[Résultats enquête] Les impacts de l’expérimentation E+C- pour les promoteurs et constructeurs

 enquete  E+C-  bâtiment  construction

Les nouveaux indicateurs à venir dans la prochaine RE2020 vont influencer les approches de conception, construction et exploitation des bâtiments de demain. Il convient dès lors de déterminer concrètement sur quels points les changements seront apportés et bénéficier des premières expérimentations E+C- pour donner sens à la RE2020.

Cette enquête lancée auprès des Promoteurs et Constructeurs :

  • caractérise les freins et leviers résultants de l’expérimentation E+C- ;
  • mesure leur capacité à aller jusqu’à la labélisation ou pas ;
  • analyse leurs perceptions des impacts économiques des efforts effectués pour se conformer aux exigences.

L’enquête s’inscrit dans le cadre de nos travaux en lien avec notre Comité 3 « Réglementations : anticipation, intégration de l’usager, accélérer les innovations ». L’analyse des résultats permet donc de mesurer l’adaptation de la filière du bâtiment aux futures évolutions réglementaires, d’anticiper des éléments importants à prendre en compte pour in fine créer des outils innovants.

Information sur le panel de répondants

Le panel de répondants représente des maitrises d’ouvrage importantes, intervenant sur tous types de typologies – Maisons individuelle (31%), Logement collectifs (35%), Tertiaire (35%) – dans toutes les zones géographiques et avec un volume de livraison de bâtiment par an conséquent :

  • Volume de maisons construites / an par les répondants : 63% moins de 50 / 38% plus de 50 ;
  • Volume de logements construits / an par les répondants : 11% moins de 50 / 89% plus de 50 ;
  • Volume de constructions tertiaires (en m²) : 67% construisent plus de 10 000m² par an / 22% entre 1000 et 10 000m².

Grâce à ces volumes de construction annuel communiqué par les répondants, nous estimons à 280 000 m² la surface associée représentative des résultats.

Ce panel est donc très représentatif. 93% des répondants se sont intéressés à l’expérimentation E+C- et ont mis en place (ou tenté de mettre en place) des critères E+C- sur leurs projets de construction. Certains sont allés au bout du label et d’autres non. Pourquoi ? Quelles sont les raisons ? Sont-elles économiques ?

Contexte : label E+C- et RE 2020

Le Gouvernement a lancé en novembre 2016 l’expérimentation E+C- dans le but de mieux préparer la future réglementation environnementale de la construction neuve pour tester, sur une base partagée et pragmatique, en grandeur réelle des niveaux d’ambition nouveaux et des questions de faisabilité.

Un observatoire recense les caractéristiques techniques et économiques des opérations de l’expérimentation, les retours d’expérience. Tout maître d’ouvrage s’engageant dans l’expérimentation, ou son certificateur d’ouvrage s’il a fait appel à lui pour labelliser son bâtiment, doit renseigner la base de données de l’expérimentation et y intégrer des données technico-économiques.

Pour en savoir plus, consultez notre focus « RT 2012 à RE 2020 : la transition se prépare ».

L’expérimentation E+C- et les répondants

Dans notre enquête, pour 43% des répondants, la part des projets E+C- (en cours ou en conception) représentent plus d’1/3 de l’ensemble de leurs projets de construction.

Sur presque 93% des répondants qui se sont intéressés à l’expérimentation la moitié d’entre eux sont (ou vont aller) jusqu’au label.

Nous constatons également qu’1/3 des répondants n’ira pas jusqu’au label notamment pour des raisons administratives ou parce que non souhaité par le maître d’œuvre.

Enfin, en cas d’obtention du label E+C-, 30% des répondants réalisent l’étape de l’évaluation avant le permis de construire et pour la même proportion avant l’appel d’offre.

Quelle est l’évolution des pratiques (par rapport à la RT2012) liée à l’introduction du volet Carbone dans l’expérimentation E+C- ?

50% des répondants estiment que l’introduction du volet Carbone dans l’expérimentation E+C- a fait évoluer leurs projets de façon significative. Pour ces 50%, la « nature de la structure (brique, parpaing, bloc béton, bois etc.) » serait l’élément principal de l’enveloppe que le volet carbone aurait le plus fait évoluer dans les projets (à 71%).

Concernant l’impact du volet carbone sur les équipements, les avis sont un peu moins tranchés : les réseaux de chaleur arrivent en première position (57%), suivi de l’eau chaude sanitaire solaire et les chaudières collectives (29 %) puis les pompes à chaleur ou les panneaux photovoltaïques (14%).

Quelle est l’évolution des pratiques (par rapport à la RT2012) sur l’utilisation de solutions photovoltaïques pour la performance du volet Energie dans l’expérimentation E+C- ?

64% des répondant indiquent que l’introduction du volet Energie dans l’expérimentation E+C- a fait évoluer leurs projets de façon significative. Parmi ces 64% de répondants, une solution photovoltaïque a été favorisée dans leurs projets dans le but d’atteindre les niveaux :

  • E3 (78% des répondants) ;
  • E2 ou E4 (11% des répondants) ;
  • Aucune solution photovoltaïque (22% des répondants).

La surface moyenne de panneaux PV utilisée par les répondants est :

  • En maison individuelle : < 10m² pour 56% des répondants et entre 10 et 50m² pour 11% ;
  • En logement collectif : entre 10 et 50m² pour 11% et entre 50 et 200m² pour 44% des répondants ;
  • Dans le tertiaire : entre 50 et 200m² pour 11% des répondants et > 200m² pour 44% des répondants.

Quel est le surcoût estimé du label E+C- par rapport à la RT 2012 ?

71% des répondants constatent un surcoût global sur le projet mené, par rapport à la RT 2012 (14% n’en constate pas).

Surcoûts liés à l’étude thermique

Parmi ces 71% de répondants, nous avons voulu analyser plus précisément le surcoût de l’étude thermique. La moitié l’évaluent entre 5 et 10% plus important par rapport à l’étude thermique RT 2012 (et > 20% pour 1/3). 60% des répondants considèrent d’ailleurs ce surcoût comme non négligeable.

Surcoûts liés aux modes constructifs et équipements pour atteindre les différents niveaux (par rapport à la RT2012)

Toujours parmi les 71% de répondants évoquant un surcoût global, la moitié estiment le surcoût inférieur à 5% pour atteindre les niveaux E1 ou E2. Concernant l’atteinte des niveaux E3 ou E4 l’essentiel des répondants se partagent entre un surcoût estimé entre 5 et 10% (pour 40% des répondants) et entre 11 et 20% (pour 20% des répondants). Pour le niveau C1, 40% des répondants évaluent le surcoût entre 5 et 10% (30% l’évaluent à moins de 5% alors que 10% l’évaluent entre 11 et 20%). Enfin pour le niveau C2, les répondants évaluent à part égal (soit 30% à chaque fois) que le surcoût est compris entre 5 et 10% / entre 11 et 20% / supérieur à 20%.

Aucun répondant n’a déclaré ne pas avoir atteint le niveau en raison d’une exigence et d’un surcoût trop élevés.

Label E+C- et confort : quelle analyse par rapport à la RT 2012 ?

En comparaison avec la RT 2012, les répondants estiment que l’expérimentation E+C- a eu pour effet de produire des bâtiments :

  • Au confort similaire (57% des répondants)
  • Sans aucun effet sur le confort (36% des répondants)
  • Au confort optimisé (7% des répondants)

Quelle analyse du label E+C- par rapport aux labels actuels ?

Selon les répondants, les critères que les labels réglementaires ou volontaires actuels (HQE, BREEAM, LEED, Effinergie +) apportent de plus par rapport au label E+C sont :

  • Santé (79%)
  • Gestion de l’eau (50%)
  • Confort (36%)
  • Impact environnemental – en phase construction (29%)
  • Impact environnemental – en phase exploitation (29%)
  • Retour sur investissement (14%)
  • Consommation énergétique (14%)
  • Qualité (7%)
  • Intégration urbaine (7%)
  • Démontabilité en fin de vie (7%)

Quels indicateurs importants manquent dans le label E+C- ?

S’il fallait faire évoluer le label E+C-, les répondants estiment que l’indicateur le plus important qui pourrait y être intégré est :

  • Qualité de l’air intérieur (50%)
  • Confort thermique été (21%)
  • Qualité de la construction / confort lumineux / confort thermique hiver / retour sur investissement (7%)

La future RE2020 entrera en vigueur le 1er janvier 2021 et a pour objectif selon le gouvernement de diminuer l’impact carbone des bâtiments, réduire les consommations d’énergie et mieux prendre en compte le confort d’été.

Fort de ces constats, il est important de se baser sur les retours de l’observatoire. Mais il est également important de mesurer des critères indispensables à prendre en compte (comme mesuré dans notre étude) afin de prévoir une application soutenable et non pénalisante de la RE 2020 par l’ensemble de l’écosystème.

Le gouvernement lance à ce sujet une phase de simulation qui permettra d’éclairer les choix d’indicateurs et de niveaux de performances pertinents, pour ensuite réaliser une nouvelle phase de concertation (analyser avec précision les effets de la RE 2020 sur les matériaux, modes constructifs et les filières du bâtiment) pour une publication des textes réglementaires d’ici l’automne 2020.

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