#11 - Entretien : L’innovation au service de la qualité de l’air intérieur

Publié par Héloïse Pitard

Dans le secteur du bâtiment, des innovations émergent pour réduire la consommation énergétique et la qualité de l’air intérieur. Le Groupe VELUX, en collaboration avec Netatmo, a développé une solution intelligente permettant de contrôler automatiquement l’ouverture et la fermeture des fenêtres, stores extérieurs et volets roulants pour un habitat sain et confortable.

Entretien réalisé avec Lison Michelet, Olivier Sabater et Héloïse Pitard

 

En quoi innovation et qualité de l’air intérieur sont liés ?

Avec une vie de plus en plus sédentaire, la qualité de l’air intérieur est devenue un enjeu majeur de santé public. Nous passons en effet près de 90% de notre temps dans des bâtiments dont la conception n’est pas optimale. Nous sommes donc en contact permanent avec des polluants extérieurs et intérieurs. Par ces derniers on entend notamment le CO2 ou les émanations toxiques issues des matériaux, de la cuisine et des autres activités réalisées dans les pièces confinées. Cela peut être traité par une ventilation mécanique, mais ouvrir les fenêtres pour aérer reste une bonne solution. Néanmoins, on s’aperçoit que ce geste, qui doit être quotidien, est souvent oublié. C’est là qu’une solution intelligente peut prendre le relais.

 

En quoi consiste la solution mise sur le marché ?

En partenariat avec Netatmo, qui réalise la partie logiciel et l’application, nous fournissons un kit qui commande automatiquement l’ouverture des ouvrants. Celui-ci comprend des capteurs qui détectent les variations de température, d’humidité ou de concentration en CO2. A partir de ces données et des prévisions météorologiques, l’intelligence de la solution détermine s’il faut ouvrir les fenêtres pour aérer. En fonction des données météorologiques collectées sur internet, elle peut aussi anticiper une hausse de chaleur et fermer en anticipation les stores ou les volets roulants avant qu’il ne fasse trop chaud. Cela est intéressant, car, bien souvent, lorsque l’on ouvre manuellement les fenêtres ou baisse les volets, il est trop tard pour réguler efficacement la température. À tout moment l’utilisateur peut reprendre la main sur l’automatisation grâce à son application mobile. Le particulier peut également personnaliser les réglages de la solution comme l’horaire de mise en service ou demander à verrouiller les ouvrants par un simple bouton, avant un départ en vacances par exemple. Par ailleurs, aucun abonnement n’est nécessaire et les données collectées ne sont pas partagées. Le seul échange concerne la récupération des informations météorologiques via internet.

 

Comment avez-vous développé cette solution ?

Nous avons débuté dès 2010 avec un démonstrateur dans lequel une famille a vécu pendant un an. Dans cette maison, elle a testé le confort de vie en conditions réelles, constatant notamment la disparition des crises d'asthme de leur fils ainé. Dans ce prototype, la qualité de l’air était régulée en fonction des taux de CO2 et d’hygrométrie. Nous avons ensuite renouvelé l’expérience en 2016 dans une école maternelle de Marcey-les-Grèves (Manche). La mairie et les cabinets MEDIECO Conseil & Formation, spécialiste des thématiques de santé dans le bâtiment, et CompoSite Architectes étaient partenaires du projet. On a pu voir que les ventilations mécaniques et naturelles étaient complémentaires, cette dernière permettant notamment de diminuer les pics de pollution en lien avec l’occupation des salles.

Nous avons, par ailleurs, lancé cette année une troisième expérimentation dans une école élémentaire à Saint-Germain-en-Laye, pour valider de nouvelles hypothèses.

 

 

Ecole maternelle de Marcey-les-Grèves - Crédit photo : Architecte : Bernard Benoit, CompoSite architectes – crédit photo : Imagizz communication

 

Ce système est-il déjà livré avec des bâtiments ou est-ce un élément qui s’ajoute à de l’existant ?

Pour l’heure, nous essayons de faire connaitre notre système. Il n’a donc pas encore été pris en compte dès la phase de conception d’un bâtiment. Néanmoins, cela est tout à fait possible, d’autant que l’une de ses caractéristiques est d’être évolutif. On peut ainsi adapter le nombre de capteurs au type de bâtiment et imaginer n’importe quel type de routine de fonctionnement ou de collecte de données. Aujourd’hui, il est pilotable via smartphone ou la voix et il sera bientôt compatible avec Google Home, Alexa et Apple HomeKit.

 

Propos recueillis par Clément Gaillard.

 

Pour en savoir plus :

Obligation de surveillance de la qualité de l’air dans les établissements scolaires : c’est dans un an !

Consultez l’étude de cas de la Maison Air et Lumière, Velux Model Home 2020



Modéré par : Alice Dupuy

Autres actualités dans "Information"

#19 - Quel(s) modèle(s) pour la datacité ?

Publié le 17 juin 2019 - 13:02

La disponibilité de données et leur utilisation, par les citoyens, les acteurs publics et privés ouvrent des perspectives pour le développement durable et les innovations. Mais l’information considérée comme bien commun au service (...)

#18 - Datafoncier : les données foncières au service des territoires

Publié le 17 juin 2019 - 12:32

Depuis 2009, le Cerema retraite et enrichit les données foncières au service des acteurs publics, et les accompagne dans leurs usages via un réseau d’experts multi-thématiques. Consommation d’espace, mobilisation du foncier pour le (...)

"On doit encourager la revitalisation du bâti existant" (E.Philippe)

Publié le 17 juin 2019 - 10:21

REVITALISER. En clôturant le Congrès annuel de l'association Villes de France, le Premier ministre a assuré vouloir "mettre le paquet" sur la revitalisation des villes moyennes et de leurs centre-villes en encourageant la rénovation (...)


Commentaires





Recherchez parmi les Actus

Entrez votre propre mot-clé



Autres actualités



Catégories


Articles les plus lus