La végétalisation des façades, nouvel enjeu des projets d’urbanisme

Les villes et en particulier Paris ont compris les enjeux de la végétalisation du bâti. Les façades représentent un vaste terrain d’expression pour embellir les sites urbains mais aussi gérer les eaux de pluie et assainir l’air ambiant.

Le végétal pour lutter contre le changement climatique

Pendant plusieurs décennies, le béton a envahi les villes avec pour conséquence des îlots de chaleur et une réduction de la biodiversité. Aujourd’hui, les villes mesurent les bienfaits de la végétalisation et l’intègrent de plus en plus dans les projets d’urbanisme. A Paris comme dans toutes les métropoles, la présence du végétal constitue un enjeu écologique dans la lutte contre le changement climatique. Le Plan Biodiversité de Paris rappelle cet objectif en préconisant la préservation et le renforcement de la nature dans la ville, notamment via la végétalisation des murs publics et privés.

 

Les atouts de la végétalisation des murs

La végétalisation des bâtiments offre de nombreux avantages pour la ville.

  • Elle participe à la rétention des eaux pluviales: 4 à 38 mm selon l’épaisseur du substrat, réduisant la saturation du réseau d’évacuation et diminuant les risques d’inondation.
  • Elle permet de développer la biodiversité, les espaces végétalisés offrant des lieux de refuge, de repos, de nourrissage et de reproduction pour la faune.
  • Elle améliore l’isolation et l’inertie thermique des bâtiments, ainsi que l’isolation phonique.
  • Elle régule aussi la température ambiante en ville car l’air est rafraîchi et humidifié grâce au phénomène d’évapotranspiration, contribuant à lutter contre le phénomène d’îlots de chaleur.
  • La végétalisation améliore aussi la qualité de l’air en absorbant les particules en suspension telles que les poussières et substances polluantes.
  • En outre, la présence de végétaux en ville améliore le cadre urbain.
Façade végétalisée

Façade végétalisée

Les enjeux de la végétalisation des façades

Le phénomène d’îlot de chaleur – courant en ville – agit comme un microclimat. Cette chaleur urbaine a des conséquences socio-économiques mais aussi sur la santé.

Les façades végétalisées aident à lutter contre ce phénomène, évitant aux façades inertes d’absorber la chaleur tandis que les plantes rafraîchissent l’air ambiant. Les Franciliens sont régulièrement en contact avec des taux de dioxyde d’azote et de particules dépassant les normes légales. Mais grâce aux biofiltres des plantes, la teneur de l’air en composés organiques volatils (benzène acétone, perchloréthylène…) diminue.

Enfin les façades végétalisées permettent de compléter les réseaux d’espaces verts et s’insèrent dans l’objectif de « trame verte » du Plan Biodiversité de la Mairie de Paris. A ce jour, on compte à Paris plus de 2000 espèces de plantes sauvages, champignons, mousses et lichens et près de 2000 espèces animales.

Végétalisation en pleine terre

De nombreuses structures verticales peuvent être végétalisées en ville : murs, pignons, palissades, clôtures, écrans acoustiques, piliers, surfaces régulièrement taguées etc. Végétaliser à l’aide de plantes grimpantes constitue un moyen peu onéreux et quasiment sans entretien de pérenniser ces structures tout en embellissant la ville et en créant des corridors écologiques.

Toutefois, il n’est pas toujours recommandé de végétaliser un bâti traditionnel car les plantes risquent de s’insérer entre l’enduit et la maçonnerie ou entre les joints des moellons, et de boucher les gouttières et les descentes d’eaux pluviales. Mieux vaut alors fixer préalablement une structure (fils métalliques, treillis, grilles…) sur la façade, sur laquelle les plantes (glycines et clématites, par exemple) pourront s’accrocher naturellement grâce à leurs tiges volubiles ou leurs vrilles.

Mur végétalisé Bouleavrd Saint Germain Paris 7ème

Mur végétalisé Bouleavrd Saint Germain Paris 7ème

La végétalisation suspendue, esthétique

La végétalisation suspendue a plus une vocation esthétique qu’écologique, car la consommation d’eau et d’engrais est importante.

Les végétaux ne s’enracinent pas dans le sol mais poussent directement sur un substrat qui couvre toute la surface du mur. Il existe plusieurs procédés pour la végétalisation suspendue d’un mur :

  • On peut planter les végétaux dans des bacs spécifiques remplis de substrat et placés dans la structure métallique. L’installation est chevillée au mur ou fixée à l’aide de rails. Une lame d’air est conservée entre le complexe végétalisé et le mur. Le mur végétal est irrigué par le haut à l’aide de tuyaux perforés raccordés au circuit fermé d’alimentation en eau et en substrat.
  • La végétalisation suspendue peut aussi être plantée dans des poches de feutres agrafées sur une structure porteuse. La paroi est irriguée par le haut. Une solution nutritive est ajoutée plusieurs fois par an dans le système d’irrigation. Une couche d’air est ménagée derrière la structure, indispensable pour éviter que les végétaux ne pourrissent.

 

La réglementation pour végétaliser des bâtiments

Comme pour tout ce qui touche à l’extérieur des bâtiments, la végétalisation d’un mur doit faire l’objet d’une demande d’urbanisme (déclaration préalable auprès de la mairie et autorisation de la copropriété en assemblée générale) et respecter les règles d’urbanisme en vigueur. Ces dernières sont définies par le Plan local d’urbanisme (PLU) et, pour la ville de Paris, par deux Plans de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du Marais et du 7ème arrondissement.

Pour faciliter l’instruction du dossier et son analyse par les services de la Ville, il est conseillé d’apporter des informations sur l’insertion du projet dans le site, l’état du bâtiment avant et après travaux, le projet vu depuis la rue et depuis les immeubles en vis-à-vis.

 

Quelques exemples parisiens

  • Dans le 5ème arrondissement de Paris, square René Viviani, un simple grillage a été posé contre un mur. Rapidement, les espèces végétales l’ont recouvert, transformant un vilain mur en béton en élément décoratif favorisant la biodiversité.
  • Plus spectaculaire, le Musée des Arts Premiers du Quai Branly, inauguré en 2006, a végétalisé entièrement l’une de ses façades de 800 m². Il est constitué de 15.000 plantes et de 150 espèces différentes.
Mur végétalisé BHV Homme Paris

Mur végétalisé BHV Homme Paris

 

Des projets parisiens ambitieux

D’ici à 2020, la Mairie de Paris a pour ambition

  • 30 hectares supplémentaires de jardins ouverts au public
  • 000 nouveaux arbres plantés
  • 200 projets de végétalisation participative
  • le développement de fermes pédagogiques, vergers et potagers dans les écoles
  • et 100 hectares de végétalisation sur les murs et toits, dont un tiers dédié à l’agriculture urbaine. Pour atteindre ces 100 hectares, la Ville de Paris va, d’une part, réaliser un grand programme de végétalisation des bâtiments municipaux, et d’autre part, proposer des mesures d’accompagnement aux partenaires publics et privés pour les inciter à végétaliser leurs bâtiments.

 

Et pour le grand public souhaitant habiller un mur avec des plantes grimpantes, la Ville de Paris a conçu une série de cinq fiches pratiques : selon le type de mur (de façade ou de clôture), le type de structure d’accroche souhaitée (plantes autonomes ou plantes grimpantes sur support) ou la finalité recherchée (plantes ornementales et/ou comestibles).

 

Article publié sur Mondial du bâtiment
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