My Snapkin accélère la rétro conception grâce au BIM et à la capture de la réalité - Interview de Jérémy Guillaume, PDG

 BIM  rétroconception  Snapkin  Startup  Autodesk  Revvit
Publié par BIM Autodesk

La capture de la réalité devient une composante fondamentale dans le processus BIM. Drones, relevés laser, photogrammétrie, autant de techniques qui permettent d’accélérer la digitalisation d’édifices et de sites et de créer des maquettes BIM. L’une des limites reste cependant le temps et l’automatisation des tâches de recréation des maquettes et l’intelligence de reconnaissance des formes qui reste somme toute très limitée.

La Société Snapkin en a conscience et a souhaité se pencher sur le sujet afin d’ajouter un début d’intelligence artificielle, de reconnaissance de formes, et de limiter les processus de reprise manuelle, et tout cela à l’intérieur de solutions BIM telles que Revit.

Jérémy Guillaume, PDG

contact@snapkin.fr / Tél. : 04 67 13 00 75

https://my.snapkin.fr

Twitter : @Snapkin_Fr

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Jérémy Guillaume PDG de la société Snapkin nous en dit plus sur cette véritable petite révolution.

Bonjour Jérémy, c’est un plaisir de vous recevoir, à peine quelques mois après une première rencontre où vous nous aviez parlé de vos projets fort passionnants de capture de la réalité. Les choses ont bien avancé depuis.

Pourriez-vous tout d’abord présenter Snapkin à nos lecteurs en quelques mots ? D’où est née cette idée de créer la société, votre parcours, vos objectifs, et vos moyens ?

Snapkin est une startup Montpellieraine créée en 2013 qui a pour but de produire des technologies de retranscription du monde réel en virtuel grâce à l’utilisation de capteurs 3D. Notre première étape est d’automatiser la création de modèle BIM pour le bâti existant.

En fait, il y a 6 ans je clôturais une première entreprise que j’avais créée dans un univers très différent, celui du déménagement. Je développais une solution pour obtenir le volume d’objets à déménager de manière très simple et rapide sur internet, et en y réfléchissant j’ai découvert la Kinect de Microsoft utilisée comme capteur 3D. Étant développeur, je la « bidouillais » pour scanner en 3D des mobiliers et donc extraire leur volume. A ce moment-là mon amie était en école d’architecture et après l’avoir observée faire ses premiers relevés d’intérieur avec un télémètre laser je me suis dit que la complexité de la tâche et la perte de temps était monstrueuse.  J’ai donc réfléchi à l’adaptation du capteur 3D et à l’automatisation du traitement des données (nuage de points) pour l’architecture.

C’est sur cette base de projet que j’ai pu intégrer l’incubateur de l’école des Mines d’Alès et que j’y ai rencontré mon associé Damien Dous, ingénieur spécialisé en traitement d’image. A ce moment-là, le projet intégrait aussi le développement de notre propre scanner 3D. Cette partie matérielle a été abandonnée en 2015 du fait de l’arrivée de nombreux nouveaux scanners 3D sur le marché avec des prix qui baissaient et donc une concurrence en fort développement. Mais la solution du traitement des nuages points en « scan to BIM » n’était toujours pas résolu. Après ce pivot, nous avons commencé à générer du chiffre d’affaire avec une activité de service de modélisation BIM et une équipe de 6 architectes et dessinateurs. Cette activité s’appuyait sur les premiers résultats de notre technologie de scan to BIM automatisée. Cela nous a permis d’acquérir beaucoup de connaissances terrain et surtout d’améliorer nos algorithmes au quotidien.

Vous utilisez le machine learning pour ajouter une strate d’intelligence artificielle à vos outils. Pouvez-vous nous expliquer le concept svp ?

La problématique de compréhension d’un nuage de points en mathématique et en géométrie est chose vraiment complexe. Au niveau de la recherche quasi fondamentale, des solutions ont été trouvées mais cela reste théorique car l’utilisation du scanner 3D sur le terrain propose toujours des cas différents. Entre le bruit, les différentes architectures et les « zones d’ombre » (où il manque de l’information) il faut prendre en compte beaucoup de cas d’usage.

Nos algorithmes fonctionnent sur plusieurs briques technologiques que nous avons développées depuis 4 ans :

  • Le nettoyage du nuage de points basé en partie sur une intelligence artificielle
  • La détection d’objets architecturaux (murs, sols et plafonds) qui s’appuie sur des solutions mathématiques et géométriques appliquées
  • Les algorithmes de modélisation de ces éléments en objets BIM

Notre prochaine étape de développement va intégrer du deep learning et nous permettre d’aller encore plus loin dans la détection d’objets.

Quand nous nous étions rencontrés, le BIM n’était pas votre priorité première. Pouvez-vous nous expliquer comment l’idée a fait son chemin depuis ? Vous avez en effet acquis un fort niveau de maturité sur le domaine.

En effet, d’une part quand nous nous sommes rencontrés nous étions encore novices dans le monde du bâtiment et nous découvrions à peine le BIM. Et d’autre part la problématique de retranscription du monde réel en vectoriel et non en objet est je l’avoue beaucoup plus simple ! Sauf que le développement du BIM en France s’est accéléré et en écoutant nos futurs clients nous avons vite compris la nécessité d’aller dans ce domaine. Nous nous sommes alors rapidement formés au BIM, on a rencontré différents acteurs, participé à des salons… Très vite on a commencé à m’inviter à intervenir dans des conférences dans le domaine, cela fait vraiment plaisir d’avoir cette reconnaissance.

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Quel est votre cœur de métier et vos clients types ? Pourquoi cette priorité mise sur l’automatisation de la création de maquettes BIM ?

Même si nous gardons notre offre de service de modélisation de maquette numérique, notre cœur de métier reste le développement logiciel dédié au scan to BIM dédié aux architectes, géomètres, constructeurs et bureaux d’études. La finalité des maquettes est donc utilisée à des fins de rénovation / réhabilitation ou de maintenance et exploitation de bâtiment.

L’automatisation est pour nous la réponse la plus efficace pour traiter le volume de bâtiments à retranscrire en BIM de manière rapide et précise. On estime en France qu’il y a 2 milliards de mètres carrés à numériser, rien que pour la rénovation. La suppression de tâches fastidieuses et coûteuses va forcément aider le marché à suivre le pas du BIM en rénovation et en exploitation.

Quelles sont les solutions que vous proposez en quelques mots et en quoi sont-elles différentes de ce qui existe ou pas sur le marché ?

Notre solution phare s’appelle My Snapkin, elle est composée d'une suite de plugins (My Snapkin For Revit) et d'une plateforme web.

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L'utilisation est simple, il suffit d'utiliser le plugin d'envoi du nuage de points sur nos serveurs pour ensuite récupérer les résultats de l'automatisation directement dans Revit : nuage de points nettoyés, orthophoto créée et placée, niveaux de chaque étage positionnés et murs dessinés avec la bonne épaisseur. Le processus est vraiment rapide, il suffit de 10 min pour obtenir 1000m². My Snapkin For Revit contient aussi plusieurs outils pour faciliter le placement des portes et fenêtres ainsi que d'autres objets pour gagner en rapidité sur des tâches d'habitude fastidieuses (nettoyage de ses nomenclatures, affichage du nuage de points...). En fait la plupart des solutions du marché ne proposent que de la semi-automatisation, là où nous proposons une solution d'automatisation complète.

Je me permets de faire un peu de teasing, nous allons rajouter une nouvelle fonctionnalité très importante pour le contrôle qualité début 2018 ! L'idée est de proposer une colorisation du nuage de points du vert au rouge selon la distance de chacun des points à la maquette modélisée et ainsi avoir une cartographie qui va bien faire apparaître toute erreur.

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Nous avons aussi le produit Snapsend qui permet de dédensifier un nuage de points et donc de réduire sa taille de 70 à 90% et cela sans perdre en qualité. Cela facilite énormément les échanges de nuage de points sur internet, la fluidité sur des machines peu puissantes ou encore de réduire les coûts d'archivage.

Et bien sûr, nous avons toujours notre service premium de modélisation : notre équipe d'architectes et de dessinateurs peut réaliser des maquettes BIM avec beaucoup de détails selon un cahier des charges défini avec le client ; Ce service est notamment là pour accompagner des clients qui n'ont pas encore intégré des compétences sur Revit en interne.

Les processus d’automatisation sont-ils accessibles à n’importe quel professionnel ou doit-on passer par vos équipes qui agissent sur les projets ?

Nul besoin de passer par notre équipe contrairement à ces deux dernières années, le service d'automatisation est accessible à tous les professionnels qui utilisent Revit et qui se sont créés un compte sur my.snapkin.fr. Nous prévoyons de produire à terme directement de l'IFC téléchargeable sur cette plateforme SaaS.

Sur un projet classique où l’on récupère un nuage de points, combien de temps gagne un professionnel sur la création d’une maquette BIM Revit ?

Si l'on prend l'exemple d'un plateau de bureaux de 2000m² sur 3-4 étages : vous pouvez gagner 1/2 à 1 journée de travail entre le nettoyage du nuage de points, le placement des niveaux, la création des orthophotos et leurs placements bien géo-référencés dans chaque étage. Et au niveau du dessin des murs vous allez réduire à seulement 1,5 jours de travail, contre 4 à 5 jours auparavant.

Vos applications sont très riches et créent non seulement les murs, dalles, mais aussi les pièces n’est-ce pas ?

Nous allons en effet enrichir l'automatisation avec la création des pièces, mais je ne peux annoncer de date.

Cela traite-t-il l’intérieur et l’extérieur aussi ?

Pour l'instant notre algorithme n'est pas en mesure de traiter l'extérieur du bâti.

Quel est le degré de précision de ces maquettes ?

Cela dépendra de la qualité du nuage de points et de son niveau de bruit. En fait, notre algorithme va placer les faces des murs de manière à ce qu’elles correspondent au plan moyen, là où il y a la plus grande densité de points, donc nous sommes très proches de la précision des scanners.

Quels sont les entités architecturales ou les zones du bâtiment que vous ne traitez pas encore ?

De manière générale nous ne pouvons pas traiter les pièces qui comportent des voûtes, ou beaucoup de modénatures. Pour l'instant nous ne traitons que les murs en automatique, nous prévoyons d'y ajouter les poteaux, fenêtres, portes plus tard grâce à nos développements.

Vous avez développé vos solutions sur la base des API ouvertes de Revit. Quels ont été les éléments qui vous ont décidé à choisir cette solution BIM ?

Déjà nous avions une grande majorité de clients qui utilisent Revit, mais aussi parce que nous avions une plus grande expertise de cette solution avec notre équipe de dessinateurs et donc plus de valeur ajoutée à proposer.

Envisagez-vous de commercialiser vos solutions au plus grand nombre et sous quel délai ?

Nous venons de terminer une période de beta test de My Snapkin, et depuis quelques semaines elle est désormais disponible à l'adresse my.snapkin.fr avec la possibilité de la tester gratuitement pendant 1 mois !

Vous êtes capables de produire des fichiers IFC aussi, point qui est cher à Autodesk, pouvez-vous nous en dire plus ?

En fait, les IFC ne sont pour l'instant proposés que sur notre service premium, nous proposons de l'IFC 3 et 4. Courant 2018 notre automatisation proposera nativement de l'IFC.

Quelles sont les prochaines étapes de développement pour vos applications ? Les grandes fonctionnalités et/ou étapes attendues ?

Sur le premier trimestre 2018 nous allons donc rajouter notre outil de contrôle qualité de maquette versus le nuage de points (heatmap), puis un plus tard l'IFC natif à l'automatisation. Nous prévoyons aussi des améliorations à la détection de murs, et probablement 1 ou 2 nouvelles entités architecturales dessinées automatiquement.

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Sur quels événements ou à quel endroit peut-on vous rencontrer ? Avez-vous un distributeur ou vendez-vous en direct ?

Nous serons comme chaque année présents au BIM World les 28 et 29 mars 2018 mais aussi aux Enerj-meeting autour de la rénovation énergétique le 8 mars. Et bien sûr nous vendons en direct sur le site https://my.snapkin.fr/fr/usermanagement/product/, vous pouvez aussi contacter l'un de nos commerciaux qui pourra vous faire une démonstration à distance directement sur  https://www.snapkin.fr/demande-de-tele-demo/

Jérémy, encore merci pour ces éclairages sur vos belles solutions. Nous espérons vous revoir très vite pour voir les évolutions de Snapkin.

Bonne route du BIM !

Article publié sur ABCD Blog - Architecture, BIM & Conceptual Design by Autodesk
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Modéré par : Sylvain Bosquet

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