part de quelqu’un : c’était notre deuxième but, être intelligibles pour le plus grand nombre. Si à la fin quelques idées du film sont retenues, nous auront gagné la partie.  

Plus largement, lire le manifeste Unisson(s) et le signer, cela ne coûte rien, mais cela permet  s’engager symboliquement pour une noble cause, pour changer nos comportements sur le long terme. 

 

Bientôt, un livre Unisson(s)

Pour compléter les publications autour du mouvement Unisson(s), une ressource écrite sera disponible très prochainement. Ce livre rappelle le contexte et les objectifs de la RE2020, et expose les leviers de la conception bas carbone et intégrant le vivant. 

 

(*) Le nouveau Bauhaus européen est un projet environnemental, économique et culturel, qui vise à combiner conception, durabilité, accessibilité, caractère abordable et investissement afin de contribuer à la réalisation du pacte vert pour l'Europe.

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  • Dernière modification de l'auteur le 11/01/2023 - 14:50

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