#19 - Quel(s) modèle(s) pour la datacité ?

Publié par Cécile Gracy

La disponibilité de données et leur utilisation, par les citoyens, les acteurs publics et privés ouvrent des perspectives pour le développement durable et les innovations. Mais l’information considérée comme bien commun au service de l’intérêt général pose la question de son modèle économique, et du statut pour les données. C’est l’objectif du projet DataCités de répondre à ces questions en les explorant dans des territoires.  

 

Extrait du Mag Ademe & Vous "Innover pour une ville plus durable" - Mars 2019

 

Et si la data devenait – enfin - un bien commun au service de l’intérêt général, des villes et de leurs habitants ? Tel était le point de départ de l’exploration DataCités lancée en 2016. Coup de projecteur sur un programme novateur à l’heure du démarrage de sa “Saison 2”.

 

Sept Français sur dix utilisent aujourd’hui une application pour se déplacer (BlaBlaCar, Waze, Free2move, Clem’…). Et la mobilité n’est que l’un des volets du vaste aréopage de services qui misent sur la data pour “faciliter la ville”. « Mais les données ne sont pas des ressources comme les autres, indique Bertil de Fos, directeur général de Chronos, cabinet d’études, de recherche et de prospective sur la mobilité et l’innovation urbaine. Elles obéissent à de nouvelles règles : elles peuvent être partagées librement à grande échelle, mais elles peuvent aussi être captées par certains acteurs pour leur seul bénéfice… Par ailleurs ces nouveaux services, souvent portés par des acteurs qui n’ont pas l’expérience de la fabrique urbaine, ont aussi tendance à bouleverser les schémas de gouvernance traditionnels, voire même à entrer en confrontation avec eux. »

C’est ce contexte qui a motivé l’exploration DataCités. Soutenu par l’ADEME et porté par le Lab Ouishare x Chronos, en collaboration avec de nombreux partenaires, ce programme prospectif vise à nourrir la réflexion stratégique des acteurs qui feront évoluer la ville demain, en apportant des éléments de réponses à plusieurs questions : quels modèles économiques, quelle place pour les citoyens, quel rôle pour l’acteur public, quels statuts pour la data ? Comment servir réellement l’intérêt général ? Et ce, en se concentrant notamment sur les champs des mobilités, de l’énergie, des déchets et des gouvernances.

Engagée fin 2016, la première phase de cette exploration a consisté à étudier en détail onze services sélectionnés en France, mais aussi à l’international, comme RideAustin, une offre de VTC développée pour – et par – la communauté de la capitale du Texas, Here, une plateforme allemande de données issues des capteurs embarqués des véhicules connectés ; ou encore les solutions d’Enevo, une société finlandaise qui veut réduire les coûts de gestion des ordures, tout en minimisant la pollution générée par le ramassage. « Ce travail documentaire, enrichi d’entretiens et d’ateliers de travail, a débouché sur la construction d’un guide pour l’action destiné aux collectivités », poursuit Bertil de Fos. Depuis peu, DataCités est entré dans sa deuxième saison, centrée sur la construction d’une méthodologie d’accompagnement des collectivités pour la conception de data services urbains , c’est-à-dire, des services urbains fondés sur l’utilisation massive des données numériques. Dans cette optique, un appel à candidatures a été lancé l’été dernier pour recruter quatre territoires, villes petites et moyennes, souhaitant développer leurs stratégies d’usage et de partage de la donnée au travers du prototypage de data services urbains favorisant la transition écologique, énergétique et sociétale. Les quatre territoires retenus sont les villes d’Antony, La Rochelle, Poitiers et la Communauté urbaine du Grand Poitiers, ainsi que la Communauté de communes du Bassin de Pompey. « Tous seront accompagnés individuellement, avec le soutien financier et technique de l’ADEME, vers le prototypage d’un service basé sur la data adapté à leurs besoins et à leurs spécificités », ajoute Bertil de Fos. La restitution finale de DataCités devrait avoir lieu en fin d’année, avec, sans doute, la structuration d’un réseau de territoires pionniers des data services d’intérêt général.

 

Article signé  Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle (62) et Thierry Marcou, directeur de programmes sujets urbains, FING

 

 

Consulter la source

En savoir plus : www.datacites.eu


Modéré par : Alice Dupuy

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