Les institutions et la normalisation aussi s’intéressent au tourisme durable

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Publié par Christian Brodhag

Le tourisme durable fait l‘objet d’un intérêt des institutions internationales depuis de nombreuses années. Un Code mondial d’éthique du tourisme a été adopté en 1999 par l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et reconnu en 2001 par l’Assemblée générale des Nations Unies comme un cadre de référence pour le développement d’un tourisme durable.

Le tourisme a été un des 7 thèmes arrêtés par le processus de Marrakech sur les modes de consommation et production durables. La France a présidé en 2006 le groupe de travail, qui a ouvert la voie à la constitution en 2011 du programme tourisme durable du cadre décennal des programmes sur les modes de consommation et de production durables (10YFP).

Le tourisme a été intégré par l’AG des Nations Unies en 2015 dans les objectifs de développement durable fixés pour la période 2015-2030. Ils visent à élaborer et mettre en œuvre des politiques visant un tourisme durable qui crée des emplois et met en valeur la culture et les produits locaux (ODD8.9) et à mettre au point et utiliser des outils de contrôle de son impact (ODD12,4) et faire bénéficier grâce au tourisme les petits États insulaires en développement des retombées économiques de l’exploitation durable des ressources marines (14,7)[1].

Enfin l’Assemblée générale des Nations-Unies, à sa soixante-dixième session, a proclamé 2017 Année internationale du tourisme durable pour le développement.

L’Année internationale fait la promotion du tourisme dans les cinq domaines clés suivants :

  • Croissance économique inclusive et durable
  • Inclusion sociale, emploi et réduction de la pauvreté
  • Utilisation rationnelle des ressources, protection de l’environnement et changements climatiques
  • Valeurs culturelles, diversité et patrimoine
  • Compréhension mutuelle, paix et sécurité.

En parallèle des approches politiques et institutionnelles, différents code de conduite et normes ont été développés. Deux approches s’opposent depuis le GT tourisme durable.

Le développement du tourisme durable soutenu par le PNUE qui vise le développement des formes de tourisme centrées sur le développement durable avec notamment l’écotourisme. Ce dernier étant un levier pour donner de la valeur à la faune sauvage et donc pour financer sa protection.

Le développement durable du tourisme soutenu par l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) qui vise l’ensemble de l’industrie touristique.

Ces deux cibles visées par les acteurs économiques de la filière différents vont conduire à des normes elles aussi différentes.

La diminution de la pression environnementale de l’industrie notamment des hôtels grâce à l’application de normes management environnementale comme l’ISO 14001 … La certification HQE se développe aussi pour les hôtels. Le Ministère Français en charge de de l’environnement a lancé en mars 2017 un affichage environnemental pour les hôtels qui prend en compte plusieurs critères : l’impact sur le climat, la consommation d'eau, la consommation de ressources non renouvelables et les produits bio et écolabelisés.

Des labels plus spécifiques liés à l’écotourisme ont été développés par des associations. La Clef verte, par exemple, label volontaire en Europe de gestion environnementale pour les hébergements touristiques, créé en 1994 attribuée par la Fédération pour l’Éducation à l'Environnement. Le label Chouette Nature créé par Cap France en 2004 pour ses hébergements conduit à la certification management environnement ISO 14001. Green Globe, certification internationale, est présente dans plus de 87 pays.

Mais si dans les pays développés la durabilité du tourisme est principalement liée à la maîtrise de son impact environnemental, dans le reste du monde sa contribution au développement des pays et une relation saine aux communautés locales sont aussi largement prises en compte. Un sondage a été diligenté en 2016 par l’association Agir pour un tourisme responsable auprès des clients de ses 20 membres. Les réponses de près de 7000 clients ont montré un équilibre entre les deux composantes environnementale et sociale/culturelle : préserver la faune et la flore (85%) vient peu après le respect du patrimoine, de la culture et des populations d’accueil (94%).

Christian BrodhagUn référentiel incluant la dimension sociale

Devant la multiplication des labels et des critères existants tant pour les hébergements que plus largement pour les destinations, le groupe de travail sur le tourisme durable du processus de Marrakech a soutenu la constitution du Partenariat mondial pour les critères de tourisme durable, créé en 2007[2]. Fusionné avec le Sustainable Tourism Stewardship Council (STSC) il a donné naissance en 2010 au Conseil mondial du tourisme durable (GSTC). Le GSTC établit et gère deux ensembles de critères : des critères de destination pour les décideurs publics et les gestionnaires de destination, et des critères de l'industrie pour les hôtels et les voyagistes. Ce sont les principes directeurs et les exigences minimales que toute entreprise ou destination touristique devrait aspirer à respecter afin de protéger et de soutenir les ressources naturelles et culturelles du monde, tout en garantissant que le tourisme atteint son potentiel en tant qu'outil de conservation et de réduction de la pauvreté. [3]

Le GSTC reconnaît par un Panel d'accréditation indépendant des normes de tourisme durable privées jugées équivalentes aux critères de GSTC pour le tourisme durable. Cela signifie que le GSTC a vérifié que la norme s'harmonise avec ses critères et que toute clause supplémentaire ne contredit pas leurs exigences. Plusieurs organismes de certification sont reconnus par le GSTC : Control Union Certifications, EarthCheck, Ecotourism Australia et Rainforest Alliance.

Enfin deux normes ISO (Organisation internationale de normalisation), devraient voir le jour à l’échéance de 2018. Le première, initiée par le Brésil et pilotée par le groupe de travail TC 228 de l’ISO concerne le management responsable des infrastructures hôtelières, avec des critères liés à l’environnement et à des aspects sociétaux. Une seconde norme envisagée concerne, le tourisme d’aventure qui est en interaction forte avec les populations locales, de la faune et dans la nature.

Christian Brodhag

Président de Construction21.

Il a présidé de 2006 à 2008 le Groupe de travail mondial sur le tourisme durable du processus de Marrakech.



[1] 8.9 By 2030, devise and implement policies to promote sustainable tourism that creates jobs and promotes local culture and products, 12,4 Develop and implement tools to monitor sustainable development impacts for sustainable tourism that creates jobs and promotes local culture and products. 14,7 By 2030, increase the economic benefits to Small Island developing States and least developed countries from the sustainable use of marine resources, including through sustainable management of fisheries, aquaculture and tourism

[2] Partnership for Global Sustainable Tourism Criteria was formed in 2007

[3] The Global Sustainable Tourism Council (GSTC) establishes and manages global sustainable standards, known as the GSTC Criteria. There are two sets: Destination Criteria for public policy-makers and destination managers, and Industry Criteria for hotels and tour operators. These are the guiding principles and minimum requirements that any tourism business or destination should aspire to reach in order to protect and sustain the world’s natural and cultural resources, while ensuring tourism meets its potential as a tool for conservation and poverty alleviation.

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Modéré par : Sylvain Bosquet

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