Evolutions des agricultures urbaines à Paris et autour de Paris depuis le Moyen-Age

 Dossier agriculture urbaine  agriculture urbaine  végétal
Publié par Pierre DARMET

Le recul des terres agricoles et l’augmentation de la population ont amené très tôt Paris et ses alentours à initier une réflexion autour de l’approvisionnement alimentaire. La végétalisation de la ville et la production urbaine de fruits et légumes sont plus anciens qu’il n’y parait de prime abord. Retour sur neuf siècles de réflexion et d’aménagement.

La création de halles en 1137 sur le lieu-dit Les Champeaux (« les petits champs ») alors situé extra muros, témoigne des premiers développements d’une économie agricole monétarisée reliée à la demande urbaine 

Le XVIIème siècle a été marqué par un retour de la nature dans la ville.Dans la première partie de ce siècle ont été construits, selon des modèles venus d’Italie, plusieurs palais accompagnés de vastes parcs d’agrément. 

Au nord de Paris, à Aubervilliers, la plaine des Vertus était devenue depuis la fin du XVIème siècle une aire majeure de production légumière, utilisant de façon massive les gadoues urbaines, organisation en « économie circulaire » pour utiliser un vocabulaire actuel.

Au XIXème siècle, se produit un verdissement de la ville de Paris et l’apogée de la vie rurale de banlieue. C’est sous influence anglaise que s’opère une nouvelle phase de verdissement de la ville-capitale, à l’époque de Napoléon III.

Une autre création majeure de l’époque du Second Empire fut, à partir de 1854, la construction des Halles dites « de Baltard ». Pendant plus d’un siècle, les agriculteurs de la banlieue parisienne purent ainsi profiter des commodités de mise en marché mises en place dans le « ventre de Paris ». Le transfert des halles de Baltard au sud de Paris, à Rungis, n’eut lieu qu’en 1969.

L’apogée de la vie rurale de banlieue a été placée par Michel Phlipponneau dans la seconde moitié du XIXème siècle. 

Concernant les transports, la généralisation progressive de l’utilisation de camionnettes automobiles a permis à partir des années 1920 un très net élargissement des zones de production de cultures spéciales. On observe un développement de cultures légumières (qui passent de 13 000 hectares en 1892 à plus de 20 000 hectares en 1950) et parfois fruitières sur des fermes de grande culture, une progression des cultures de plein champ arrosées ou irriguées, le développement de cultures fruitières intensives. Les superficies consacrées aux vergers doublent entre 1892 et 1950 (passant de 6500 à plus de 13 000 hectares). Quant aux jardins familiaux, ils passent entre ces deux dates de 16 000 à 25 000 hectares. Toutefois, même si les apports en fruits et légumes aux Halles de Paris augmentent en valeurs absolues de 70% entre 1895 et 1950, la population parisienne s’est accrue de plus de 2,5 millions de personnes sur la période 1901 et 1954.  Il en est résulté un net recul, en valeur relative, de la participation des fruits et légumes franciliens à l’approvisionnement de Paris, avec un pourcentage qui est passé de 80% en 1895 à 60% en 1913, puis à 45% en 1950  et 2% aujourd’hui !.

Depuis les années 1950, recul des cultures fruitières et maraîchères ainsi que des activités d’élevage, malgré un contrôle de plus en plus efficace du recul des terres agricoles. 

Si le rythme du recul des terres agricoles franciliennes se trouve aujourd’hui contenu autour de 1000 à 1500 hectares par an, il fut beaucoup plus important à l’époque des « Trente Glorieuses », et même après, jusque dans les années 1980 et 1990. Entre 1968 et 1975, ce recul annuel des terres agricoles fut de 6500 hectares et entre 1975 et 1982 de 4400 hectares. De 1982 à 1999, il fut de l’ordre de 2400 à 2500 hectares, ce qui correspond pour l’ensemble de cette période à une perte de plus de 40 000 hectares de terres agricoles.

Article signé Xavier Laureau, Agriculteur et entrepreneur, Les Fermes de Gally

Modéré par : Clément Gaillard

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