Contrats de performance énergétique : une régulation au jour le jour pour garantir la performance

Les équipes d’Eiffage Énergie Systèmes gèrent plusieurs contrats de performance énergétique dans le logement social, les établissements scolaires et les transports urbains. Outre des travaux initiaux permettant d’assurer une rénovation énergétique en profondeur, le pilotage fin des équipements est essentiel pour garantir la performance. Retours d’expérience.

Dix-neuf lycées de la région Centre-Val-de-Loire répartis sur six départements, 15 920 élèves et 2 587 professeurs et personnels administratifs concernés sur une surface totale de 320 000 mètres carrés : le contrat de performance énergétique (CPE) conclu en 2010 par Eiffage Énergie Systèmes avec la région Centre était un partenariat d’envergure, l’un des premiers de cette ampleur à l’époque.

Il comprenait un volet travaux conséquent avec 32 millions d’euros d’investissements de rénovation menés en seulement dix-huit mois. Il était assorti d’un important contrat d’exploitation sur une durée de quinze ans au total, autrement dit jusqu’en 2025.

Économies importantes

De bons résultats sont au rendez-vous : en moyenne, les économies d’énergie générées atteignent 37% à 38%, bien qu’elles soient en retrait par rapport aux 41% prévus. Il était attendu certaines économies de plus de 50%, toutes énergies confondues, sur le chauffage, tandis que la diminution des émissions de gaz à effet de serre est évaluée à plus de 57%.

« Nous avons démontré qu’il est possible de diminuer sensiblement les factures énergétiques tout en préservant le confort», se félicite Fabrice Laversanne, responsable du pôle CPE chezEiffage Énergie Systèmes. Le maître d’ouvrage a pu ainsi réaliser des économies importantes de l’ordre d’un million d’euros par an en 2013 et 2014, un chiffre qui a ensuite diminué en raison de la baisse des prix du gaz.

Une modernisation d’ampleur avait d’abord été conduite avec le renforcement de l’isolation des bâtiments au niveau des façades, des planchers et des sous-sols, et le changement des menuiseries extérieures. Ces travaux ont permis de diminuer structurellement la consommation des établissements d’enseignement. Puis les équipements de production énergétique ont été profondément renouvelés : remplacement des chaudières, recours aux énergies renouvelables avec l’installation de pompes à chaleur et de chaufferies bois, ou encore mise en place de dispositifs de ventilation double-flux.

Les systèmes de gestion technique centralisée du bâtiment et de gestion de l’éclairage qui ont été installés, permettent, pour leur part, d’assurer un pilotage des installations au plus près des besoins et d’optimiser le rendement des équipements. Cette phase de travaux s’est toutefois révélée complexe dans la mesure où elle s’est déroulée en site occupé et dans une période courte.

Pilotage et suivi énergétique au jour le jour

Une cellule de pilotage et de suivi énergétique avait été mise en place à Joué-lès-Tours dès le début du contrat. À compter de 2013, les équipes ont pu entrer pleinement dans la phase d’exploitation proprement dite. Les agences locales d’Eiffage Énergie Systèmes dans chacun des six départements assurent, pour leur part, la maintenance préventive et corrective ainsi que la conduite de leurs installations.

Dans le cadre des opérations de gros entretien et renouvellement, des modifications furent apportées entre 2015 et 2017 afin d’améliorer le fonctionnement et le rendement des équipements. De manière complémentaire, une éco-animatrice issue du service maintenance, mobilisée expressément en ce sens, mène diverses actions pour sensibiliser lycéens, professeurs et personnels administratifs aux économies d’énergie et les mobiliser autour des enjeux énergétiques et environnementaux qu’implique ce contrat.

Quant au volet « suivi énergétique », dernier levier pour parvenir aux performances attendues, il a fallu mettre en place un pilotage de plus en plus fin lycée par lycée, par un suivi d’abord mensuel, puis hebdomadaire, et enfin journalier – grâce aux données issues des compteurs via la GTC. Tout ceci est fondé sur le protocole international de mesure et de vérification du rendement PIMVR afin de fiabiliser les systèmes de comptage et pouvoir ajuster le périmètre énergétique plus aisément en cas de besoin (par exemple, une utilisation plus intensive des salles de cours sur certaines semaines de l’année).

Désormais, pour aller plus loin et parvenir à atteindre les 41% d’économie d’énergie qu’elles se sont fixées, les équipes d’Eiffage Énergie Systèmes ont entrepris d’auditer les lycées où des marges de progression existent de manière à réaliser des améliorations techniques, notamment en termes de réglage, et ainsi trouver les quelques pourcents d’économies manquants pour que la réussite soit totale.

Nouvelles technologies numériques

Les équipes d’Eiffage Énergie Systèmes en Haute-Normandie font des constats similaires. Elles gèrent pour Habitat 76, le plus important bailleur social de Normandie, un marché de performance pour 700 logements répartis sur cinq communes dans la banlieue de Rouen.

Dix-huit mois de travaux de rénovation lourde ont permis de diminuer les déperditions énergétiques des bâtiments grâce notamment à l’isolation des façades par l’extérieur et de renouveler les équipements de production de chaleur avec l’installation de chaufferies gaz de nouvelle génération et de systèmes de gestion de l’eau chaude sanitaire robustes.

« L’engagement que nous avons pris en tant qu’exploitant - rechercher le meilleur rendement possible - a permis de générer près de 35% d’économies d’énergie et nécessite un niveau de conduite et d’entretien bien supérieur à ce qui était le cas auparavant », souligne Philippe Berquet, responsable d’exploitation chez Eiffage Énergie Thermie Normandie.

Les nouvelles technologies numériques facilitent la tâche des techniciens, la gestion technique du bâtiment comme les objets connectés permettant, à condition d’être bien paramétrés, de faire remonter les données pertinentes. Un monitoring très fin à la journée n’en est pas moins, là aussi, la condition nécessaire pour atteindre une véritable performance.

D’une manière générale, avec les enjeux de rénovation énergétique des bâtiments et les attentes renforcées de massification des CPE, les opportunités commerciales devraient se renforcer en matière de gestion durable du patrimoine et des équipements des clients. Précisément, Eiffage Énergie Systèmes a lancé en 2016 une gamme complète de services en faveur de l’innovation énergétique, Uptimum qui comprend cinq phases: la réalisation d’audits énergétiques, le pilotage des installations pour un suivi in situ ou à distance, la sensibilisation des consommateurs, la valorisation du patrimoine par la réalisation de travaux dans le cadre de programmes pluriannuels et l’accompagnement des clients pour la recherche de financement. Cette démarche d’efficacité énergétique permet de structurer les réponses aux CPE, d’apporter des innovations énergétiques pour valoriser ces réponses et d’optimiser les solutions apportées.

Accompagnement sur mesure de l’exploitant du métro de Toulouse

Fontanié, filiale d’Eiffage Énergie Systèmes Sud-Ouest, s’est engagée via un système de bonus-malus à réduire les consommations d’énergie électriques des lignes A et B du métro de la métropole toulousaine, en optimisant notamment les systèmes d’éclairage.

Partenaire depuis 1993 de Tisséo, le syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération de Toulouse qui accueille aujourd’hui plus de 115 millions de passagers par an, Fontanié, filiale d’Eiffage Énergie Systèmes Sud-Ouest, était en charge depuis 2012 d’une partie de la maintenance électrique des deux lignes A et B.

En juillet 2017, l’entreprise s’est vu confier par le client exploitant public un nouveau marché de maintenance et de performance énergétique sur le lot électricité. Ce marché porte sur les équipements courants forts, courants faibles et détection incendie et courra jusqu’en 2024 : après une année de référence 2017-2018 nécessaire pour réaliser toutes les mesures, analyses et inventaires, suivront six années d’exploitation du 1er juillet 2018 au 30 juin 2024.

Concrètement, les équipes de Fontanié se sont engagées à réduire les consommations des sites Ateliers des lignes A et B sachant qu’elles opèrent sur un périmètre correspondant à 3% de la consommation de la ligne A - autrement dit, un périmètre de 500 000 kWh/an sur une consommation totale de la ligne de 21 millions de kWh/an – et à 1,5% de la ligne B - à savoir 400 000 kWh/an sur une consommation totale de 23 millions de kWh/an.

Analyse de la performance énergétique

L’enjeu ? Réduire la consommation d’éclairage qui représente la quasi-totalité des dépenses sur le périmètre contractuel. Fontanié est intéressée via un système de bonus-malus. L’objectif cible de réduction se monte à 12% de l’année de référence. Si la performance atteinte s’inscrit dans un « tunnel de neutralisation » de +3% ou -3% par rapport à cet objectif, il n’y a ni bonus, ni malus. Au-delà des +3%, un bonus est constaté puis partagé entre l’entreprise et le maître d’ouvrage, qui s’engage à réinvestir tous les gains ainsi générés (50% du bonus et gain sur facture). Si, en revanche, la non-performance dépasse les -3%, l’entreprise écope d’un malus et doit assumer la perte à 100%.

Fontanié compte atteindre 18,5% de performance sur l’atelier ligne A et 14% sur l’atelier de la ligne B sur l’année 2018-2019 grâce à l’optimisation des temps de fonctionnement des éclairages par zone d’usage via l’analyse de la performance énergétique d’une part, et le remplacement d’équipements par des matériels plus performants, d’autre part. Les nouveaux équipements choisis seront éligibles aux certificats d’économie d’énergie et permettront tout à la fois de gagner en qualité tout en apportant à l’entreprise une compensation financière. Ce faisant, Fontanié pourra également conforter son réseau avec ses partenaires Certinergy, GEO PLC et Cameo, tous spécialisés dans la conception, la gestion et le déploiement de programmes de financement en efficacité énergétique.

Nouveaux gisements d’économie

Les économies attendues par l’autorité organisatrice des transports urbains restent encore limitées - près de 15 000 euros pour la ligne A et de 10 000 euros pour la ligne B. Mais Fontanié a d’ores et déjà identifié des gisements beaucoup plus conséquents.

« L’optimisation de l’éclairage dans les stations de métro, les tunnels, les parkings extérieurs comme les parkings à silo, qui sont tous fortement consommateurs, pourrait permettre de réaliser jusqu’à 150 000 euros d’économies par an pour chacune des lignes, souligne Florian Duclos, responsable d’activité chez Fontanié. La démarche est déjà lancée, car nous remplaçons actuellement 850 blocs autonomes d’éclairage de sécurité permanent 20W par leur homologues LED de 8W avec, à la clé, une économie de 8 000 euros par an sur la facture. C’est dire que nous accompagnons notre client public afin de l’inciter à élargir le périmètre du contrat de performance énergétique et ainsi à réduire plus sensiblement son empreinte écologique. »

Un tel effort permettrait de sensibiliser plus aisément les usagers, car des données en termes d’économies réalisées par mètre carré ou par passager pourraient à terme être calculées et leur être communiquées.

Article rédigé par Sophie Sanchez, chargée des relations institutionnelles au sein du Groupe Eiffage

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