#24 - Le pilotage associé au numérique, nouvel allié de la rénovation énergétique des bâtiments !

La clé pour réussir la rénovation énergétique des bâtiments, c’est de consommer moins, tout en consommant mieux, grâce au numérique ! Consommer mieux, c’est cette idée que l’on peut agir en éviterant le gaspillage d’énergie, en contrôlant mieux ses consommations (électricité, gaz...), en consommant ou en stockant à des moments où le mix énergétique est moins carboné, ou encore, en assurant un niveau de confort aux occupants de manière plus optimale.

Bref, c’est placer le consommateur et ses usages au cœur de la rénovation énergétique. Il s’agit d’une pierre essentielle pour viser la massification de cette rénovation énergétique, en permettant tout d’abord à chacun d’agir sans attendre le momentum des étapes clés du cycle immobilier, mais aussi en renforçant la connaissance de ces consommations pour éveiller les consciences à l’éco-responsabilité !

Consommer moins, une condition nécessaire mais pas suffisante

Pour une rénovation énergétique efficace d’un bâtiment, il est essentiel d’agir sur 3 leviers, indissociables les uns des autres : l’isolation, et le choix d’équipements performants (pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la ventilation, … …) pour moins consommer et, désormais, le pilotage pour consommer moins et mieux !

Faire en sorte que le bâtiment consomme moins d’énergie est indispensable. Ce type de travaux permet non seulement un saut dans les classes énergétiques les plus vertueuses du DPE, mais améliore aussi le niveau de confort pour ses occupants. Pourtant, si l’on ne va pas plus loin, ses consommations énergétiques se trouveront décorrélées de la demande réelle des utilisateurs et couvriront des comportements non responsables. Pour cela, le consommateur doit être accompagné pour comprendre l’impact qu’il peut avoir dans cette maîtrise de ses consommations. Et c’est là qu’intervient le pilotage par le numérique.

La nécessité d’un pilotage inclusif des occupants pour une consommation responsable, au plus proche des besoins réels des occupants

Pour devenir acteur de sa consommation, l’utilisateur doit la comprendre pour ensuite pouvoir agir en conséquence. Cela passe nécessairement par des systèmes de mesure des consommations par usage, et leur affichage associé (écran ou application) afin de connaître les véritables consommations par poste (chauffage, eau chaude sanitaire, éclairage, ventilation, prises électriques …).

Cet affichage pédagogique peut être complété de comparaisons avec des profils de consommations similaires, de conseils,  et d’un suivi périodique des résultats, et de la possibilité de recevoir des alertes (par courriel, SMS, etc.) en cas de consommation d’énergie inhabituelle.

Responsabiliser le consommateur pour qu’il devienne consomm’acteur est donc une étape indispensable ! C’est le pilotage qui, grâce au numérique, permettra à l’usager de recevoir une information précise sur sa consommation par usage, tout en étant capable de les commander ses postes de dépenses énergétiques à distance.

Et le pilotage d’aujourd’hui n’est plus celui des années 70’s, avec des fonctions binaires ,mais bien celui deà l’ère de la transformation numérique : fonction connectée, intégration de nombreuses informations y compris externes (température extérieure, luminosité, présence de l’occupant…), intelligence artificielle avec les fonctionnalités d’auto-apprentissage, par exemple.

Le numérique va donc favoriser le pilotage, au plus près des besoins des utilisateurs, de l’ensemble des usages : chauffage, refroidissement, ECS, éclairage, protections mobiles, baies vitrées, prises électriques, recharge des véhicules électriques, production locale d’énergie, auto-consommation, stockage…

Pascal Portelli, Président du Directoire de Delta Dore et Vice-Président d’IGNIES précise : « Que ce soit pour leur rapidité dinstallation, leur ROI [retour sur investissement] court, ou leur capacité à s’intégrer à des équipements existants pour mettre à niveau leur système de gestion, les solutions du pilotage par le numérique sont facilement accessibles. Elles sont aussi un atout évident pour armer les bâtiments face à l’intensification des canicules, en programmant des scénarios autour des protections mobiles et des ouvrants (volets, stores, baies vitrées…). En outre, les offres sont disponibles et les installateurs formés.

 Il n’y a donc pas d’excuse pour ne pas agir ! »

Un pilotage intelligent facilitant l’autoconsommation, l’alimentation énergétique locale et la flexibilité, tout en s’ouvrant vers d’autres services

Déclencher le fonctionnement d’un équipement au moment le plus propice ou au contraire décaler son fonctionnement, choisir d'auto-consommer, de stocker ou de faire appel au réseau en fonction du prix par exemple : rien de plus simple pour les bâtiments dotés d’un pilotage par le numérique !

 

Par ailleurs, un bâtiment doté du pilotage énergétique numérique, c’est l’assurance de pouvoir développer d’autres services à coût marginal en s’appuyant sur l'infrastructure numérique mise en place.

Détection de fuites (eau / gaz …) et de surconsommations…

•Qualité de l’air intérieur,

Gestion des espaces : contrôle d'accès, fréquentation des lieux…

Sûreté des biens et des personnes

Service de maintien à domicile des séniors, de mobilité,….

Massification : faire du pilotage par le numérique le 3ème pilier de la rénovation énergétique et climatique du bâtiment

Après la publication du décret BACS et le plan de Relance qui, avec la création du Coup de Pouce « Thermostat » et une campagne de communication Grand Public portée par l’ADEME, la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a multiplié les prises de parole en insistant sur la complémentarité de l’isolation, des équipements et du pilotage. Plus récemment, le pilotage a fait son entrée dans le DPE.

 

Les pouvoirs publics ont ainsi bien pris conscience de la valeur ajoutée proférée par le pilotage, mais le pilotage associé au numérique n’est pas encore assez encouragé.

A travers l’expérimentation du Smart Readiness Indicator (SRI), indicateur volontaire européen qui vise à évaluer le potentiel d’intelligence du bâtiment, il serait pertinent que le pilotage intelligent devienne une des pierres angulaires des critères de rénovation des bâtiments, afin de pouvoir évaluer la capacité du bâtiment à s’adapter aux besoins de l’occupant, à faciliter son exploitation et sa maintenance, et à répondre à la flexibilité des réseaux énergétiques. Il serait un complément utile pour demain au DPE !

Ainsi, pour que le pilotage associé au numérique devienne le 3ème pilier naturel de la rénovation énergétique, il est essentiel d’accéléreration sa massification dans un maximum de bâtiment. Piloter ses équipements grâce au numérique nécessite des petits travaux d’installation qui soient accessibles pour tous et tout de suite, facilement réalisables, à faible coût et en circuit-court.

Ces travaux favorisent une véritable prise de conscience individuelle et collective des consommateurs dans leur façon de consommer leur énergie chez eux. La compréhension et le suivi détaillé de leurs consommations leur donneront, en effet, envie d’agir dès maintenant de manière plus responsable, avec une consommation énergétique plus maîtrisée, en dehors des temps classiques de rénovation d’un bien immobilier (achat ou mise en vente d’un bien immobilier, accueil ou départ d’un enfant…). Réalisables en un temps limité dans un budget similaire à des travaux simples ou basiques (décoration, peinture…), ces gestes multipliés à grande échelle mèneront vers une transformation profonde, pérenne et vertueuse de la consommation énergétique des bâtiments, en allant naturellement vers des rénovations plus globales !

Article signé Anne-Sophie PERRISSIN-FABERT, déléguée Générale chez IGNES

 


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