#25 RESET, la norme pour l'architecture durable sous les tropiques

Publié par La rédaction C21

Pensée par et pour les pays tropicaux, la norme RESET est quasiment unique en son genre. Créée au Costa Rica par l’Instituto de Arquitectura Tropical, elle a pour particularité de prôner la frugalité technologique. Retour sur cette expérience avec Bruno Stagno l’un de ses rédacteurs. Celui-ci est membre de l’Instituto de Arquitectura Tropical et l’un des architectes sud-américains les plus réputés.

Dès l'arrivée des premières certifications de bâtiments durables, il nous est apparu la nécessité de protéger l'architecture du Costa Rica. Le premier objectif était d'avoir une norme qui émergerait des bonnes pratiques et du travail des architectes pour fournir des solutions durables viables et accessibles. Pour atteindre cet objectif, il était nécessaire d'établir une nouvelle norme avec une approche spécifique pour la latitude tropicale.

La philosophie de le label RESET

"Le durable avec plus d'architecture que de technologies" est ce qui a guidé la formulation du label RESET. En d'autres termes, épuiser le potentiel du design avant de recourir aux technologies et, à défaut, les utiliser avec parcimonie lorsqu'elles sont indispensables. Nous considérons les technologies comme un complément au design et non comme un substitut. La promotion de la conception de l'architecture et de l'ingénierie en tant qu'instrument de durabilité permet de réaliser des économies, d'assurer l'indépendance et l'adaptation aux conditions climatiques et socioéconomiques du lieu. 

L'adaptation au climat en récupérant ses attributs et ses ressources renouvelables, la reconnaissance de la réalité socio-économique locale, en favorisant l'utilisation de la main d'œuvre et des matériaux locaux, et le renforcement de la culture qui est actualisée et enrichie par l'architecture contemporaine. Tels sont quelques-uns des principes directeurs de RESET.

Convaincu que l'impact du secteur de la construction ne sera réduit que lorsque la majorité des bâtiments auront accès aux certificats de durabilité, RESET a été créé pour être une norme à la portée de la majorité et à la portée de la construction massive, qui représente sans doute le pourcentage le plus élevé de surface de construction sur la planète. Pour cette raison, le label RESET est applicable pour certifier autant des bâtiments complexes que les logements sociaux à bas prix.

Avec cette vision définie, une équipe de l'Institut d'architecture tropicale - une institution à but non lucratif créée au Costa Rica en 1994 - a rédigé le label RESET (Requisitos para Edificaciones Sostenibles en el Trópico - Exigences pour des bâtiments durables sous les tropiques) dans le but de céder les droits patrimoniaux à l'État du Costa Rica, afin que son application puisse être mise en œuvre.

La latitude tropicale englobe les extensions territoriales de 108 pays, abrite près de 50% de la population mondiale, comprend 70% des forêts existantes et s'étend sur 40% de la surface habitable de la planète, ce qui représente une extension considérable. Plus de 100 pays de la ceinture tropicale mondiale ont des économies en développement.

Ces quelques données nous amènent à conclure que le développement durable ne sera pas possible, au niveau mondial, s'il n'est pas intégré, avec la possibilité de décision, aux pays de latitude tropicale. Ces données objectives ont renforcé la conviction de l'équipe de l'Institut d'architecture tropicale de créer un standard adapté à cette réalité et qui exalte aussi les qualités de la tropicalité. RESET cherche à protéger l'écosystème tropical planétaire, il a donc une vocation universelle.

Les créateurs de RESET ont l'illusion que les bâtiments certifiés selon la norme seront reproduits dans le monde entier. Ils ont donc mis gratuitement RESET à la disposition des parties intéressées sur le site Web de l'Instituto de Arquitectura Tropical.

 

Un label conçu par et pour les pays tropicaux

Avec RESET, le Costa Rica dispose d'une norme originale qui s'inscrit dans le cadre de sa politique environnementale volontariste et qui lui permet d'intégrer dans ses politiques et stratégies le secteur de la construction et la ville. Celle-ci est considérée comme un complexe bâti dont l'impact environnemental doit être réduit. 

Le label RESET a été créée par l'Institut d'architecture tropicale et donnée au Collège fédéré des ingénieurs et architectes du Costa Rica ainsi qu'à l'INTECO (Institut des normes techniques du Costa Rica) afin que, avec la participation d'autres institutions, elle devienne une norme nationale en mai 2012. INTECO est l'institution qui contrôle l'application de RESET au moyen de comités d'évaluation des bâtiments qui vérifient la conformité à la norme.

Au Costa Rica, des formations sont dispensés aux architectes et ingénieurs qui obtiennent une licence de consultant expert RESET délivrée par le Collège fédéré des ingénieurs et architectes. Il y a actuellement plus de 60 professionnels dans cette catégorie. Certaines institutions étatiques suggèrent et/ou exigent l'application du RESET dans la conception de leurs bâtiments.

RESET a été conçu pour être appliqué à la conception, à la construction et à l'exploitation des bâtiments.

 

Description du contenu du label RESET

Dans la première phase d'application du label RESET, une fiche de contexte doit être remplie pour déterminer la catégorie d'impact du bâtiment. La fiche de contexte évalue, entre autres aspects, le niveau de développement de l'environnement, la densité des habitants de la zone, la proximité et la capacité des services publics, la proximité des transports publics, détermine si le projet se trouve dans une zone déjà équipée. A l'aide d'un barème attribué à chaque aspect, 4 catégories d'impact sont définies

  • Blanc pour les maisons unifamiliales,
  • Jaune pour les petits immeubles,
  • Orange pour les grands immeubles
  • Rouge pour les immeubles à fort impact.

 

Chaque bâtiment doit répondre à 70 % des critères de sa catégorie. Cette conformité est vérifiée en fournissant des éléments probants.

  • pour les critères Blanc, ils ont au nombre de 39,
  • jaune 55,
  • orange 102,
  • rouge 121. 

Le nombre total de critères de le label RESET est de 121.

Le label RESET comprend sept chapitres :

  1. Aspects socioéconomiques
  2. Environnement et transports
  3. Qualité de l'espace et bien-être
  4. Sols et aménagement paysager
  5. Matériaux
  6. Optimisation de la consommation d'eau
  7. Optimisation énergétique

Il est à noter que le chapitre 7 a le moins de critères. RESET, tout en favorisant les économies d'électricité, réduit le nombre de critères d'évaluation dans ce chapitre, car la production d'électricité au Costa Rica a très peu d'impact sur l'écosystème. Au Costa Rica, plus de 97 % de l'électricité est produite à partir de sources renouvelables. 

A chaque étape du processus de certification, les professionnels accrédités en tant qu'experts rassemblent la documentation qui atteste de la conformité. Il est nécessaire de rappeler que ces étapes prennent en compte à la fois la construction mais aussi l'exploitation du bâtiment. Ces preuves sont ensuite soumises à INTECO pour l'évaluation et la délivrance du diplôme de conformité RESET.

 

La constance du label RESET est délivré par l’INTECO www.inteco.org. L’Instituto de Arquitectura Tropical www.arquitecturatropical.org garde quant à lui les prérogatives sur les versions digitales. La Unión Internacional de Arquitectos www.uia-architectes.org est, quant à elle habilité à délivrer le label en français et en anglais.

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Construire durable sous climats chauds
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Modéré par : Izadora Alcanfôr

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