Bâtiments de bureaux : comment réaliser des économies d’énergie ?

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Publié par Deepki SAS
Daprès l’ADEME, le secteur tertiaire représente en France environ 15% de la demande en énergie, les branches commerce et bureaux arrivant en tête des dépenses. Dans l’immobilier de bureaux, les factures énergétiques constituent d’ailleurs une part importante des charges pour les entreprises. La maîtrise des dépenses d’énergie est devenue stratégique pour les gestionnaires de bâtiments à usage professionnel. Mais comment réaliser des économies d’énergie dans l’immobilier d’entreprise ? État des lieux du secteur et préconisations pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments de bureaux.

Portrait-robot des bâtiments de bureaux en France

Il existe une grande diversité de configurations, mais les bâtiments de bureaux correspondent majoritairement à des sièges d’entreprise, des centres administratifs ou des centres d’affaires. La plupart appartiennent à des foncières qui louent ces surfaces à d’autres sociétés. Eparpillés dans toutes les villes françaises, les bâtiments sont constitués de bureaux ou d’open space, dans lesquels le personnel travaille durant les horaires classiques (« de bureaux » !), du lundi au vendredi et parfois le samedi jusqu’en début d’après-midi.

La facture énergétique médiane des bâtiments de bureaux s’élève à 37 000 € HTVA/ an pour une surface médiane de 5 000 m², ce qui est assez conséquent ! Si l’on considère leur consommation surfacique, on peut rapidement identifier 2 segments :

  • les sites dont la surface est inférieure à 25 000 m2, sur lesquels on arrive assez rapidement à des consommations de 155 kWh/ m2 ;
  • les immeubles de bureaux de superficie supérieure à 25 000 m2, où l’on note des consommations surfaciques un peu moindres, potentiellement sur des bâtiments bénéficiant des normes BBC (Bâtiment Basse Consommation) ou HQE (Haute Qualité Environnementale).

Bâtiments de bureaux : améliorer leur performance énergétique en 5 actions

5 grands types d’actions permettraient de réduire de 4,9 % la facture énergétique totale du parc, estimée à 5 millions d’euros. Les gains réalisés s’élèveraient alors à 240 k€ HTVA et 69 TeqCO2, ce qui équivaut à 70 ans de chauffage au gaz pour un appartement de 3 pièces à Paris !

1. L’amélioration des installations

Bien qu’assez coûteuse en investissement, l’amélioration des installations apparaît comme le moyen numéro 1 de réaliser des gains d’énergie : en effet, l’immobilier de bureaux est constitué de grandes surfaces, où les consommations sont très conséquentes. Avec les certificats d’économie d’énergie, la rénovation permet aux gestionnaires d’obtenir des gains suffisamment importants pour amortir les investissements. Il est par exemple possible d’améliorer la mesure des consommations liées au chauffage, en adaptant les besoins en énergie dans chaque bâtiment, et non de manière générale, à l’échelle d’un ensemble immobilier.

2. La diminution de la puissance de crête

Il s’agit de réduire la puissance atteinte en journée lorsque celle-ci est trop importante. On va dans ce cas chercher à délester certains usages c’est-à-dire décaler l’heure d’allumage de certains équipements pour éviter les dépassements de la puissance souscrite à un instant t.

3. La révision des lois horaires

Cette action, qui demande très peu d’investissements en règle générale, est également très intéressante dans le secteur de l’immobilier de bureaux : à l’échelle du parc entier, il est possible d’obtenir un gain de 32 000 euros. Elle consiste à augmenter la température de consigne demandée en été et à la diminuer en hiver pour arriver à limiter la production de froid ou de chauffage.

4. L’optimisation tarifaire

L’optimisation tarifaire permet de réduire les puissances souscrites, souvent trop élevées par rapport aux puissances réellement atteintes. Si les contrats ont été souscrits plusieurs années auparavant, il est possible que la puissance ne soit plus adaptée aux besoins : les bâtiments ont subi entre-temps des rénovations, pour répondre à des normes plus exigeantes, et sont donc moins énergivores.

5. Le remplacement d’équipements

Si ce n’est déjà fait, il est par exemple vivement conseillé dans les bâtiments de bureaux de remplacer les éclairages traditionnels par des ampoules LED et d’y ajouter une fonction de pilotage par détection de présence ou par luminosité. Le ROI s’échelonne souvent aux alentours de 5 ans.

Difficultés rencontrées et bonnes pratiques dans les bureaux

La difficulté majeure rencontrée sur ce secteur de l’immobilier de bureaux tient à la multiplicité des intervenants dans la gestion de ces bâtiments, à savoir :

  • l’asset manager, qui assure la gestion patrimoniale du site (location, valorisation des biens…),
  • le property manager, qui gère la logistique du bâtiment, en lien quotidien avec les locataires,
  • le facility manager, qui s’occupe de la maintenance technique des bâtiments.

Il est parfois compliqué de coordonner les interventions de ces différents acteurs lors d’un plan d’action, sans provoquer de conflit d’intérêts.

Les bonnes pratiques : le data management et la sensibilisation des salariés

Pour mettre en œuvre ces bonnes pratiques, il est possible d’utiliser la data pour obtenir des prédictions statistiques fiables et concrètes afin de convaincre les décideurs avec des éléments tangibles. Le data management permet, en effet, de récupérer des données patrimoniales précises et de faire des prévisions comparatives entre différents bâtiments. De plus, ces recommandations ne doivent en aucun cas se faire sans engager un travail de sensibilisation des salariés.

Dans l’immobilier de bureaux, le gisement d’économies d’énergie est encore très important. Des économies liées au chauffage, à la ventilation et au temps d’occupation des bureaux peuvent être facilement réalisées. En effet, la consommation d’énergie dans les bâtiments de bureaux, lorsqu’ils sont inoccupés, dépasse parfois encore les 50 % de la consommation totale, laissant espérer de nombreux gains d’efficacité.

 

Publié par Jenny Dujeux,  Ingénieure Efficacité Energétique chez Deepki.

 

Article publié sur Deepki Datanergy
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Modéré par : Alice Dupuy

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