L’agriculture urbaine entre production alimentaire saine et locale et rentabilité économique.

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L’agriculture urbaine est un secteur économique en pleine évolution. Il suscite un fort engouement tant de la part des citoyens, que des politiques, ou des chercheurs et questionne l’urbanisme et l’agriculture. Ainsi, ce sont des fermes d’un nouveau genre qui se multiplient dans les villes.

Typologie des fermes urbaines

Les fermes urbaines occupent des petites surfaces de quelques centaines à quelques milliers de m2, en pied d’immeuble, sur les toits, dans les parkings désaffectés. Tout en ayant une vocation véritablement entrepreneuriale, elles revendiquent des externalités positives : protection de l’environnement, création de lien social, prévention de la santé, éducation à une meilleure alimentation, amélioration de l’espace urbain, sécurité alimentaire et développement économique. Les fermes urbaines sont assez rarement portées par des personnes issues du monde agricole. Indépendamment des lieux d’implantation (friches, toit, etc.), les techniques agricoles pratiquées sont très variées. Les fermes dites low-tech (Le paysan urbain, Cycloponics, Topager) cultivent en pleine terre, ou dans des bacs en plein air ou sous abri. Les fermes high-tech utilisent des containers et de la lumière artificielle (Agricool, Agriloops, FUL) et/ou l’hydroponie ou l’aéroponie (Agripolis, Aéromates, Refarmers), ou cultivent sur des matériaux recyclés (Souslesfraises). L’utilisation des technologies connectées est très fréquente permettant une utilisation optimale des matières premières.

Des modèles économiques distincts des modèles agricoles traditionnels

Une fois la barrière du PLU passée, l’installation des fermes nécessitent des investissements plus ou moins couteux (quelques dizaines de milliers d’euros à plusieurs centaines de milliers d’euros voire à plusieurs millions d’euros pour des serres sur les toits) avant d’avoir la première récolte. La viabilité des fermes urbaines, dépend de modèles économiques distincts des modèles agricoles traditionnels où les revenus proviennent essentiellement de la vente de produits alimentaires. Selon notre enquête, réalisée en 2017, 76% des fermes urbaines développent un modèle de pluriactivités entre production-vente de biens (alimentaires ou équipements agricoles) et services tels que l’installation, l’entretien de fermes urbaines, la formation aux nouvelles pratiques agricoles ou au jardinage au sein des entreprises ou dans les quartiers, l’animation d’ateliers pédagogiques pour les enfants et/ou thérapeutiques, entretien des espaces verts par des moutons.

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Fermes urbaines : des défis importants

Ainsi, ce jeune secteur fonctionne avec des modèles économiques hybrides, ou de l’économie circulaire, ou de plateforme collaborative, ou de différentiation en proposant des aliments locaux de qualité sanitaire et organoleptique supérieure à celle de la concurrence. Les facteurs clés de leur succès sont la vision de l’entrepreneur, les compétences de l’équipe, la prise en compte de l’écosystème, la capacité à répondre aux attentes environnementales et de justice alimentaire de la société. La capacité à créer des partenariats avec la formation, les collectivités, les secteurs de la distribution, de la construction ainsi qu’avec la restauration ou la transformation sont autant de points nécessaires à la durabilité des fermes urbaines. Toutefois, reste à améliorer les conditions d’emploi, à penser écoconception, sources potentielles de productivité et rentabilité.

Une contribution de Véronique Saint-Ges, Docteur en Sciences Economiques, INRA, UMR SAD-APT.

Modéré par : Clément Gaillard

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