Les îlots de chaleur urbains de la métropole lilloise

Les îlots de chaleur urbains (ICU) sont donc des microclimats artificiels spécifiques des milieux urbains à partir desquels les villes sont en moyenne plus chaudes que la campagne (ou zone périphérique).

Cette différence de température s’explique par l’occupation du sol (végétal, minéral, milieu urbain…), les coloris des revêtements (albédo), ainsi que les conditions géographiques (reliefs naturel et urbain, orientation du bâti et exposition aux vents).

Concernant la métropole lilloise, l’ADULM a mis en évidence les principaux facteurs d’échauffement de la ville (l’effet matériaux, l’effet orientation, l’activité anthropique et la densité) et à l’inverse, les zones de fraicheur préservées par la couverture végétale (arbres et zones enherbées).

Les villes métropolitaines les plus concernées par les ICU sont La Madeleine, Lambersart, Saint-André-lez-Lille, Lille, Mons-en-Baroeul et Roubaix.

L’effet « îlot de fraîcheur »

Les arbres, les plantes, les jardins, les parcs, et de manière plus générale, tous les espaces couverts de végétaux jouent un rôle de régulateur thermique au sein des villes en rafraichissant l’air par l’évaporation issue des sols et la transpiration issue des plantes.

Le feuillage des arbres réfléchit la trajectoire du rayonnement solaire d’environ 30% et en absorbe près de la moitié. Résultat : les zones arborées outre les ombres portées, demeurent plus fraîches.

Effet du végétal dans les espaces publics : le pavé en roche porphyre de la Place Richebé (Lille) réchauffe fortement l’atmosphère (radiation de plus de 40°C) et le végétal en limite les effets.

L’effet matériaux

Parmi les principales causes des ICU, les enrobés des routes et le choix des matériaux dans les espaces publics sont prépondérants.

La capacité thermique représente la quantité de chaleur que les matériaux emmagasinent lorsque leur température augmente d'un degré. Les matériaux utilisés dans l’aménagement des voiries sont de manière générale des conducteurs de chaleur avec une capacité thermique élevée, et donc avec une forte restitution de chaleur pendant la nuit.

Le parvis de Rotterdam composé de pierre bleue calcaire de par sa forte capacité thermique reste chaud la nuit et réchauffe l’air ambiant du matin (la chaleur de la dalle étant comprise entre 23 et 26°C au lever du soleil).

L’effet orientation

L’effet orientation désigne les échauffements de places, façades, murs et autres espaces fortement exposés à la course du soleil (orientation sud, sud-est et sud-ouest).

En fin de journée, les façades orientées à l’ouest et sud-ouest de la métropole lilloise peuvent atteindre une température de plus de 50°C.

Cette exposition peut s’avérer problématique en termes de santé publique puisqu’elle concerne les ERP (gare Lille Flandres – 48°C en fin de journée), des résidences ou chambres d’hôtels (Quai du Wault à Lille – 45°C en fin de journée et 30°C en fin de nuit) ou bien des bureaux (Place du Générale de Gaulle à Lille – 51,8°C en fin de journée et 27°C en fin de nuit).

L’activité anthropique

L’activité anthropique désigne l’élévation de température des matériaux induite par l’activité humaine. Ainsi, le réseau routier est  réchauffé à hauteur de 1 degré par le passage des voitures (moteurs thermiques) et certains secteurs équipés d’un réseau de chaleur urbain peuvent être réchauffés jusque 5 degrés supplémentaires.

Les tissus urbains

La forme de la ville (sa morphologie) est également une cause explicative des ICU.

L’habitat dense et dépourvu de végétal aura tendance à s’échauffer davantage et à retenir la chaleur captée en pleine journée : il s’agit des maisons de villes hautes, les villas discontinues, les logements collectifs et l’urbain continu dense.
En revanche, les pavillons peu denses, les maisons de villes jumelées ou groupées denses  demeurent relativement plus frais en période caniculaire.

En moyenne, l’étude met en évidence une différence de température de 1°C en raison de la seule différence entre les morphologies de l’habitat.

Synthèse de l’étude « Les îlots de chaleur urbains (ICU) » (ADULM, Juin 2017) – Guy Chautard 

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