OfficeVitae recentre le confort et la santé dans les bureaux autour des employés

Cette start up soutenue par BTA Climate KIC s'est donné pour mission d'améliorer le confort et la santé dans les bâtiments tertiaires. Les acteurs du secteur bâtiment s'emparent progressivement du sujet, mais l'approche d'OfficeVitae se veut unique en son genre. Tako Werts, Directeur d'Officevitae, veut aller encore plus loin en réinjectant de l'énergie, de la vitalité au travail.

Qu'est-ce que fait OfficeVitae?

Tako Werts: Nous sommes nés d'un projet conduit par l'Université Technologique de Delft (DUT) aux Pays Bas. Le projet s'est transformé en une entreprise en décembre 2016, grâce à l'aide de l'Accélérateur des Technologies Bâtiment de Climate-KIC (BTA).  Le projet originel a duré 3 à 4 ans durant lesquels la Faculté de Design Industriel a développé un capteur poru la qualité de l'air intérieur. D'abord destinée au logement, cette technologie a été adaptée pour les espaces de bureaux. Le projet comprenait évidmment tout à la fois le développement hardware et software. L'année dernière, l'Université a décidé de commercialiser cette technologie après qu'une enquête a montré l'immense potentiel marketing de la solution. Pour citer Sybren Steensma, en charge du Programme BTA, “Dans l'économie de demain, de plus en plus d'employeurs se disputent les talents. Investir dans le bien-être et la productivité de ces talents devient une nécessité, voilà pourquoi je vois de belles opportunités pour OfficeVitae”.

Grâce au travail de mise en relation de Climate KIC, nous avons noué un partenariat pour mener la transition depuis le projet de recherche vers une entreprise privée. J'en suis le Directeur et David Keyson, Professeur à l'Université Technologique de Delft, en est le Directeur Technique, quant à l'Université, elle demeure bien entendu un associé majeur de cette entreprise. Aujourd'hui, OfficeVitae emploie 5 chercheurs.

La colonne vertébrale de l'entreprise est notre désir de créer des espaces de bureaux sains et d'assurer la vitalité de leurs occupants. Pour nous, ce désir va de pair avec un véritable engagement dans la transition énergétique.

Pourquoi la santé et le bien-être dans les bureaux sont-il si importants?

Tako Werts: Il a été scientifiquement prouvé qu'un employé en bonne santé est plus heureux au bureau et plus productif. Ils sont plus dynamiques, pleins d'énergie. Nous croyons passionnément que la santé et le bien-être au bureau peuvent énormément apporter au monde de l'entreprise, et ce de multiples façons.

Plus concrètement, d'un point de vue d'investisseur, on peut limiter cela à la simple réduction des arrêts maladie. Notre mode de vie actuel en génère toujours plus: à cause du stress, du surmenage, des maladies; et cela a un coût. En réduisant leur nombre, les entreprises peuvent économiser beaucoup d'argent.

On peut créer des bureaux plus sains de plusieurs façons: en faisant bouger ses employés plus souvent, en écoutant leurs impressions, en améliorant les systèmes de chauffage et de ventilation... Il y a un lien évident entre la qualité de l'air intérieur et la performance au travail.

Mais ce sujet n'est-il pas déjà traité par le secteur du bâtiment?

Tako Werts: Ce défi demande un véritable engagement, car la santé et le confort nécessitent des investissements conséquents de la part des acteurs d'un projet. D'ailleurs, ils ne croient pas toujours aux retours sur ce type d'investissement, raison pour laquelle on constate une réticence chez les investisseurs. Même s'il y a un vrai intérêt, mais seules certaines entreprises sont pionnières sur le sujet.

Pourtant, les premiers pas vers un meilleur environnement de travail, plus sain et plus confortable, sont si faciles à faire. Cela commence avec une gestion de la température, de l'humidité, des niveaux de son et de la circulation de l'air. Ce sont des paramètres très importants pour répondre aux premiers besoins des usagers.

Des capteurs dédiés au confort existent déjà sur le marché. Quelle innovation apporte OfficeVitae?

La Sensorbox d'OfficeVitae à placer sur son bureau

Tako Werts: Les technologies de capteurs disponibles sur le marché sont destinées au pilotage du bâtiment via GTC (Gestion Technique Centralisée), en les alimentant de données. Mais cette donnée ne devrait pas être livrée depuis un nombre limité de capteurs grossièrement placés dans les espaces. En général, vous trouverez un capteur par pièce, habituellement placé dans le plafond. Ce n'est pas là qu'on trouve la vraie donnée, celle qui est pertinente à mesurer. Elle se trouve là où est assis l'employé: directement sur sa table de travail. C'est là que nous plaçons nos capteurs. Ainsi nous collectons une donnée plus précise, plus pertinente et nous comprenons mieux la perception de chacun.

Collecter des données plus pertinentes d'accord, mais pour quoi faire?

Tako Werts: A partir de ces données, nous proposons des améliorations du bâtiment et de ses espaces de travail. Nous pouvons encourager les employés à bouger plus souvent, définir des zones de calme et de silence, des zones de communication et d'échanges. Pour redessiner ces espaces, nous travaillons avec un partenaire spécialisé dans le mobilier de bureau, un architecte d'intérieur qui s'appuie sur les données enregistrées pour remodeler l'espace pour le rendre énergisant, plus sain pour ses occupants.

Nous utilisons aussi les données collectées pour paramétrer la GTC ou améliorer son paramétrage. Là aussi, nous faisons appel à un partenaire, fournisseur de GTC qui partage nos valeurs.

Mais les données des capteurs ne sont que les données objectives. Lorsque l'on parle de confort, il faut prendre en compte la perception des occupants. C'est pourquoi nous complétons les mesures faites par les capteurs avec des sondages courts et réguliers auprès des employés de nos clients. Nous leur demandons leur avis, leurs attentes concernant l'évolution des espaces de travail, comment ils se sentent à leur poste de travail (humidité, température...). Nous allons plus loin encore: veulent-ils manger des aliments plus sains, combien de marches ont-ils gravi aujourd'hui, combien de pas veulent-ils faire dans la journée...

Mettre les employés au centre de notre approche, voilà notre avantage compétitif. La concurrence existe dans le confort et la santé, mais elle se concentre sur un aspect ou l'autre: les systèmes (hardware) ou le logiciel (software). Avec nos données objectives et subjectives, notre hardware et notre software, nous avons une vraie vision globale des espaces de travail pour les améliorer.

Avez-vous un exemple d'espace où vous avez appliqué votre technologie et votre approche?

Tako Werts: Notre premier projet a été mis en oeuvre sur le campus de l'Université Technologique de Delft. Nous avons installé plusieurs solutions dans un bâtiment:

  • nos capteurs OfficeVitae, bien sûr
  • les sondages
  • des capteurs d'occupation que nous appelons “iBeacons”
  • une application smartphone pour les utilisateurs du bâtiment, Comfort+

Afin de proposer des solutions vraiment adaptées à ce bâtiment, nous devions nous focaliser sur l'occupation, il nous fallait savoir où les usagers se trouvent, et à quel moment en temps réel. L'application Comfort+ est conçue pour les sensibiliser à la gestion du chauffage au bureau. Avec cette application, ils peuvent commander du temps de chauffage en fonction de leur planning horaire. Ainsi, ils économiseront de l'énergie tout en devenant de plus en plus respectueux de l'environnement. Comfort+ a un autre avantage: il livre des informations précieuses au facility manager sur les habitudes et les perceptions des usagers.

Après les mesures et les sondages de départ, la seconde étape consiste à créer le nouvel espace basé sur ces données.

Comfort+, l'application développée par OfficeVitae (lire la vidéo)

ArCertains pays sont-ils plus avancés que d'autres sur le sujet?

Tako Werts: Les Pays Bas sont déjà un pionnier du confort et de la santé. Il faut aussi citer les Etats Unis où est né le standard WELL qui se répand en Europe, depuis le Royaume Uni. L'Australie est aussi très soucieuse de la santé dans les bâtiments tertiaires.

Climate-KIC soutient également un projet en Espagne qui vise à développer une certification bâtiment centrée sur la santé et le bien-être.

Do you have other projects going on with Climate-KIC?

Tako Werts: Avec deux autres compagnies, nous avons récemment soumis une demande de financement pour un projet centré sur la GTC. Nous souhaitons améliorer l'efficacité des systèmes de gestion technique du bâtiment. Nous sommes en attente de la réponse.

Nous sommes également en relation avec le projet espagnol de certification de bâtiment au travers du programme BTA. Le défi: diffuser ce standard en Europe.

Comment voyez-vous les futures évolutions des espaces de bureaux?

Tako Werts: Les bureaux sont déjà en train de se transformer en espaces plus sociaux. Ils deviennent plus ludiques, avec des sofas, des dispositions de mobilier plus proches du salon, avec une atmosphère relaxante. Nous verrons plus de déclinaisons de ces espaces "fun", car ils apportent de la joie au bureau.

Mais je pense que dans le futur, les bureaux deviendront plus flexibles, ils s'adapteront à nos besoins en quelques minutes... des espaces qui peuvent être réarrangés pour accueillir une réunion de 20 personnes ou transformés en deux bureaux séparés.

En savoir plus:


Autres actualités dans "Information"

D.G Business Development et le projet “autonomy” s’intègrent dans la vision globale de l'économie circulaire

Publié le 18 déc. 2017 - 11:12

L’économie circulaire apparaît comme un modèle de mise en œuvre de la notion de développement durable dans un contexte de mutation économique dans un monde en totale métamorphose.  Devant les urgences d’une réflexion et les demandes (...)

Noé, la première plateforme physique d'économie circulaire

Publié le 18 déc. 2017 - 10:35

La plateforme Noé à Bordeaux (Gironde) est un outil très innovant et complet de services mutualisés inter-chantiers, permettant d'adapter les modes d'organisations actuels aux contraintes de la construction de la ville dans la ville (...)

Le combat d’un village de Haute-Vienne pour l’autonomie énergétique

Publié le 18 déc. 2017 - 10:07

Rilhac-Lastours (375 hab.), en Haute-Vienne, inaugure ce samedi 16 décembre, deux centrales solaires, première étape vers l’autonomie énergétique totale. Rilhac-Lastours, petit village de 375 habitants niché dans le parc naturel régio (...)


Commentaires





Recherchez parmi les Actus

Entrez votre propre mot-clé




Autres actualités



Catégories


Articles les plus lus