« Nous donnons un potentiel de valorisation à des centaines de produits, d’équipements et de matériaux tout en favorisant l’insertion professionnelle dans les quartiers défavorisés »

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Publié par SOPHIE SANCHEZ

L'association Reavie maximise le potentiel de réemploi de centaines de produits, équipements et matériaux auparavant mis au rebut sur les chantiers en incitant notamment les maîtres d'ouvrage à en inclure le traitement dès la signature des cahiers des charges et en préconisant la dépose et la démolition méthodiques. 

Vous avez créé l’association Reavie. Pourquoi ? 

Mohamed Hamaoui: Je travaille comme conducteur de travaux depuis une dizaine d’années, dont six ans chez Eiffage Construction Amélioration de l’habitat où je mène d’importantes opérations de réhabilitation.

Je constatais que nous étions amenés à jeter tous les jours des produits, équipements et matériaux alors qu’ils avaient un potentiel de réemploi : lavabos, robinets, portes, fenêtres ou encore luminaires. Ainsi lorsque nous menons des opérations de grande envergure, comme par exemple la réhabilitation de 200 logements, nous pouvions être amenés à mettre au rebut 200 lavabos et autant de portes, fenêtres, etc. Sur les 230 millions de tonnes de déchets générés par le secteur chaque année, on compte pas moins de 10 millions de tonnes de déchets non dangereux.

Aussi nous avons créé avec plusieurs conducteurs de travaux d’Eiffage, de Vinci et de Legendre, ainsi qu’un architecte et un maître d’ouvrage, l’association Reavie afin de favoriser le réemploi de ces produits et matériaux. Les procédures de recyclage et de tri existantes ne nous semblent pas satisfaisantes car le meilleur déchet, c’est celui qui n’existe pas, celui qui n’est pas jeté.


« Le meilleur déchet, c’est celui qui n’existe pas, 
celui qui n’est donc pas jeté »

Comment pouvez-vous mieux exploiter le potentiel de ces équipements et matériaux qui finissaient jusqu’ici souvent dans la benne à ordure ?

Mohamed Hamaoui. Nous incitons les maîtres d’ouvrage, et notamment les bailleurs sociaux, à inclure le traitement et l’exploitation de ces produits et matériels dès la rédaction et la signature des cahiers des charges. Nous cherchons aussi à modifier les manières de déposer et de démolir en préconisant la dépose et la démolition méthodiques : si les équipements comme les lavabos sont démontés soigneusement, ils peuvent être aisément réutilisés. De même, nous poussons à une collecte bien différenciée de manière à éviter les mélanges inutilisables.

Nous travaillons à la mise en place d'une plateforme entre les entreprises générales et les bailleurs afin de tester sur cinq chantiers le réemploi de matériaux, et nous avons été lauréat de l’appel à projets « In Seine Saint-Denis » [qui vise à soutenir l’émergence de nouvelles activités ou de services illustrant la vitalité, la diversité et la créativité du territoire].

Nous allons également tester, avec Eiffage Aménagement, une plateforme expérimentale de réemploi de matériaux sur le chantier de déconstruction de l’École centrale et de construction d’un éco-quartier et d’un collège à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine.

Et lorsqu’aucune possibilité de réemploi n’est possible, nous cherchons à les transformer pour en faire de nouveaux objets, comme par exemple du mobilier, tout en formant du personnel éloigné de l’emploi aux métiers du bois, du métal etc….

« Nous menons une démarche de développement durable pleine et entière
car nous incluons à la fois le volet environnemental, social et économique » 

Nous menons en effet une démarche de développement durable pleine et entière car nous incluons à la fois le volet environnemental, social et économique. Non seulement nous réduisons et valorisons ces matériaux et équipements, mais nous le faisons prioritairement au profit des entreprises sociales et solidaires et des personnes modestes. Et nous favorisons en même temps le retour à l’emploi de personnes défavorisées en créant en leur faveur une activité de dépose, collecte, réparation et reconditionnement économiquement viable, sachant que nous intervenons souvent dans des quartiers défavorisés et/ou en rénovation urbaine. Ainsi, nous n’agissons pas seulement sur la forme mais aussi sur le fond en intégrant ces personnes et en favorisant la cohésion sociale.

Nous pouvons également avoir un véritable impact économique en réduisant pour nos entreprises les frais et taxes liés au retraitement ou à la mise en décharge, sans oublier les effets favorables pour la planète de la meilleure utilisation des ressources disponibles.

Propos recueillis par Sophie Sanchez, Groupe Eiffage pour EGF BTP

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Modéré par : Sylvain Bosquet

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