2 questions à...Jean-Christophe Repon, Vice-président du CCCA-BTP

Le devenir du secteur du bâtiment dépend entièrement de l’évolution de l’offre de formation. Pour pouvoir remplir les objectifs de la transition, les artisans du bâtiment devront être en mesure de maîtriser de nouvelles techniques de construction et de nouvelles manières de travailler. La formation doit remporter le défi de préparer ces artisans. Pour Jean-Christophe Repon, vice-président du CCCA-BTP, il faut dès à présent mettre en place des formations innovantes qui soient attractives pour les jeunes, sans pour autant révolutionner entièrement les métiers du bâtiment.

Selon vous, à quoi ressembleront les emplois et métiers du bâtiment à horizon 2030 ?

J-C Repon : Ce qui est certain, c’est que les métiers de demain du BTP ne seront pas essentiellement des nouveaux métiers. En revanche, nous allons voir émerger de nouvelles compétences et de nouvelles manières de travailler. 

L’enjeu d’ici 2030, c’est de faire monter en compétence les métiers actuels, notamment sur la transition énergétique. Pour cela, il est nécessaire de développer une nouvelle vision de ces métiers. Ceux-ci devront fonder leur expertise sur des obligations de résultats sur les bâtiments, avec une démarche de validation d’objectifs. Il est également essentiel de développer la co-activité entre les corps d’état et que les différents métiers apprennent à travailler ensemble. Ce n’est pas vraiment acquis aujourd’hui. 

Quand on rénove, il faut prendre en compte la plomberie, l’électricité, etc. Les artisans devront comprendre les métiers des autres intervenants, afin de pouvoir atteindre les résultats énergétiques attendus. Les emplois de demain demanderont donc des compétences transverses.

Je suis convaincu qu’il y a de l’avenir dans le bâtiment. L’accord de Paris ou encore le plan de relance du gouvernement montrent bien qu’il y a une réelle volonté d’avancer sur la construction neuve et sur la rénovation du parc existant. Or, la rénovation est surtout portée par des structures artisanales, par des TPE et PME. Ce tissu est donc amené à se développer dans les années à venir et il faut pouvoir suivre ce développement. Cela passe par la formation d’un plus grand nombre d’apprentis. Le gouvernement l’a bien compris, en mettant en place un certain nombre d’aides pour les soutenir. Il faudrait que ces aides puissent perdurer dans les 10 années à venir.

 

Quels moyens met en place met en place le CCCA-BTP pour accompagner efficacement cette transition ?

 

J-C Repon : L’enjeu aujourd’hui, c’est d’amener les jeunes dans les filières du bâtiment. Pour cela, il faut montrer d’une part que le secteur est porteur, qu’il peut garantir une belle réussite économique aux personnes qui y travaillent et d’autre part que le secteur du bâtiment est intéressant, qu’il fait sens dans la société aujourd’hui. 

Pour le CCCA-BTP, cela veut dire être innovant, pertinent et novateur dans son accompagnement des organismes de formation et des apprentis. Nous devons développer notre capacité à être force de solution. Pour cela, nous pouvons compter sur nos appels à projet et nos incubateurs. 

Les appels à projet nous permettent de mettre de l’argent sur la table pour réfléchir à certains sujets avec les organismes de formation. Par exemple, nous avons lancé des appels à projets sur l’épanouissement des jeunes du BTP, sur les formations techniques autour des biosourcés, ou encore sur le lien entre développement durable et citoyenneté. Cela nous donne l’occasion d’être véritablement acteurs de la formation et de ne pas se laisser porter uniquement par le marché. Les incubateurs, eux, nous permettent d’accélérer l’innovation et par la même occasion la transformation des formations professionnelles. Nous avons par exemple monté notre propre incubateur, le laboratoire d’innovation Winlab, qui fait le lien entre les formations et les startups innovantes.

Il sera sûrement nécessaire de créer de nouvelles formations, mais le plus gros travail est d’adapter l’offre existante. C’est pourquoi le CCCA-BTP revisite régulièrement les formations, afin de s’assurer qu’elles sont toujours d’actualité, qu’elles répondent aux nouvelles exigences de la transition. Nous souhaitons notamment axer l’innovation pédagogique sur le numérique. Avant la crise sanitaire, les formations se concentraient sur le présentiel. Or, nous avons pris conscience que le modèle à distance peut permettre aux jeunes d’accéder à une plus grande diversité de cours, donc de développer le sur-mesure et la modularité des parcours. Cela est très important, si nous voulons que les artisans de demain aient des compétences transverses.

 

Propos recueillis par Manon Salé, Construction21 - La rédaction

 

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