#3 - Le BIM au service de la RE2020

En quoi la démarche et la maquette numérique BIM – building information modeling – peuvent-elles être mises au service d’une construction et d’une déconstruction plus vertueuses sur le plan environnemental ? Julien Mercier, fondateur de la société IM-PACT, décrypte le sujet, dans ses dimensions technologiques mais aussi humaines.

Dans quelle mesure le BIM peut-il s’inscrire dans la dynamique de la RE2020 ?

En tant que management de l’information, le BIM est un outil clé pour choisir des matériaux de construction, en fonction de leurs composants, de leur provenance, et donc de leur impact carbone. La maquette numérique permet également de faire des simulations sur l’approvisionnement des matériaux et sur les déchets qu’ils généreront ; puis de faire des arbitrages. Si on souhaite par exemple conserver un matériau peu vertueux, pour des questions esthétiques, on pourra compenser cet impact en privilégiant par ailleurs le recours à des ressources locales. Contrairement au fonctionnement classique en silo, le BIM offre une vision globale des impacts du projet sur l’environnement, et par conséquent des moyens de les optimiser.


Y a-t-il aussi des avantages au-delà de la construction ?

Sur le même modèle que le BIM, le RIM – ressource information modeling – établit un diagnostic des matériaux utilisés, en fonction de leur capacité à être recyclés ou réemployés. Il offre aussi une traçabilité des données qui sera mise à jour pendant toute la vie de l’équipement. Avec cette base de données fine, sur la nature des composants du bâtiment et les quantités présentes, il devient possible d’anticiper la déconstruction et les coûts qui y seront associés, les possibilités de réemploi et les filières de recyclage à mobiliser.


Quelles sont les perspectives pour aller encore plus loin ?

Le CIM – city information modeling – va permettre d’aller plus loin et de prendre en compte, par exemple, l’empreinte carbone des flux de personnes qui fréquenteront le bâtiment ; cela implique une vision encore plus globale, qui intégrera tous les impacts, notamment en termes de transport. C’est indispensable car la RE2020 ne peut pas se réduire au bâtiment, elle doit intégrer les usages qui en seront faits. Grâce au big data et à l’internet des objets, on peut simuler et imaginer l’emplacement idéal d’un bâtiment, piloter ses installations, suivre ses usages et vérifier qu’ils correspondent aux engagements de départ. Mais à côté de toute cette technologie, il ne faut pas oublier l’importance du facteur humain et la nécessaire sensibilisation des utilisateurs à des comportements éco-raisonnables. Il va falloir inventer le BHM, pour building human management !

 


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