Big retail : comment faire baisser la consommation d’énergie dans les grandes surfaces

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Publié par Deepki SAS
 

Éclairage des surfaces de vente, climatisation, chauffage, préservation du froid… la facture d’énergie est souvent salée pour les enseignes du big retail. La maîtrise des dépenses énergétiques est aujourd’hui un véritable enjeu, tant économique qu’environnemental.

Quelles améliorations peuvent être réalisées par les gestionnaires de grandes surfaces commerciales pour améliorer leur efficacité énergétique ? État des lieux et bonnes pratiques à mettre en œuvre dans le secteur du big retail.

La grande surface type en France

La surface moyenne des magasins en France s’élève à 2 240 m2*. Sur ce graphique, on peut constater qu’il existe de fortes disparités de superficie, certaines surfaces pouvant atteindre plus de 40 000 m2. Les très grosses surfaces correspondent généralement aux centres commerciaux propriétaires de galeries.

* D’après un échantillon représentatif de 3 513 grandes surfaces
La répartition de la surface totale des grandes surfacesLa facture moyenne d’une grande surface est de 75 200 € HT/an. Peu de sites ont des dépenses énergétiques supérieures à 100 000 € et 85 % des grandes surfaces consomment moins de 125 000 € HT/an. La consommation surfacique moyenne sur cette population est de 408 kWh/m2 : elle est inférieure aux petites surfaces, mais permet quand même d’envisager des gains d’efficacité énergétique ! Sur l’échantillon, 50 % des sites observés ont une consommation surfacique comprise entre 200 et 700 kWh/m2.

Big retail : des gains facilement réalisables en 5 actions

Dans le big retail, 4,7 millions d’euros HT, soit 5 500 TeqCO2, pourraient être économisés sur une facture moyenne totale de 70 millions d’euros ! Soit un gain de 7 %, équivalent aux émissions de gaz à effet de serre de 40 européens pendant 10 ans !

5 grands types d’actions peuvent être envisagées pour générer ces gains à l’échelle d’un parc :

1.   Diminution de la puissance de crête : la diminution de la puissance atteinte en journée sur l’ensemble des GMS (grandes et moyennes surfaces) permettrait d’éviter un surdimensionnement global des contrats. Il s’agit de chercher la meilleure période d’allumage de certains équipements pour éviter qu’ils consomment tous en même temps.
2.   Révision des lois horaires : l’extinction nocturne des équipements permet de faire des économies dans les grandes surfaces, même si chaque appareil consomme peu : c’est l’addition de toutes les petites économies d’énergie qui permet d’obtenir une réduction importante de la puissance consommée.
3.   Extinction des éclairages le midi : cette extinction peut représenter des économies de 50 kW de puissance instantanée. Sur une chaîne de 500 magasins, les dépenses peuvent rapidement s’avérer conséquentes, même sur 2h par jour.
4.   Optimisation tarifaire : comme dans l’immobilier de bureaux, le secteur du big retail dispose de contrats basés sur de grosses puissances, qui peuvent évoluer dans le temps avec les négociations. Il est alors nécessaire de souscrire au contrat le plus adapté aux consommations énergétiques en choisissant la formule tarifaire idéale.
5.   Amélioration des installations : il est possible de générer des gains d’énergie en régulant certains paramètres tel que le débit d’air renouvelé d’un magasin en fonction de sa fréquentation et donc du taux de CO2 atteint dans la journée. Lors de la baisse d’activité comprise entre 13h et 16h, la consommation d’énergie nécessaire au traitement de l’air peut ainsi être réduite.

Économie du big retail : difficultés d’intervention et bonnes pratiques

Comme dans les bâtiments de bureaux, les gestionnaires rencontrent parfois des difficultés pour appliquer les mesures d’économie du fait d’une multiplicité d’intervenants (asset manager, property manager et facility manager). Ces magasins peuvent en effet avoir affaire à des foncières ou des entreprises externes, qui ne font pas de retail. La difficulté consiste alors à amener les deux parties à considérer l’importance des rénovations sur le bâtiment et à dépasser les conflits d’intérêts.

Des décisions pas toujours compatibles

La configuration d’un parc peut inclure des activités très différentes : les décisions de régulation du chauffage peuvent être incompatibles avec l’activité du commerce à optimiser. Les décisions internes et les activités marketing au sein d’un magasin peuvent également être en contradiction avec les propositions des bureaux d’étude.

Sur les très gros parcs immobiliers, il est conseillé d’utiliser les pouvoirs de la data pour calculer les gains pouvant être générés par différents types d’action. On peut ainsi mettre l’accent sur des actions peu coûteuses, sur lesquelles on peut attendre un bon retour sur investissement et qui parlent à tout le monde.

Les recommandations techniques privilégiées dans le secteur du big retail sont de 2 ordres :

1.   Bloquer les commandes de climatisation afin d’éviter la modification du fonctionnement du chauffage par les salariés, y compris les techniciens. Lorsqu’une décision d’optimisation est prise au niveau d’un parc immobilier, il faut veiller à ce que les réglages ne soient pas modifiés localement.
2.   Vérifier la bonne régulation générale de l’ensemble du système CVC : il convient de s’assurer qu’il n’y a pas de consommation d’énergie pour la production de chaud et de froid en même temps, que la température de consigne du dimanche et de la nuit n’est pas égale à la consigne de jour, mais aussi qu’on peut éteindre le chauffage avant le départ des employés. Les économies réalisées sur la régulation générale, souvent centralisée, peuvent être conséquentes, même sur de courtes périodes.

Les grandes surfaces affichent encore aujourd’hui une consommation surfacique moyenne très élevée pouvant représenter des coûts énergétiques énormes, de l’ordre de 5 millions d’euros par an ! Les économies d’énergie sur ce poste peuvent peser lourdement sur la gestion du parc immobilier. Dans le big retail, pour générer des gains d’énergie sans avoir à investir lourdement, il faut concentrer ses efforts sur la régulation de bâtiments métalliques souvent mal isolés qui sont de vraies passoires énergétiques.

 

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Modéré par : Izadora Alcanfôr

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