Relever le défi de la transition énergétique et environnementale: retour sur les rencontres du Réseau National des Aménageurs

 transition énergétique  transition environnementale
Publié par Roche Ceridwen

Les Rencontres du Réseau National des Aménageurs, le 4 juillet à Paris, étaient consacrées au défi de la transition environnementale et énergétique dans l’aménagement opérationnel, dans le cadre du cycle dédié à la sobriété engagé en 2018. Réunissant professionnels publics et privés de l'aménagement, ces rencontres ont permis d'aborder des solutions et expérimentations qui s'inscrivent dans le cadre de cette transition.

Les Rencontres Nationales des Aménageurs permettent d'échanger autour de diverses thématiques liées à l'aménagement. Elles sont un lieu de de réflexion et de diffusion des pratiques opérationnelles.

La journée a été ouverte par Aude Debreil et Nicolas Gravit, co-présidents du RNA et respectivement Directrice de l’EPA Sénart et Directeur d'Eiffage Aménagement.

Puis Jean-Baptiste Butlen, sous directeur AD à la DHUP, a présenté les dernières évolutions réglementaires, dont certaines sont issues des réflexions menées dans le cadre du RNA. La loi ELAN a modifié les règles de construction, notamment en termes de performances énergétiques et de bilan carbone. Elle comporte également un volet numérique, avec notamment la démarche d’open data.

 

Table ronde 1: Anticiper et gérer l'évolution des mobilités

photo de la salle lors de la table ronde 1La première table ronde de la journée, animée par Pascal Berteaud, directeur général du Cerema, a réuni Christophe Diani, directeur général de Transitec France-Belgique, Jean-Michel Evin, directeur général adjoint à la cohérence territoriale à Grenoble-Alpes Métropole, Bernard Lachana directeur général de SEM Innovia, et Benoît Lebeau directeur adjoint de l’EPA Saclay.

Les premiers échanges ont porté sur les évolutions entraînées par les nouvelles mobilités à court et moyen terme pour les aménageurs : Pascal Berteaud a rappelé que l’on observe l’apparition de nouveaux modes de mobilité en ville, de nouveaux modes de gestion et de partage de la voirie, ce qui donne de nouveaux outils à la collectivité. Par ailleurs, le numérique et l’ouverture des données feront aussi évoluer la mobilité. Il reste à mettre en œuvre les innovations.

Le directeur général du Cerema a souligné que l’on commence à aborder le sujet des mobilités au cœur de l’aménagement, et plus seulement en cours ou en fin de projet. La loi d’orientation pour les mobilités donne les moyens d’organiser la mobilité de manière totalement intégrée à l’aménagement et pour tous les territoires.

Les échanges ont confirmé que l’articulation entre urbanisme et déplacements doit être prise en compte dès la conception de l’opération, avec le même niveau de priorité. Ils ont fait également apparaître que la réversibilité des aménagements est aujourd’hui essentielle, compte tenu de l’évolution rapide des mobilités.

Cycliste dans l'EcoQuartier Marianne à MontpellierEcoQuartier à Montpellier - Crédit: Arnaud Bouissou - TERRA

S’il est nécessaire d’intégrer les nouveaux modes de mobilité dès la conception des projets, comme la croissance des mobilités douces, la probable baisse de demandes de stationnement ou l’importance accrue de la place dédiée aux livraisons sur la voirie, il reste difficile d’anticiper sur le long terme, par exemple sur ce qu’il en sera en matière de véhicule autonome dans 20 ans.

Les opérations présentées témoignent d’espaces publics en évolution constante dans les projets d’aménagement, un large dimensionnement facilitant leur adaptation.

Les expériences ont également montré la nécessaire articulation entre:

  • les échelles de territoires pour bien répondre aux différentes contraintes et aux besoins de déplacements à venir
  • les différentes temporalités des composantes du projet entre le démarrage d’un projet et l’arrivée de transports en commun sur les sites,
  • les différents modes qui pourront se succéder au cours de la réalisation de l’opération puis de la vie du quartier.

Des solutions provisoires doivent pouvoir être développées et adaptées au fil du temps en prenant en compte l’accompagnement de l’évolution des pratiques. Ces changements en matière de mobilité font évoluer le métier d’aménageur.

 

Mobilité durable : quelles solutions pour les territoires peu denses ?

Publication Cerema: Véhicules et mobilités autonomes - Quelles attentes citoyennes pour demain ?

Table ronde 2: Concevoir des projets adaptés aux hausses de températures

Table ronde vue de la salleCette table ronde était animée par Karine Lapray de Tribu, et y ont participé Pierre Joutard, directeur général de SPL Confluence, Michel Reynaud, co-gérant du laboratoire d’écologie urbaine de La Réunion, et Franck Boutté, président et directeur de Franck Boutté consultants.

En ouverture il est rappelé l’augmentation des températures qui se présentera demain sous la forme de vagues de chaleur plus nombreuses, plus intenses, plus longues et plus précoces, ce qui implique de se préoccuper de l’adaptation des villes au changement climatique. En effet en ville, le phénomène d’îlots de chaleur urbains aggrave le réchauffement.

Les aménageurs ont donc un rôle à jouer dans l’adaptation des villes, comme des bourgs dans les territoires ruraux ou périurbains qui sont aussi impactés par l’augmentation des températures.

vue d'une allée végétalisée dans un ilot de nouveaux immeubles à La RéunionIlet du centre à Saint-Pierre à La Réunion. Crédit: Laboratoire d'Ecologie Urbaine

La notion de confort de l’usager des logements ou bureaux peut être intégrée dès l’origine d’un projet, dans les cahiers des charges comme à Lyon Confluence. Il s’agit de préciser alors les objectifs de consommations d’énergies, la place des ENR, la régulation thermique, le travail sur l’albedo, l’isolation, l’orientation traversante des logements pour favoriser la ventilation naturelle... avec un contrôle des niveaux de performance prévu.

Les opérations présentées témoignent de la création d’îlots de fraîcheur avec des cœur d’îlots plantés en pleine terre et un travail sur la morphologie des îlots afin de favoriser la ventilation nocturne par l’orientation de la plupart des logements, la création de failles et un épannelage adapté.

L’opération menée à la Réunion a permis de présenter le principe de l’aéraulique qui s’appuie sur l’étude des mouvements de l’air. En étant favorisés par les formes bâties pour créer des dépressions, dans une zone où il y a peu de vent, les mouvements de l'air peuvent contribuer à faire baisser les températures.

L’importance de la trame verte pour tempérer l’air, tout en étant un support d’usages et de mobilité a été soulignée tout en rappelant le principe de retenir des essences locales adaptées.

Les retours des usagers peuvent témoigner des résultats de ces travaux.

 

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Modéré par : Clément Gaillard

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